Echoes

01 juin 2018 à 15h36
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Citation :

''Lorsqu'on a exprimé un réel besoin et qu'en plus on voulait entreprendre, c'est là qu'on a décidé de créer notre entreprise. Il faut toujours répondre un usage.”



  • Nom : Echoes
  • Activité : édition d'un logiciel d'alerte B2B
  • Création : aout 2010
  • Localisation : Montigny-le-Bretonneux
  • Fondateurs : Romain Hinfray, Florent Poinsaut, Thomas Saquet
  • Effectifs : 3 associés, 7 collaborateurs
  • Mise de départ : non communiqué
  • Clients : grands groupes de défense, opérateurs
  • Modèle économique : tarification à l'utilisateur, SaaS, dédié
  • Chiffre d'affaires : pas encore
  • Equilibre : pas encore
  • Salaire du patron : non communiqué
  • Levée de fonds : non
  • Concurrents : -
  • Projets : développer le produit


Chacun à son poste


Un seul ingénieur aime la précision, alors trois ingénieurs. Le trio à l'origine d'Echoes trouvait les systèmes d'alerte en entreprise mal fichus, pas assez précis. Ils ont pris le taureau par les cornes.


De travaux pratiques en projets associatifs, Romain et Florent comprennent qu'ils ont des atomes crochus et un point commun : la volonté d'entreprendre. Étudiants ingénieurs à l'Université de technologie de Troyes avec leur futur troisième associé, Thomas, ils commencent à s'agiter en 2006. Et s'ils créaient leur service d'hébergement Web au sein de l'université ? Il n'en faut pas plus.

Ce projet n'est pas anecdotique car c'est lui qui sous-tend à la création de la société Echoes. Romain se souvient qu'il devait conjuguer la supervision de son service avec ses cours et sa vie d'étudiant. Autant dire que la gymnastique est compliquée. « Le problème que nous avions était de pouvoir surveiller le serveur et les services en continu et ce, simplement », explique Florent. C'est à ce moment que germe l'idée d'Echoes.

Serveur 247 injoignable


« Supervision. » Déjà, le terme n'est pas attirant. Les ingénieurs nous l'avouent, dans ce marché, « les logiciels sont complexes et vous alertent de tout, y compris des événements normaux ». Ça n'est pas ainsi que les choses doivent fonctionner, disent-il. « Les bonnes alertes sont celles qui concernent l'utilisateur et rien d'autre », tance Romain, au sujet duquel on ne doute pas qu'il veille scrupuleusement à la politique de notification en vigueur sur son smartphone. Il martèle : « Il ne faut pas dire que le processeur est utilisé à 100% mais quel est l'impact concret pour l'utilisateur, et quel utilisateur. »

Deuxième grief : « Les systèmes sont si techniques qu'ils se destinent à des techniciens ce qui veut dire que les alertes sont toujours traitées sous l'angle du technicien. Ce qui pour les métiers ou les dirigeants, ne veut pas dire grand-chose. » Et en plus tous les maillons de la chaîne ne sont pas toujours alertés quand la machine se grippe. Bref le trio est formel : le gars de l'IT n'est pas le plus avisé pour communiquer car les métiers ne comprennent pas son langage abscons. Echoes voit le jour en avril 2012.

L'un des objectifs est donc d'alerter ceux qui ne reçoivent rien : les dirigeants, les commerciaux, le responsable d'exploitation. Il s'agit ensuite de diffuser une alerte compréhensible par le métier. Un même problème aura plusieurs lectures. « Pénalité pour défaut sur SLA sur les contrats A, B et F » pour le directeur financier, « rupture d'approvisionnement possible sur le circuit Limoge, Aix et Rennes » pour la responsable logistique ou encore « Serveur-247 (chaîne logistique noeud Rungis) injoignable, ingénieur réseau d'astreinte contacté » pour le directeur des systèmes d'information. Leur devise est de diffuser le bon message à la bonne personne au bon moment.

Les vaches seront bien gardées


En bons ingénieurs, ils lancent leur service avec le souci de paraître crédible. « C'est comme ça, les ingénieurs se justifient de tout, ont envie de convaincre, que A+B=C », confie Romain, bien loin de toute considération marketing. L'intention est louable. « On faisait des sites Web à la base donc la question ne s'est même pas posée quand il a fallu construire le nôtre », raconte l'entrepreneur. Le résultat est peu vendeur.

