La police de Los Angeles encadre l'usage de logiciels de reconnaissance faciale à la suite de dérives

20 novembre 2020 à 18h13
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En trois mois, 25 policiers auraient effectué 475 recherches par l’intermédiaire du logiciel de Clearview AI.

Les technologies de reconnaissance faciale peuvent entraîner des dérives, y compris au sein des services de police. Cette problématique devient récurrente aux États-Unis. En début d’année, des sénateurs proposaient un moratoire à ce sujet, dans le cadre de l’utilisation de la reconnaissance faciale par les forces de l'ordre. Hélas, certains policiers s’accordent quelques libertés. C’est notamment le cas de certains membres du célèbre LAPD (Los Angeles Police Department).

Une initiative prise par quelques agents

En milieu de semaine, le LAPD a lancé un moratoire sur le recours à l’utilisation de logiciels commerciaux de reconnaissance faciale. Cela intervient après la publication d’une enquête menée par des journalistes de Buzzfeed News. Elle révèle qu’en à peine trois mois, 25 membres du LAPD ont mené 475 recherches par le biais du logiciel de reconnaissance faciale Clearview AI.

Ce logiciel, conçu par l’entreprise américaine éponyme, collecte des milliards de photographies sur les médias sociaux dans l’optique de constituer une gigantesque base de données. En mars dernier, Apple avait déjà suspendu une application de reconnaissance faciale signée Clearview AI.

Officiellement, l’emploi de la reconnaissance faciale n’est pas proscrit au sein du LAPD. Néanmoins, il s’effectue théoriquement dans un cadre défini et avec « parcimonie ». Or, ici, des agents ont utilisé la version commerciale du logiciel Clearview AI, et ce, sans aucun accord préalable de leur hiérarchie. En outre, la base de données de Clearview AI contient des « images de source non criminelle », ce qui a fait vivement réagir les défenseurs des libertés individuelles.

John McMahon, chef adjoint du LAPD, a réagi : « Il a été porté à l'attention du département qu'un nombre limité de personnes a accédé à des systèmes commerciaux de reconnaissance faciale (tels que Clearview ou d'autres services) dans le cadre des affaires du département. Le personnel du département ne doit pas utiliser les services commerciaux de reconnaissance faciale de tiers ou effectuer des recherches de reconnaissance faciale pour le compte d'agences extérieures. » Il ajoute : « Clearview prend des photos de partout, et cela […] soulève des inquiétudes quant à la confiance que nous accorde le public. »

Naturellement, John McMahon ne rejette pas la faute sur l’ensemble des employés. Il rappelle que ces agissements proviennent d’un « petit groupe d’enquêteurs », lesquels ont récidivé.

Le LAPD a suspendu l’utilisation de la reconnaissance faciale. Le département a lancé une procédure pour définir une nouvelle politique de reconnaissance faciale.

Une pratique qui se généralise au sein des forces de l’ordre

Néanmoins, à l’échelle du pays, la reconnaissance faciale tend à se généraliser. En mars, BuzzFeed News révélait que des individus travaillant dans plus de 2 200 services de police, agences gouvernementales et entreprises privées, à travers 27 pays, avaient déjà eu recours à Clearview AI.

Le site rapporte également qu’en août, l'agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) a versé 224 000 dollars à Clearview AI, probablement pour s’offrir l’accès à son logiciel de reconnaissance faciale.

Enfin, du côté d’une autre police, le NYPD (New York Police Department), si l’on nie officiellement tout accord avec Clearview AI, 11 000 recherches par ce biais auraient déjà été effectuées, toujours d’après BuzzFeed News. Le porte-parole du NYPD a toutefois annoncé qu’à la suite des révélations concernant le LAPD, son service allait lui aussi revoir sa politique en matière de reconnaissance faciale.

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