Simone CROOK : «SEED lutte contre la 'fracture numérique'»

03 décembre 2001 à 00h00
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Simone CROOK : «La fondation SEED donne un accès à Internet à des écoles de PVD où le groupe Schlumberger est implanté et alimente un projet éducatif web.»

AB - Simone CROOK, bonjour. Quel a été votre parcours professionnel et associatif ?

SC - Je suis diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et titulaire d'un MBA de l'INSEAD.

J'ai débuté ma carrière professionnelle au sein de la banque américaine Chase Manhattan. En 1985, j'ai rejoint Schlumberger à New York à la trésorerie, puis aux relations avec les investisseurs et à la direction du marketing et de la communication de la branche Test & Transaction. Je suis aujourd'hui Vice-présidente en charge de deux fondations Schlumberger dont SEED.

AB - Pouvez-vous présenter cette fondation SEED (Schlumberger Excellence in Educational Development), son projet de lutte contre la fracture numérique ?

SC - L'idée de SEED a «germé» dans ma tête il y a plusieurs années mais n'a réellement pris forme qu'en 1998. La fondation fonctionne sur la base du volontariat et grâce aux qualités intrinsèques du groupe Schlumberger : une présence mondiale (100 pays), un personnel local (plus de 140 nationalités), hautement qualifié, l'utilisation précoce d'Internet dans toutes nos unités régionales (1er Intranet en 1985), et enfin une grande connaissance des disciplines scientifiques.

La fondation a une double mission. Elle offre un programme de connexion à Internet à des écoles de pays en développement et en transition où Schlumberger est implanté. Cela passe par la création d'un réseau informatique (LAN), l'achat de matériel informatique -voire de générateurs si les conditions l'exigent- et enfin la connexion optimale, pour que les enfants et les professeurs puissent véritablement intégrer Internet comme outil pédagogique.

L'autre action de la fondation est de donner un sens à cet accès au Web en apportant un contenu pédagogique destiné aux enfants de 10 à 16 ans du monde entier connectés à Internet grâce à un site à contenu pédagogique, www.slb.com/seed. Ce site permet aux ingénieurs et scientifiques de Schlumberger de partager leurs compétences et leurs savoir-faire, dans les domaines de l'astronomie, de la physique, de la biologie, de la chimie ou de la géologie.

Nous venons tout juste de lancer, il y a quelques jours, la version française du site après les versions anglaise, russe et espagnole. En 2002, viendront les versions arabe et chinoise.

AB - Selon votre propre expérience à la tête de SEED, qu'apporte en termes concrets l'accès à Internet aux élèves des écoles défavorisées de pays en voie de développement où le groupe Schlumberger est implanté ?

SC - Internet permet aux enseignants d'illustrer leur cours et d'ouvrir leurs élèves sur le monde. Il permet aussi aux enfants d'avoir accès à des connaissances, d'échanger des informations et enfin de partager avec d'autres enfants à travers le monde.

Nous offrons donc aux enfants de nouveaux outils technologiques, à vocation pédagogique et dont disposent normalement la plupart des enfants dans les pays riches.

Depuis 1998, nous avons connecté à Internet 87 700 élèves de 50 institutions éducatives diverses. Les écoles qui bénéficient de notre aide sont proposées par les volontaires, collaborateurs locaux de Schlumberger, qui se chargent de la mise en place concrète du programme sur le terrain. Nous sélectionnons bien sûr des écoles qui n'auraient pas pu obtenir d'autres financements.

SEED est présent dans 28 pays : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Argentine, Azerbaïdjan, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Egypte, Equateur, Guinée équatoriale, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Nigeria, Oman, Pakistan, Pérou, Roumanie, Russie, Soudan, Thaïlande, Uruguay, Venezuela et Vietnam.

AB - Qui sont les principaux acteurs du développement du Net dans ces pays ?

SC - Il y de nombreux acteurs locaux et internationaux : entreprises, ONG, associations et gouvernements. A chaque fois que nous mettons SEED en place dans un pays, nous essayons de repérer les acteurs principaux afin de comprendre les enjeux locaux et d'optimiser notre apport.

AB - De quels moyens humain et matériel dispose la fondation pour alimenter un projet éducatif solide à caractère scientifique ?

SC - Le budget de la fondation a atteint 2 millions de dollars en 2001, auxquels il faut ajouter le temps que passent les 400 employés volontaires du programme. Nos volontaires sont de plus en plus nombreux et actifs.

Quant au projet du site Internet, il est alimenté par les 80 «experts» scientifiques qui acceptent de rédiger des articles sur des principes scientifiques ou des sujets qui leur tiennent à cœur et de répondre aux questions des enfants. Un éducateur, qui a conçu ce site, est chargé de rendre ce contenu scientifique compréhensible et accessible pour des enfants de 10 à 16 ans.

AB - Quelles relations entretient la fondation avec les entreprises et la sphère publique, le monde politique en particulier ?

SC - SEED est encore jeune et nous avons donc peu de rapports avec les autorités politiques des pays dans lesquels nous intervenons. Mais quand cela se produit notre action est bien reçue. En Egypte par exemple, nous avons reçu les remerciements du Ministère de l'Education pour les 7 centres que nous avons connectés. Cela tient sans doute beaucoup au fait que nos volontaires sont souvent originaires du pays lui-même et appréhendent donc beaucoup mieux les attentes et les spécificités locales.

AB - La fondation a-t-elle engagé des partenariats dernièrement ?

SC - Nous collaborons avec des organisations éducatives sur des actions précises, telles la NASA, le MILSET et I'EARN .

Les autres partenariats dont nous disposons sont les recommandations que nous faisons sur notre site éducatif vers d'autres sites scientifiques. Inversement notre site est recommandé par des organismes comme la NASA, l'UNICEF, la BBC, l'Exploratorium de San Franciso... Enfin, en novembre 2000, nous nous sommes joints à l'UNESCO pour animer un forum sur le développement social et la réduction de la fracture numérique.

AB - Quels sont les objectifs à moyen terme de la fondation SEED ?

SC - Continuer à offrir l'accès a Internet dans les pays en développement et mener à bien la traduction du site en arabe et chinois, ce qui nous permettra de toucher potentiellement les 2/3 de la population connectée, en fonction du critère de langue. Nous allons mettre aussi en avant les travaux collaboratifs afin de faire communiquer de plus en plus les enfants entre eux.

AB - Pour conclure, quelle est la marge de manœuvre d'une fondation liée à un groupe tel que Schlumberger ?

SC - SEED est en harmonie totale avec les valeurs de Schlumberger, ce qui rend la croissance et l'évolution du programme organiquement faciles. Je vous rappelle que le programme SEED s'appuie sur les atouts et les compétences intrinsèques du groupe Schlumberger, c'est-à-dire ses ressources humaines, ses innovations scientifiques et techniques, sa diversité et sa présence internationale.
SEED existe grâce aux 400 volontaires Schlumberger.

AB - Madame CROOK, je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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