Condamné à verser 4,34 milliards d'amende à l'UE, Google fait payer ses concurrents

04 novembre 2020 à 17h26
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Face à la position de Google sur le marché de la recherche, le moteur français Lilo a récemment mis au jour les nouvelles pratiques de la firme californienne.

Mise à jour du 04/11/2020, 17h26 :

Suite à la publication de notre article, Google a tenu à apporter la réponse ci-dessous en bas de page.

Et si les internautes payaient l'amende infligée à Google par la Commission Européenne ? C'est l'accroche ironique proposée par Lilo pour éduquer les internautes sur la nature actuelle de la recherche en ligne.

Rappel des faits

En juillet 2018, au terme de son enquête sur le secteur de la recherche en ligne, la Commission Européenne soulevait un abus de position dominante de la part de Google, plus particulièrement sur Android. Margrethe Vestager, Commissaire européenne à la Concurrence, annonçait alors une amende record de 4,34 milliards de dollars. Par la même occasion, la Commission Européenne demandait à ce que le géant californien mette en place des mesures pour donner davantage de visibilité à la concurrence.

Pour cause, par le passé, les constructeurs de smartphones souhaitant proposer les services de Google sur leur appareils devaient signer un accord un peu spécifique. Si le système Android est open source et gratuit, pour bénéficier d'une expérience clé-en-main Google obligeait en effet ces derniers à pré-installer une dizaine de ses applications et positionner un widget de recherche de manière très visible, de manière à ce que le moteur de recherche soit toujours activé par défaut. Android équipant au moins trois smartphones sur quatre, la situation d'abus de position dominante ne faisait guère débat.

Aujourd'hui, lorsque l'on configure un nouveau smartphone Android, le système propose de choisir le moteur de recherche que l'on souhaite utiliser. C'est le fameux « ballot screen ». Mais ce que les utilisateurs savent moins et ce que Lilo met en exergue, c'est la manière dont ce système fonctionne.

Margrethe Vestager à la Commission Européenne

Google fait payer ses concurrents

Quels moteurs de recherche alternatifs sont effectivement proposés ? Ca dépend ! La liste est actualisée tous les trimestres, et pour y figurer, il faut payer. Lilo rappelle ces faits :

« Pour apparaitre sur cet écran, les moteurs de recherche concurrents doivent payer et participer à un système d’enchères. Dernier petit détail, aucune mention n’indique que les moteurs de recherches proposés ont payé pour l’être, ni que d’autres moteurs existent ».

En somme, Google a retourné la situation en faisant payer les moteurs de recherche alternatifs qui l'accusait d'abus de position dominante.

Lilo joue la carte de la gentillesse

Cette semaine est marquée par la journée internationale de la gentillesse. À cette occasion, la société française a eu une approche pour le moins originale.

Lilo se distingue des autres moteurs de recherche en reversant ses revenus à des projets internationaux. Qu'il s'agisse de fondations pour la protection de l'environnement, d'œuvres sociales ou de structures engagées dans la protection des animaux, Lilo a déjà permis de concrétiser plus de 200 projets. Depuis ses débuts, plus de 3 millions d'euros ont ainsi été reversés par les internautes aux organismes de leur choix.

Cette fois, Lilo propose tout simplement d'aider à payer l'amende de Google ! La société explique ainsi :

« Cette page projet un peu spéciale est née de là : en cette journée de la gentillesse on vous donne la possibilité d'aider Google à payer l’amende de 4,34 milliards d’euros infligée par la Commission Européenne. Mais la gentillesse, c’est encore mieux si c’est partagé ! Nous avons donc une petite demande en échange : que Google laisse chacun choisir librement son moteur de recherche sans faire payer les autres moteurs de recherche. Deal ?  »

Source : Lilo

Communication de Google faisant suite à la publication de l'article :

Suite à la publication de cet article, un porte-parole de Google France souligne que la Commission Européenne n'estime pas que la société génère de l'argent avec ce ballot screen. Bruxelles affirme que les moteurs de recherche concurrents ont jusqu'à présent peu participé aux enchères et que les coûts que paie Google aux fabricants de smartphones pour placer ses applications sont plus élevés que les revenus liés ces enchères.

« Android offre un très large choix aux utilisateurs leur permettant de décider quelles applications ils installent, utilisent et définissent par défaut sur leurs appareils.

En développant l'écran de choix pour l'Europe, nous avons soigneusement veillé à trouver un équilibre en offrant aux utilisateurs encore plus de choix tout en veillant à ce que nous puissions continuer à investir dans le développement et maintenir à long terme la plate-forme open source d’Android.

L’objectif est de donner à tous les moteurs de recherche des chances égales de participer aux enchères, et non de donner un traitement spécial à certains concurrents. »

Modifié le 04/11/2020 à 17h29
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