Achat d’une voiture électrique d’occasion : gare aux mauvaises surprises

02 novembre 2019 à 12h55
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Mercedes électrique

Le marché des voitures électriques d'occasion connaît une embellie surprenante. Il faut dire que les prix affichés et les garanties offertes par les constructeurs ont de quoi faire hésiter les plus réfractaires d'entre nous. Néanmoins, l'achat d'une électrique de seconde main peut réserver son lot de mauvaises surprises, transformant la belle affaire en déconvenue. On fait le point.

Bien que les voitures électriques et hybrides rechargeables peinent à représenter plus de 2 % des nouvelles immatriculations, elles connaissent un souffle nouveau et inattendu sur le marché de la seconde main. Pour preuve, plus de 8 800 voitures électriques d'occasion se sont vendues au 1er semestre 2019, soit une croissance de 83 % sur un an. C'est d'ailleurs tout particulièrement la Renault Zoé qui porte le segment, au point de représenter plus de 6 ventes VO électriques sur 10. Et même si les véhicules électriques d'occasion ont la cote, seuls certains modèles en profitent. Cinq voitures électriques s'accaparent d'ailleurs, à elles seules, 80 % du marché : la Renault Zoé donc, mais également la Nissan Leaf, la Peugeot iOn, la BlueCar de Bolloré et la Tesla Model S.


Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le marché VO de l'électrique n'est pas dominé par des ventes entre particuliers. À en croire Avere-France, une association œuvrant pour le développement de la mobilité électrique, les EV (voitures électriques) proviendraient principalement des flottes d'entreprises à l'issue de leur période de location et des modèles utilisés en libre-service, à l'image de l'Autolib' reconvertie en BlueCar.

Un prix avantageux, une décote plus faible

Si un nombre croissant de Français cèdent aux sirènes des EV d'occasion, c'est pour une raison évidente : leur prix. Le coût d'achat moyen d'une voiture électrique neuve s'élève environ à 40 000€, soit près de 50 % de plus que pour un modèle thermique équivalent. Avec un large choix de véhicules aux alentours de 10 000 à 15 000 €, l'occasion semble donc représenter une alternative intéressante. Il est même désormais possible d'acheter une électrique pour une bouchée de pain (moins de 1 000 € pour une BlueCar, prime à la conversion déduite). De là à dire qu'il s'agit d'une bonne affaire, c'est une autre histoire. En revanche, certaines voitures électriques d'occasion semblent avoir de nombreux atouts à faire valoir, dont un rapport prix/kilométrage imbattable. À en croire les chiffres communiqués par AutoScout24, les Renault Zoé sont affichées en moyenne à 11 300 € sur la plateforme, avec moins de 23 000 kilomètres au compteur(1). Sans oublier les éventuelles primes gouvernementales et régionales pouvant diminuer encore un peu plus la note.

Mais les voitures électriques d'occasion présentent d'autres avantages. Au premier rang desquels une décote plus lente que celle des véhicules thermiques équivalents. En effet, les EV perdent rapidement de la valeur les deux premières années en moyenne, avant de voir ce processus considérablement ralentir. Si bien qu'elles disposent, en règle générale, d'une meilleure valeur résiduelle et d'un prix plancher supérieur à celui d'un modèle thermique équivalent. Bien qu'on puisse avoir des doutes légitimes à ce sujet, Serge Pietri, le directeur des ventes flottes de Renault, affirmait même qu'une Renault Zoé vaudrait toujours 3 000 à 3 500 € après 10 ans et que sa valeur ne diminuerait plus(2). Une bonne nouvelle pour les acheteurs d'une électrique d'occasion, à condition de bien choisir son véhicule.

7 conseils pour choisir sa voiture électrique d'occasion

Bien que les raisons de succomber soient nombreuses, gare aux mauvaises surprises. Certes, les voitures électriques présentent une mécanique globalement plus simple et fiable que les thermiques. Mais d'autres éléments peuvent rapidement poser problème, à l'image de la batterie. D'où l'importance de vérifier un certain nombre de points pour s'assurer de faire une bonne affaire.

1. Privilégier une batterie lithium-ion

De manière générale, il est préférable d'écarter tous les modèles embarquant une batterie plomb ou Ni-Cd (hydroxyde de nickel et cadmium). Dans le cas contraire, il faudra s'attendre à une autonomie qui dépassera difficilement les 70 kilomètres. Un premier réflexe qui vous permettra également d'éliminer la plupart des modèles disparus ou voués à disparaître, à l'image des Mia Electric. À la place, on privilégiera les modèles avec une batterie lithium-ion dont la durabilité est plus importante. Pensez néanmoins à vérifier le niveau d'autonomie initial du véhicule (NEDC ou WLTP) afin d'avoir une idée de ses performances.

