Philippe Climent : "IDM est devenu éditeur de logiciels dans le domaine du dictionnaire sous l'impul

Par Ariane Beky
le 28 novembre 2005 à 00h00
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Le président-fondateur d'IDM dévoile les forces de cette société française de services devenue éditeur de logiciels dans le domaine des dictionnaires.

Le président-fondateur d'IDM dévoile les forces de cette société française de services devenue éditeur de logiciels dans le domaine des dictionnaires.

AB - Philippe Climent, bonjour. IDM est-elle une société de services informatiques ou un éditeur de logiciels "Made in France" ?

PC - Bonjour Ariane. IDM a débuté comme une société de services informatiques, avec la chance de travailler pour des grands comptes comme les Editions du Moniteur, Dalloz, le groupe allemand Weka, Ipsos ou encore Bil-D&B.

Sous l'impulsion de ses clients britanniques, Pearson Education et Oxford University Press, la société IDM est devenue un éditeur de logiciels dans un domaine très spécifique : celui des systèmes de production de dictionnaires.

Cette activité représente un tiers du chiffre d'affaires de l'entreprise, presqu'exclusivement à l'exportation.

AB - Que recouvre le coeur de métier d'IDM, à savoir la gestion de contenu basée sur XML pour le monde de l'édition, la publication, la presse ?

PC - IDM a recherché une position intermédiaire entre les solutions "lourdes" de gestion de contenu XML, dont les coûts de licence et de déploiement peuvent se chiffrer en millions d'euros, et des solutions directement récupérables sur le Net, souvent Open Source et de mise en oeuvre aisée. Une manière de jouer dans la cour des grands avec des moyens limités. Pour réussir, il faut une spécialisation, celle de la maîtrise du métier de l'édition de référence : dictionnaires, mais aussi codes, monographies, journaux, revues, newsletters.

AB - Quels sont les points forts techniques et fonctionnels de DPS (Dictionary Production System) ?

PC - Le DPS se présente comme un outil d'écriture destiné à des "travailleurs intellectuels". C'est sa caractéristique technique et fonctionnelle principale.

Ce qui veut dire une capacité à traiter toutes les gammes de caractères (romain, mais aussi chinois, japonais, coréen, arabe, persan, cyrillique); un réel souci de la productivité de l'écriture (lorsqu'elle s'appuie sur des moyens informatiques); des outils de recherche, d'annotation, de classement, qui donnent de la profondeur à l'archivage des données.

AB - Quelles références majeures ont opté pour DPS ? Pouvez-vous indiquer une fourchette tarifaire pour un projet type "dictionnaire" et celui d'Oxford UK ?

PC - En dehors d'Oxford University Press et Pearson Education, déjà cités, plusieurs éditeurs européens, proche-orientaux, ou asiatiques s'intéressent au DPS.

La gamme de prix est comprise entre 6.000€ et 600.000€. Elle couvre tous les cas possibles entre la configuration du DPS pour l'édition d'un ouvrage unique - et un nombre limité de rédacteurs - ou son utilisation pour un grand nombre d'ouvrages - et un nombre "illimité" de rédacteurs.

AB - Qu'est-ce qui distingue IDM de la concurrence, Xyleme ou l'américain Documentum par exemple ?

PC - IDM est une petite structure réactive, comprenant bien et dans le détail les besoins de ses clients, capable de s'engager auprès d'eux, dans la durée, afin de les aider à réussir une mutation qui est un enjeu mais aussi un risque, et donc un défi, qui requiert confiance et dévouement.

AB - IDM a fait le choix de se développer sur le marché européen, au Royaume-Uni notamment. Le challenge est-il difficile à relever ?

PC - Je ne sais plus si c'est le goût de l'ouverture européenne et internationale qui nous a poussés vers le dictionnaire, ou bien l'inverse. Qu'importe ! Le marché du dictionnaire est mondial.

C'est une économie qui a ses propres règles, avec des acteurs majeurs et d'autres de moindre importance, quelques milliers de collaborateurs dont certains au bout du monde. On y est tout entier ou pas du tout, mais il est difficile d'y être à moitié. IDM a fait le choix de se développer sur ce marché en tant qu'éditeur de logiciels.

AB - Quelle part de votre CA est consacrée à votre activité internationale ? IDM est-elle en bonne santé financière ?

PC - C'est un tiers du chiffre d'affaires, et l'ambition d'atteindre les deux tiers dans les trois ans à venir. IDM a la confiance de ses actionnaires. C'est ce qui lui permet d'investir en R&D des sommes importantes pour sa taille. Son exploitation est équilibrée.

AB - Pour conclure, que pensez-vous de Google Book Search (ex-Google Print), un programme ambitieux de numérisation et d'accessibilité de "millions" d'ouvrages sur Internet qui fait vivement réagir les auteurs et les éditeurs aux Etats-Unis, la BNF en France ?

PC - Google bouscule les habitudes. C'est le nouvel "agitateur d'idées" - et pas depuis 1954 - C'est une bonne chose. Cela stimule la concurrence, la créativité. C'est une source d'inspiration et d'industrie. Chacun prend position, bouge. C'est globalement positif. Car ce sont des questions que pose Google. La fin de l'histoire, elle, est encore très loin. Et il aura coulé beaucoup d'eau sous les ponts entre-temps.

AB - Merci Philippe Climent pour vos réponses éclairées !
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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