Test Nothing Ear (stick) : une alternative transparente aux Airpods

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
28 octobre 2022 à 18h35
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Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Seconde paire de true wireless du trublion Nothing, les Ear (stick) ne sont pourtant pas la nouvelle version des Ear (1). En effet, le constructeur délaisse ici l'approche semi-intra pour une forme ouverte, façon Airpods 2 et Airpods 3, tout en affichant un prix plus doux (119 euros). Bien moins à la mode en ce moment, cette architecture ne manque cependant pas d'intérêt.

Transparence, design atypique et prétention de son haut de gamme, les Nothing Ear (stick) pourraient bien réussir leur pari.

Nothing Ear (stick)
  • Confortables
  • Sonorité convaincante pour des écouteurs ouverts
  • Ergonomie complète
  • Design atypique, mais très réussi
  • Autonomie totale
  • Agressif à haut volume
  • Pas de charge par induction
  • Boîte assez volumineuse

Classe, confort et grosse boîte

Après la surprise des premiers écouteurs de la marque, nous naviguons presque en terrain connu avec les Ear (stick). En effet, les true wireless reprennent à leur compte le design à tige classique assez réussi, mais surtout la transparence du châssis. Les Nothing laissent uniquement la partie acoustique, au plus près de l'oreille, s'habiller d'une robe blanche opaque. Quelques détails diffèrent çà et là par rapport aux Ear (1), comme la disposition légèrement différente des antennes qui améliore la captation, ou la tige très légèrement plus grande.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Écouteurs boutons (format Airpods) obligent, les Ear (stick) troquent la fine canule et les embouts en silicone contre une surface totalement plane, sur laquelle est posée la grille du transducteur ainsi qu'une seconde ouverture, sans doute pour améliorer le flux d'air (ou servir de capteur de présence). Les écouteurs sont globalement plus élégants que les Airpods 2, en partie grâce à la tige, bien plus courte. Ce dernier point est également valable face aux Airpods 3, dans une moindre mesure.

Rien à dire sur la fabrication. Celle-ci, sans être premium, ne montre pas de réel signe de faiblesse. L'assemblage est bon, et on ne retrouve pas le côté salissant et sujet aux rayures des Airpods. La certification est également un peu supérieure, IP54 contre IPX4, à savoir une meilleure résistance aux poussières.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

La boîte de charge constitue immanquablement le point clivant de l'appareil. Toujours transparente, elle abandonne pourtant la forme assez standard de la boîte des Ear (1) pour une disposition tubulaire. Ce tube s'ouvre simplement grâce à une rotation de l'ensemble. Si cela donne un côté design très réussi, le boîtier se glisse difficilement dans une poche de pantalon, ce qui pourra rebuter beaucoup de personnes. De même, cette forme empêche d'intégrer un système de charge par induction.

À l'inverse, la construction de ce boîtier est étonnamment sérieuse. Il conserve une certaine densité, et les matériaux sont là aussi bien assemblés. Mais surtout, le système d'ouverture est presque parfait, bien pensé et simple à prendre à main, voire… satisfaisant à manipuler.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Nothing propose également une forme assez intelligente, à mi-chemin entre Airpods 2 et Airpods 3. Ses écouteurs adoptent une chambre acoustique plus ovale que ronde, façon Airpods 3 donc, tout en étant plus petits que le modèle d'Apple. Les écouteurs conviendront davantage aux petites oreilles que les Airpods 3, tout en conservant une excellente tenue. Sur ce point, sans être parfaits (on ne peut pas couvrir toutes les morphologies d'oreilles), les Ear (stick) sont clairement dans ce qu'il se fait de mieux.

