Des satellites de transport en orbite : un nouveau service à la mode

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
30 juin 2020 à 15h35
0
Le satellite Space Van d'Exotrail, une solution sur-mesure pour de futurs clients. © Exotrail

De nouveaux véhicules font leur apparition au service des nano-satellites, pour les éjecter à un moment particulier, pour leur donner une trajectoire spécifique ou même pour les récupérer.

Zoom sur D-Orbit et Exotrail, qui progressent dans ce nouveau domaine.

Transporteur au long cours

Sous la coiffe du lanceur Vega, qui n'a toujours pas pu décoller faute de conditions météorologiques favorables (les tentatives sont interrompues pour quelques jours), l'un des 53 satellites présents est un peu particulier… Il est lui-même un satellite de transport pour des satellites bien plus petits. Développé par la compagnie italienne D-Orbit, cet appareil qui mesure un peu plus que la taille d'une machine à laver (et pèse 150 kg) est nommé l'ION CubeSat Carrier. S'il n'est pas équipé de propulsion, il peut s'orienter très précisément, communiquer avec le sol et fournir l'alimentation électrique pour les satellites qu'il abrite durant plusieurs mois. Une fois en orbite, il ouvrira ses « casiers » et éjectera à la demande des CubeSats d'une taille comprise entre 1U et 12U (un U est un cube de 10 x 10 x 10 cm).

Vous allez en orbite ? Montez !

Ce nouveau type de service émerge pour des clients qui, malgré la taille de leurs satellites, sont à la recherche de solutions taillées sur mesure que ne peuvent pas toujours leur fournir les opérateurs de fusée. Difficile par exemple pour une université ou un petit pays d'identifier précisément son satellite lorsqu'il est éjecté à quelques secondes de nombreux autres, lors de leur arrivée en orbite. Et impossible pour un lanceur comme Vega, Soyouz ou Falcon 9, d'attendre plusieurs jours entre chaque éjection de satellite.

Ainsi, ces éjections avec un timing calibré et une poussée bien précise, peuvent faire économiser des portions significatives de carburant à ces tout petits satellites, ou bien leur assurer une meilleure couverture de la planète dans le cas de mini-constellations. Mieux, une plateforme comme ION permet à ses clients d'héberger uniquement une charge utile : antenne, matériau à tester, circuit électronique, récepteur, etc. En assurant pour eux tout le reste de la mission en orbite.

Un dispenseur français…

La start-up française Exotrail promet même d'aller un pas plus loin avec sa plateforme innovante Space Van. Le projet a remporté 100 000 € lors du « Challenge R&D » organisé par le CNES et repose sur cette idée de fournir à plusieurs dizaines de clients un satellite transporteur (ou « dispenseur »), cette fois équipé d'une propulsion autonome.

De quoi se déplacer pour atteindre des orbites toujours plus spécifiques et fournir un meilleur service. Plus évoluée, plus souple d'utilisation que les solutions actuelles, le Space Van pourrait décoller pour une première mission en 2023, selon le dirigeant d'Exotrail, David Henry. Et l'entreprise espère réduire le coût d'accès à l'orbite à seulement un million d'euros pour ces clients…

D'autres constructeurs envisagent déjà des transporteurs à double emploi, qui pourraient également récupérer des satellites à la fin de leur mission. Il faudra faire vite, la concurrence sur ce nouveau secteur s'annonce féroce.

Source : Exotrail

1
2
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, qualifie le réacteur EPR de
AMD : fleuron de la future cuvée Zen 3, le Ryzen 9 4950X pourrait monter à 4,8 GHz
Donald Trump sanctionné par Twitter et Facebook, pour une vidéo qualifiée de
La capitalisation boursière d'Apple dépasse celle de toutes les entreprises du CAC40 réunies
Projet ATTOL : Airbus fait rouler, décoller et atterrir un avion commercial de façon autonome
La version chinoise de la Tesla Model 3 remporte le prix de la qualité de fabrication
La Chine menace les Etats-Unis en cas de vente forcée de TikTok
Elon Musk envisage la construction d'un Cybertruck plus petit pour l'Europe
TikTok et maintenant WeChat : les USA veulent
Clean Network, le projet des États-Unis pour préparer leur avenir technologique sans les Chinois
scroll top