2. Éviter les modèles à risque

Si la Renault Zoé et la Nissan Leaf font partie des valeurs sûres, d'autres modèles sont en revanche à fuir. C'est tout particulièrement le cas de ceux disposant d'accumulateurs qu'il faut entretenir à une température définie. Consommant davantage que les autres véhicules électriques, ils ont généralement besoin d'être branchés constamment quand ils ne roulent pas. C'est tout particulièrement le cas de la BlueCar - pas étonnant qu'il soit possible de se l'offrir pour 1 000 € - et de la Citroën E-Méhari. Dans un registre différent, certains modèles connaissent des problèmes récurrents ou ne disposent même plus de batteries de remplacement. On pense tout particulièrement à la Renault Fluence.


3. Tester l'autonomie de la batterie

Si l'autonomie initiale du véhicule donne une idée des performances qu'il est possible d'espérer, l'autonomie réelle peut énormément varier d'un modèle à un autre selon le nombre de cycles effectués, le kilométrage ou encore l'entretien réalisé. Dans l'idéal, il est donc conseillé de demander au professionnel le SOH (State of Health) qui permet de connaître l'état de santé de la batterie. Que le vendeur dispose ou non de cette information, il faudra malgré tout tester le véhicule en conditions réelles. Le mieux, c'est de demander un essai long afin d'avoir le temps de décharger au moins la moitié de la batterie, voire la totalité. Dans le cas d'une vente entre particuliers, cela va être difficile à obtenir. Il est néanmoins important d'insister pour réaliser un essai d'une dizaine de kilomètres au minimum pour avoir un avant-goût des performances de la batterie.

4. S'intéresser aux possibilités de recharge

Indépendamment de la qualité de la batterie ou de ses performances, les possibilités de recharge vont parfois conditionner le choix de votre voiture électrique d'occasion. Si vous envisagez de recharger votre véhicule à domicile, la majorité des modèles en lithium-ion pourront faire l'affaire, à condition d'anticiper le coût de l'installation. Le choix se corse si vous prévoyez des recharges à l'extérieur. Si vous avez accès à des bornes rapides, il faudra vérifier la technologie utilisée : préférez une Allemande si le standard est Combo CCS (Audi e-tron, BMW i3, Volkswagen e-Golf, etc.) ou une Asiatique s'il s'agit de bornes CHAdeMO (Nissan Leaf, Mitsubishi i-MiEV, etc.). En revanche, si le réseau est principalement constitué de bornes de recharge accélérées d'une puissance de 22 kW, il faudra privilégier des modèles compatibles, à l'image de la Renault Zoé.


D'ailleurs, n'oubliez pas de vérifier l'état des prises et des câbles de recharge du véhicule. Ils ne doivent pas avoir été entaillés ou tordus, sous peine de rendre la recharge dangereuse ou moins efficace.

5. Envisager la location de la batterie

Bien que la location de batterie puisse être relativement coûteuse à très long terme, c'est un moyen de s'éviter bien des désagréments. À ce titre, il faut d'ailleurs savoir que tous les constructeurs n'offrent pas la possibilité de louer uniquement la batterie, et non le véhicule d'occasion dans son intégralité. Ce service est malgré tout proposé par les principaux acteurs du marché, dont Nissan, Renault et Smart. La location devra généralement être privilégiée pour les véhicules dont le prix de remplacement de la batterie n'est pas annoncé ou affiché à un tarif prohibitif (comptez 4 000 à 6 000 € en moyenne).

6. Ne pas négliger la garantie

Dans le cas où vous n'opteriez pas pour la location de la batterie, la durée de la garantie et ses conditions d'application vont être déterminantes pour choisir votre véhicule. L'achat auprès d'un professionnel est donc une nouvelle fois à privilégier car celui-ci pourra garantir la batterie parfois jusqu'à 8 ans ou 160 000 kilomètres. Le moindre dysfonctionnement ou une capacité inférieure à un certain seuil (75 % chez Nissan et Renault) permettra alors de bénéficier du remplacement de la batterie gratuitement. Pour en profiter, le mieux reste d'ailleurs de s'orienter vers les marques et labels spécifiques développés par les constructeurs, comme le Nissan Club Occasions Véhicules électriques par exemple.

7. Penser à l'usage et aux primes

Avant de réaliser l'achat d'une voiture électrique, il est également important de tenir compte de votre usage et de la nature de vos déplacements. Un conseil qui s'applique que le véhicule soit neuf ou d'occasion d'ailleurs. À titre d'exemple, vous pourrez difficilement réaliser des trajets autres qu'urbains si la voiture affiche une autonomie inférieure à 150 kilomètres.
Il faut aussi penser à vérifier les nouvelles conditions de la prime à la conversion pour 2019 puisque l'achat d'une électrique d'occasion vous permet de toucher jusqu'à 5 000 € d'aide (2 500 € si votre revenu fiscal est supérieur à 13 489 €). Sans oublier les éventuelles primes régionales : l'Île-de-France accordait jusqu'à 6 000 € aux 1 000 premiers demandeurs durant l'été par exemple. Suffisant pour convaincre les indécis ? Rien n'est moins sûr.

(1) Pourquoi les voitures électriques d'occasion ne coûtent pas cher - Auto BFMTV
(2) Acheter une voiture électrique d'occasion : le bon plan ? - Caradisiac
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