Fiche technique Nothing Ear (stick)

Conception

Type
Bouton
Réduction de bruit active
Non
Haut-parleurs
12,6 mm

Connectivité

Codecs compatibles
SBC, AAC
Application
Oui

Alimentation

Autonomie écouteurs
7h
Autonomie boîtier
29h

Informations générales

Poids écouteurs
8,8g
Poids boîtier
46,3kg
Dimensions écouteurs
29.8 x 18.8 x 18.4 mm
Dimensions boîtier
87.1 x 29.8 x 29.8 mm

Pince-tige et nouvelle application

Autre changement, de taille cette fois-ci, l'ergonomie des Ear (stick) se sépare de celle des Ear (1) sur plusieurs points. Le plus marquant d'entre eux est le passage de commande par tapotements à des pincements sur la tige ainsi que le retour haptique, comme ce que proposent les Airpods Pro et les Airpods 3.

Les commandes suivent donc un schéma quasi symétrique et assez classique :

  • 1 pincement : lecture/pause ;
  • 2 pincements : piste suivante ;
  • 3 pincements : début de piste/piste précédente ;
  • pincement long : diminution du volume à gauche et augmentation du volume à droite.

À ceci s'ajoute un capteur de présence afin de couper ou de remettre la musique si l'un des écouteurs est retiré ou replacé. Le réglage de cette fonction est un peu étrange, car il n'est pas spécialement réactif. Il faut au minimum une seconde pour que la musique se mette en pause.

Nothing Ear (stick)
© Nothing

Les anciens Ear (1) vont également subir une modification que l'on retrouvera sur les Ear (stick) : l'apparition d'une nouvelle application dédiée, baptisée Nothing X. Nous avons testé les écouteurs sur une version bêta, mais celle-ci était déjà suffisamment stable, et ce, sur tous les réglages.

On s'en doute un peu, des écouteurs sans réduction de bruit n'ont jamais droit à autant de réglages que des équivalents ANC. De fait, Nothing X n'est pas la plus complète des applications avec les Ear (stick). Mais elle propose tout de même plusieurs options utiles, tout en étant très simple à utiliser.

Nothing Ear (stick)
© Nothing

La fenêtre principale affiche les écouteurs utilisés et leur niveau de batterie. Elle donne aussi accès à deux fonctions : « Égaliseur » et « Commandes ». L'égaliseur, plutôt élégant, permet de régler le son sur trois gammes de fréquences (ce qui reste très peu) à travers 4 présélections (équilibré, plus de graves, plus d'aigus, voix) et un égaliseur personnalisé. Rien de déroutant ici, d'autant que le petit affichage apporte de la clarté pour les néophytes.

La seconde grande option concerne les commandes qui peuvent être presque entièrement paramétrées, et cela pour les deux écouteurs. S'il est impossible de modifier l'assignation pour la « simple pression », les trois autres peuvent être modifiées. Un dernier type de commande peut également être modifié via l'action « 2 pincements suivis d'un appui long ». Pour notre test, nous avons assigné cette action à l'appel à l'assistant vocal.

Nothing Ear (stick)
© Nothing

Enfin, un onglet « Paramètres » regroupe tout le reste. Trois fonctions se nichent ici : activation/désactivation du capteur de port ; activation/désactivation d'un mode faible-latence ; et un système de localisation des écouteurs par le déclenchement d'un son.

Pour information, les écouteurs Ear (stick) ont été testés sous firmware 1.0.1.65.

Connectivité classique

Tout comme pour l'ergonomie, la connectivité des écouteurs boutons fait rarement des miracles, en tout cas dans le choix des codecs. Ici, le constructeur reste sur la classique doublette SBC/AAC, sans doute le choix le plus raisonnable.

La puce utilisée est de type Bluetooth 5.2. Elle n'est probablement pas compatible LE Audio, mais cela reste à confirmer. À l'inverse, les Nothing Ear (stick) intègrent l'appairage rapide Google Fast Pair et Swift Pair (Windows 10 et 11). Évidemment, chaque écouteur peut fonctionner seul, ce qui est presque une obligation en 2022 (coucou les Bose QC Earbuds II). Il est néanmoins dommage que la marque n'ait pas intégré de connexion multipoint.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

La stabilité de connexion, elle, ne pose aucun problème. Nous n'avons jamais expérimenté de coupure sonore ni aucun autre souci. La portée est également excellente et suffisante pour couvrir une bonne distance sans emporter son smartphone.

