La Licence GPL & le logiciel libre. Quel avenir pour le iCommerce ?

Par
Le 17 mars 2000
 0

Imaginée en 1983 par un informaticien américain irrité de voir des travaux universitaires pillés par les éditeurs de logiciels, la licence GPL, à l'origine du développement de GNU/Linux, serait sur le point d'être élargie aux biens artistiques ...

Imaginée en 1983 par un informaticien américain irrité de voir des travaux universitaires pillés par les éditeurs de logiciels, la licence GPL, à l'origine du développement de GNU/Linux, serait sur le point d'être élargie aux biens artistiques ...

La licence GPL & Richard STALLMAN.

En 1983, un informaticien américain, Richard STALLMAN, irrité de voir des géants de l'informatique s'approprier abusivement des travaux universitaires avec le soutient juridique du Droit de la propriété intellectuelle américain, a décidé de créer la "GNU General Public Licence". Appellée "Copyleft" ou encore "gauche d'auteur", la licence GPL préserve le volet moral du droit de propriété intellectuelle classique. Par contre, la licence GPL neutralise le volet patrimonial de ce droit en imposant la liberté d'utiliser, de modifier, et de rediffuser le progiciel. De plus, la licence GPL interdit toute tentative de réappropriation ultérieure par quiconque. Un progiciel sous GPL est donc pratiquement gratuit, son code source est ouvert pour laisser la place à toute modification ultérieure et il reste définitivement protégé d'une tentative de privatisation.

Linux : le premier succès.

Issue de l'informatique, la GPL s'est bien évidemment appliquée en premier lieu à des logiciels et en particulier aux systèmes d'exploitation. On peut ainsi citer le célèbre GNU/Linux, lancé par linus TORVALDS depuis sa Finlande natale. GNU/linux est un OS du monde UNIX mais ses nombreux développeurs en ont fait un produit beaucoup plus ambitieux qui pourrait faire de l'ombre à Windows sur le marché des PC et peut-être aussi à PalmOS, Windows Pocket ou EPOC sur le marché des appareils de poche. GNU/Linux a donné naissance à une génération de progiciels qui met réellement en danger Microsoft, première capitalisation boursière mondiale. Pour Microsoft, GNU/Linux n'est pas qu'un simple concurrent. C'est le fonctionnement même de l'industrie du logiciel qui est remis en cause puisque ces derniers ne pourraient désormais plus compter sur le moindre revenu issu de la vente de licences et doivent évoluer vers une activité de service et de développement logiciel sur mesure.

Copyleft : Extension de la GPL pour les biens culturels.

Microsoft est un géant du logiciel particulièrement menacé par la licences GPL. Mais il n'est pas le seul acteur de l'industrie immatérielle à pouvoir craindre la GPL. En effet, un certain nombre d'artistes semblent miser sur l'extension de cette licence dans la musique et les diverses œuvres artistiques. A nouveau, l'objectif est de favoriser le développement de l'Art sans verser de redevance à des multinationales du "droit" d'auteur. On peut donc imaginer que l'extension de la GPL dans la musique ou le Cinéma serait une véritable menace pour Universal ou WarnerEMI si leurs artistes acceptaient de signer la GPL. En acceptant de ne plus percevoir de droits sur la diffusion de leurs titres, ils pourraient toutefois conserver la possibilité de vivre grâce aux recettes de concerts ou de divers produits dérivés.

La GPL et la critique anarchiste.

Le développement de la GPL et sa lente expansion dans les industries immatérielles est probablement l'une des plu grandes menaces pour un capitalisme visant justement à la privatisation des biens immatériels afin d'en tirer un profit. L'une des plus grandes armes de la GPL, c'est qu'elle réussit là ou les anarchistes avaient échoués. La GPL n'est pas une utopie. Elle ne s'impose pas dans la douleur ou la violence, elle s'impose par les règles mêmes du capitalisme. La GPL est très certainement l'une des plus grandes idées de l'histoire économique. Reste que le succès de cette initiative passera par son acceptation auprès du grand public et par la capacités qu'auront les artistes à trouver d'autres sources de revenus (paiement à la commande, concerts, produits dérivés, etc...). Au 19e siècle, face à la brutalité des Etats bourgeois, les anarchistes disaient que la propriété était un vol. Au 21e siècle, avec une révolution "GPL", cette vision économique pourrait bien s'imposer en douceur dans l'ensemble des industries immatérielles. Mais notre société capitaliste et matérialiste est-elle prête à l'accepter ?
Modifié le 18/09/2018 à 14h07

Les dernières actualités

scroll top