Le trio d'ingé' rencontre finalement un spécialiste du marketing. Première remarque : « Le logo, ça va ne pas. » Mais « comment sait-on si le logo ne va pas », rétorque un membre de l'équipe ? « Tu imprimes ton logo et ton site, tu imprimes le logo et le site de Twitter ou d'Instagram et tu les mets à côté. Si c'est pareil, c'est ok, sinon ça ne va pas », conseille-t-il. Le site d'Echoes doit ressembler à une vitrine, un présentoir et non pas à l'intérieur d'un ordinateur ou à une fiche technique pour ingénieur.

Après moult discussions, la plateforme n'a retenu que le strict nécessaire, et elle le présente de façon plus attractive, pour un primo-arrivant. Il ne reste plus que six parties et dix phrases, « et pas techniques ». Des cas d'usage sont présentés afin de mieux cerner l'offre. Aux antipodes du commercial voulant vendre un produit avant qu'il soit fait, l'ingénieur le peaufine sans fin pour accomplir le produit de sa vie. Depuis les modifications, les retours positifs et les visites affluent. « Vous faites le produit, on le vend », leur dit un commercial pétri de bon sens. Et les vaches seront biens gardées.

La véritable motivation


Quand on demande à Romain, à Florent et à Thomas s'ils constituent la bonne équipe, ils nous demandent combien de balles de golf peut contenir un bus. Ils sont très exigeants avec eux-mêmes et tout autant avec leurs stagiaires - ils ne peuvent pas encore recruter de salarié. Le traitement qu'ils leur réservent est comparable à celui employé par Google, s'il vous plaît. « Il nous est arrivés de faire erreur. Nous avons passé six mois à mettre à niveau un stagiaire puis six autres mois à récupérer derrière », indique Romain. A l'échelle d'une start-up âgée de 24 mois, c'est une éternité.

Romain ne veut pas s'entourer « de profils qui se ferment au premier problème venu ». Rien n'est simple et, à plus forte raison, dans une start-up,qui part d'une feuille blanche, équipe comprise, et qui apprend sans cesse par succès/erreur. Florent a présidé le Bureau des étudiants à l'UTT et l'engagement, il a vu. « La motivation a plusieurs ressorts », dit-il. Que voici : « La conviction que ce que l'on accomplit est bon, le besoin de reconnaissance et l'envie de se socialiser avec des gens proches. »

Mais alors, lorsqu'on est ingénieur, ingénieur et ingénieur, comment gère-t-on l'expérience utilisateur, la vente, la communication et tout le tralala ? « Quand on a des faiblesses, on s'entoure », explique Romain. « Nous avons constitué un conseil d'administration pour compléter nos compétences, nous associons ses membres à nos décisions stratégiques et leur rendons des comptes chaque mois », poursuit le technicien. C'est la condition sine qua non pour espérer lever des fonds. Les « VC » y veillent.

A ce moment-là l'équipe devra faire montre de détermination. La vie entrepreneuriale est, à ce qu'on voit, pavée de hauts et de bas. Ils ont beau être issus du même moule, les trois fondateurs d'Echoes n'ont jamais le même niveau de motivation. C'est là qu'ils se complètent et se stimulent mutuellement. A la fin de l'année 2013 l'ambiance est malgré tout un peu morose. Certains projets mettent du temps à aboutir. C'est le début de la commercialisation du produit mais aucune référence ne peut encore le crédibiliser. Rien n'est écrit et d'autres ne se sont pas remis d'un hiver trop rude pour eux.

Les choses se sont arrangées. La société a une dizaine de clients, des sociétés d'infogérance et des éditeurs de logiciels disponibles via Internet contre abonnement (SaaS) qui ont la contrainte de maintenir leur produit opérationnel et donc d'être bien alerté en cas de pépin ». En bon apnéiste - il descend jusqu'à 20 mètres de profondeur - Romain a un fil d'Ariane. Aux Etats-Unis une société a le même modèle qu'Echoes, et cela marche - elle a levé 5 millions de dollars de fonds en 2013. Pour cet entrepreneur, « l'apnée apprend à s'économiser et à rester calme ». Deux valeurs de « startupper ».


Thomas Pontiroli
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