La mission Lucy réussit son rase-mottes au-dessus de la Terre pour une assistance gravitationnelle

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
17 octobre 2022 à 16h30
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Lucy s'est approchée encore plus près de la surface que l'ISS. © NASA
Lucy s'est approchée encore plus près de la surface que l'ISS. © NASA

Pile un an après son décollage, la sonde Lucy de la NASA survolait la Terre ce dimanche 16 octobre. Un survol à seulement 350 km d'altitude qui a nécessité une énorme précision… Pour profiter d'un effet de fronde maximal et accélérer afin de visiter les astéroïdes troyens de Jupiter avant la fin de la décennie.

La mission aura besoin d'une autre assistance en 2024.

Lucy en avant toute !

Pas question de se rater. Après une année de vols mouvementée avec en particulier les tentatives (réussies) pour étendre l'un de ses deux panneaux solaires mal déployé, la mission Lucy repassait par la case départ ce 16 octobre. À 13 h 04 (Paris), la sonde est passée près, très près de la surface de la Terre : 350 kilomètres seulement, plus proche que l'orbite de la Station Spatiale Internationale !

Mais sa vitesse est autrement plus grande, elle n'est pas restée bien longtemps dans le voisinage. 24 heures plus tard, elle a déjà dépassé la distance de l'orbite lunaire… Il faut dire que cette approche était spécifiquement conçue pour lui donner une assistance gravitationnelle, manœuvre qui se doit d'être très précise mais grâce à laquelle une sonde peut économiser plusieurs centaines de kilogrammes de carburant. Hier, Lucy a accéléré de presque 18 000 km/h…

Dans un jeu de quilles ?

Les équipes de la NASA ont préparé ce rendez-vous avec beaucoup de prudence. En effet, les survols et assistances gravitationnelles sont des manœuvres qui sont de mieux en mieux documentées et maîtrisées. Mais avec la Terre, il y a une variable supplémentaire : celle des milliers de satellites et de débris actuellement en orbite ! Jusque dans les derniers jours avant le survol, les équipes de l'agence américaine ont observé les approches possibles, en réservant deux « spots » pour manœuvrer la sonde au cas où, et l'accélérer au besoin en allumant ses moteurs. Il semble qu'elles n'en aient pas eu besoin.

Le complexe parcours de Lucy. © NASA
Le complexe parcours de Lucy. © NASA

Autre spécificité, la plupart des survols gravitationnels de ces dernières années ont permis aux sondes de diriger leurs instruments vers la Terre, pour les étalonner et bien les caractériser. Mais Lucy est conçue pour étudier les astéroïdes troyens et grecs, à des centaines de millions de kilomètres de Jupiter (à ses Points de Lagrange L4 et L5). Du coup, observer la Terre n'était pas bien représentatif… Par contre, Lucy a dû tourner – si tout s'est bien passé – ses instruments optiques vers la Lune ! En effet son absence d'atmosphère, ses cratères et le fait qu'elle soit particulièrement bien documentée en font une cible de choix.

En route pour… La Terre (de nouveau)

Lucy est à présent sur une trajectoire en ellipse, mais n'a pas encore assez d'énergie pour rejoindre ses objectifs futurs : il lui faudra repasser près de la Terre en décembre 2024 pour pouvoir foncer vers les astéroïdes, avec un véritable test grandeur nature, 25246 Donaldjohanson.

Ce dernier n'est pas dans la « banlieue » de Jupiter, mais il est sur le trajet et il intéresse beaucoup les scientifiques. Après son survol, Lucy se dirigera vers ses 8 ou 9 autres objectifs, y compris Eurybates. N'oubliez pas, même avec un petit matériel, vous pourriez d'ailleurs aider la NASA à ce propos, le 23 octobre…

Source : NASA

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