Nous pouvons toutefois relever un problème très gênant, en tout cas sur notre modèle de test (à confirmer, donc). Nous avons appairé les Ear (stick) sur notre smartphone utilisé pour le test (un Pixel 7 Pro), puis sur le PC utilisé pour les mesures dans un second temps. Une fois les écouteurs connectés au PC, il nous a été tout simplement impossible de les reconnecter au téléphone, même en les déconnectant du PC. Pour régler le problème, il nous a fallu les supprimer complètement du PC.

Des microphones assez performants

La partie microphone des Ear (stick) n'est pas à placer au panthéon du genre, mais la marque s'en sort relativement bien. En milieu calme, ce qui sera logiquement la majorité des usages, la captation n'est pas extraordinaire, car elle est marquée par quelques artefacts et la mise en avant des aigus. Reste que tout est parfaitement compréhensible, sans effet de voile.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

En milieu bruyant, l'efficacité de la réduction de bruit est assez étonnante. Les sons sont très bien atténués (dans une certaine limite), et cette atténuation n'empiète pratiquement pas sur la voix.

Pas de réduction de bruit ? Une philosophie

Il est toujours bon de le rappeler : les écouteurs boutons jouent de leur côté ouvert. On ne comptera donc certainement pas l'absence d'isolation comme un défaut ici, seulement comme une orientation, et le format bouton, comme un genre à part entière. Mis à part quelques dB dans les aigus, les Nothing Ear (stick) sont totalement ouverts. Par conséquent, ils sont plus respirants que les Ear (1) et le reste des écouteurs semi-intra et intra.

Ce type d'écouteurs est nettement moins adapté au milieu bruyant, mais il est moins fatigant pour les oreilles en milieu calme et davantage conseillé pour la pratique sportive.

Autonomie : dans la moyenne haute

Un peu supérieure à celle des Airpods 3 sur le papier, l'endurance en simple charge des Ear (stick) est annoncée à 7 heures. Avec le boîtier, l'ensemble est porté à 29 heures, ce qui est très élevé.

En pratique, nous sommes effectivement parvenus autour des 7 heures en simple charge, pas plus. Le boîtier permet quant à lui de recharger environ 3 fois les écouteurs, ce qui respecte bien les 29 heures annoncées. L'autonomie totale est donc très élevée.

Un bon élève sonore

On s'en doute, difficile de proposer un niveau de basses équivalent aux Ear (1) sur ces écouteurs ouverts. Pour limiter ce problème, Nothing a intégré un nouveau haut-parleur de 12,6 mm doté d'un aimant amélioré. Suffisant ? Pas complètement, mais la marque ne démérite pas.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Sans surprise, l'extension dans les basses ne parvient tout de même pas à rivaliser avec des semi-intra de qualité capables de tenir jusqu'à 20 Hz. Sur ce point, à l'oreille, nous avons un résultat globalement plus proche des Airpods 2 que des Airpods 3, ces derniers étant les écouteurs les plus convaincants du genre.

Les Nothing Ear (stick) accentuent les basses fréquences jusqu'à un plateau pour décroître dans les fréquences inférieures. Ainsi, l'assise est assez bonne pour des écouteurs ouverts, rien n'est jamais rachitique, même si les écouteurs n'ont tout de même pas l'ampleur des Airpods 3. Comme souvent avec les écouteurs boutons, le niveau de basses est assez dépendant de la position des écouteurs et de la morphologie du porteur. Ici, la mesure est indicative et assez peu représentative de notre ressenti en dessous des 80 Hz. Un effet de couplage avec la tête de mesure a tendance à accentuer ces fréquences.

Encore une fois, les concurrents directs des Ear (stick) sont davantage les Airpods 2, des écouteurs au niveau de basses à peu près similaire et qui partagent le même « impact ». Mais la comparaison s'arrête globalement là. Les Nothing Ear (stick) misent sur un côté un peu plus clair et tranchant, meilleur techniquement, bien que pas toujours plus agréable. Les basses sont à ce titre mieux dessinées sur les Nothing, et moins traînantes, à défaut d'être plus amples.

Nothing Ear (stick)
Plusieurs mesures de la réponse en fréquence, en plaçant les écouteurs de manière différente. En dessous de 80 Hz, ces mesures sont à prendre avec des pincettes, car elles ont probablement été "gonflées" par l'effet de couplage. Reste que l'extension est bonne à l'oreille, et la signature, relativement équilibrée, encore qu'un peu en V. Surtout, le très fort pic passé les 10 kHz aurait mérité une atténuation.

Les Airpods 2 ont ce côté très équilibré, voire légèrement chaleureux dans les médiums, quand les Nothing sont un peu plus détaillés, mais plus oscillants. Cela est également valable avec les aigus. Dans cette gamme de fréquences, Nothing est plus technique, mais également un peu plus démonstratif. Cela passe très bien sur la majorité des pistes, mais peut devenir agressif sur des mixages agressifs et des genres tranchants, surtout à haut volume. Les Airpods sont plus simples dans leur approche de la musique, un peu datés d'une certaine façon, mais ils ne prennent que peu de risques.

Pour aller dans ce sens, les Nothing Ear (stick) proposent un son légèrement en V (bas-médiums et aigus plus en avant). Le son est suffisamment bien réglé pour combiner énergie et ampleur sonore sans devenir trop vite fatigant. On mettra tout de même un bémol à sa très grosse accentuation autour des 10-12 kHz qui apporte certes de la brillance, mais avec peu de nuances. Les écouteurs sont particulièrement bons à volume modéré, mais moins à fort volume.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Autres concurrents, les Freebuds 4 de Huawei ne sont pas si éloignés pour ce qui est de l'extension dans les basses, bien qu'un peu en dessous. Ces écouteurs, un peu moins ronds que les Airpods, sont surtout moins amples et moins détaillés que les écouteurs Nothing.

Assez passe-partout, les Nothing Ear (stick) sont globalement une réussite dans le format bouton, puisqu'ils se placent dans ce qui se fait de mieux après les Airpods 3. La qualité technique est globalement bonne, le niveau de détails élevé, et la scène sonore plutôt ample pour ce type de produit. Les aigus mériteraient tout de même un peu de douceur, point qui rebutera sûrement certains utilisateurs.

Nothing Ear (stick)
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Notons qu'il est largement conseillé de pousser les basses dans l'égaliseur. Le son ne change pas de façon dramatique, mais la légère accentuation autour des 100 Hz permet d'apporter un peu plus de rondeur à l'écoute. Cela évite de pousser le volume afin de venir pousser le bas du spectre, et par conséquent, de faire déborder les aigus.

Nothing Ear (stick) : l'avis de Clubic

7

Sans être une réussite absolue, les Nothing Ear (stick) se classent assez bien dans la petite hiérarchie des écouteurs ouverts. Les Airpods 2 sont un peu plus chers (prix officiel), mais moins bons sur la plupart des points. Les Marshall Minor III sont vendus au même tarif et sont bien finis, mais globalement moins intéressants. Quant aux Freebuds 4, leur tarif bien plus faible en ce moment en font une très bonne alternative, qui plus est avec connexion multipoint, mais également quelques défauts.

Les Ear (stick) ne sont pas parfaits, mais ne traînent avec eux aucun défaut majeur. L'ergonomie est bien travaillée, l'autonomie est bonne, et la partie sonore, réussie. Ils n'ont rien de révolutionnaire, mais restent un très bon choix pour les amoureux de ce format ouvert.

Les plus

  • Confortables
  • Sonorité convaincante pour des écouteurs ouverts
  • Ergonomie complète
  • Design atypique, mais très réussi
  • Autonomie totale

Les moins

  • Agressif à haut volume
  • Pas de charge par induction
  • Boîte assez volumineuse

Construction 8

Ergonomie 8

Connectivité 7

Autonomie 8

Qualité sonore 7

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