Earthworm Jim : le jeu le plus GROOOVY de notre enfance ?

Stéphane Ficca
Spécialiste hardware & gaming
04 octobre 2020 à 10h10
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En 1994, le tout nouveau studio Shiny Entertainment lance une toute nouvelle licence à la fois sur Super Nintendo et sur SEGA Mega Drive : Earthworm Jim, la folle aventure d'un ver de terre pas prêt à se laisser enterrer.

Aux antipodes de la bataille des téraflops, de la 4K et des 60 fps, NEO•Classics vous propose un retour vers les origines du jeu vidéo. Du titre 2D en gros pixels au moins lointain jeu à la 3D hésitante, cette chronique vous invite à (re)découvrir les pépites vidéoludiques qui ont ouvert le monde au 10ème art...

On ne le savait évidemment pas à l’époque (à moins d'être un fidèle des magazines JV de l'époque), mais Shiny Entertainment était dirigé par un certain David Perry, avec également dans ses rangs Douglas TenNapel en tant qu’animateur. Sans le savoir, nous allions alors découvrir le nouveau jeu de ceux ayant œuvré précédemment sur des titres comme Cool Spot ou encore Aladdin (version Mega Drive). Autant dire que cet Earthworm Jim n’a pas laissé grand monde indifférent à l’époque.

Une voix off qui "rote" Earthworm Jim... quoi de mieux ?

Earthworm Jim, comme un ver dans le nez

En 1994, certains joueurs ont donc eu la chance de déballer, un matin de Noël (ou un autre), cet Earthworm Jim sorti de nulle part. Il faut bien dire qu’avec sa jaquette affriolante, bourrée de couleur, et la promesse d’incarner un ver de terre doté d’une combinaison humanoïde avait de quoi séduire plus d’un curieux. Armé d’un blaster et d’un fouet (qui n’est autre que lui-même), Jim part à la rescousse de la princesse « Whatshername ».

Pas de jaloux, contrairement à Aladdin, Earthworm Jim propose la même expérience de jeu (à quelques exceptions techniques près) que l'on joue sur Super Nintendo ou SEGA Mega Drive.

Visuellement, en 1994, Earthworm Jim arrache littéralement la rétine, grâce à des graphismes soignés, des animations à tomber et un univers loufoque magistralement travaillé. Côté gameplay, ce cher Jim est capable de viser dans huit directions, et peut transformer son corps en fouet pour abattre certains ennemis et atteindre certaines plateformes.

Les animations ont une classe folle !

Mieux encore, notre héros est capable de faire tournoyer sa tête pour planer après les sauts, et lève même avec élégance son popotin lorsqu’il est accroché à une plateforme, pour éviter de se faire croquer par les « chiens » en-dessous. Tellement classe !

Outre son background et ses graphismes, Earthworm Jim détonne également par un humour omniprésent. Un jeu très abouti côté gameplay, mais bien loin de se prendre au sérieux, la preuve dans le premier niveau où il s’agit de catapulter une vache dans la galaxie, en faisant tomber un frigo. Avouez que ce n’est pas commun…

Dans les magazines aussi, Earthworm Jim s’affichait également au travers de publicités particulièrement « osées » pour l’époque.

Un jeu drôle, rythmé, innovant

Côté progression, Earthworm Jim est là aussi un modèle d’efficacité, avec différents niveaux très différents à traverser, permettant de découvrir à chaque fois de nouveaux ennemis et des environnements très travaillés. À cela s’ajoutent des niveaux bonus sous acide, dans lesquels Jim doit chevaucher une fusée et battre le terrible Psy-Crow dans une course d’astéroïdes assez folle.

Le stress est palpable...

Le jeu multiplie les éclairs de génie, y compris au niveau de ses boss, avec notamment le premier boss bien cracra de New Junk City, mais aussi le combat face à Evil the Cat, et ses neuf vies. On participera aussi à un niveau sous-marin qui donne encore des sueurs à certains, à un saut à élastique, à un niveau (bonus) dans le noir…

Le tout, avec une difficulté somme toute plutôt surmontable, mis à part le niveau aquatique et sa section en pod qui en a fait criser plus d’un (et notamment ceux qui avaient déjà crisé quelques années auparavant avec Tortues Ninja sur NES).

Du second degré, mais pas que !

Earthworm Jim 2 : toujours plus, voire un peu trop ?

En 1995, Earthworm Jim est de retour avec un second opus qui conserve l’état d’esprit du premier opus, et apporte son petit lot de nouveautés. Après tout, il faut bien justifier cette suite !

Pour cela, Shiny Entertainment intègre notamment un nouvel acolyte gélatineux, Snott, qui permet à Jim de s’accrocher à certaines parois visqueuses.
On y retrouve le fameux pistolet-mitrailleur toujours aussi jouissif à utiliser, et un univers plus déjanté que jamais… voire même un peu trop.

En effet, si cet Earthworm Jim 2 s’avère très réussi globalement, ce dernier va parfois un peu trop loin dans la surenchère loufoque, avec certains niveaux un brin pénibles, à tel point que cela finit par perdre un peu le joueur.

L’humour est en revanche toujours aussi présent, et le jeu affiche une esthétique légèrement supérieure au premier opus, tout comme la bande-son, véritablement soignée ici. Néanmoins, pour beaucoup de joueurs, Earthworm Jim, c’est le premier opus, fun de la première à la dernière seconde, et c’est à peu près tout.

Deux vers ça va, trois vers….

En effet, en 1999, comme de nombreuses autres licences de l’époque, Earthworm Jim passe à la sauce 3D. Toutefois, après le rachat de Shiny Entertainment par Interplay, c’est VIS Entertainment qui est à l’oeuvre concernant ce troisième opus, baptisé très justement Earthworm Jim 3D. Sur consoles, le titre sera cette fois exclusif à Nintendo, puisque le jeu sera proposé uniquement sur Nintendo 64 (et PC).

Earthworm Jim 3D est (très) loin de procurer le fun des deux premiers opus...

Toutefois, non seulement Earthworm Jim ne jouit plus de la même aura qu’en 1994, mais cet épisode "tout en 3D" fait également pâle figure face aux jeux de l’époque.

Souffrant de décors peu inspirés, d’un manque d’action terrible et de problèmes de caméras monumentaux, Earthworm Jim 3D arrive deux années après le révoutionnaire Super Mario 64, mais il déboule aussi l’année de la sortie de titres nettement plus impressionnants chez la concurrence, tels que Legacy of Kain : Soul Reaver, Crash Team Racing, Resident Evil 3 Nemesis, Parasite Eve, Silent Hill, Soul Calibur…
Dur dur donc….

Toujours en 1999, la Game Boy Color accueille elle aussi un épisode de la saga Earthworm Jim, avec « Menace 2 the Galaxy », mis au point cette fois par IMS Productions. Mais là encore, sans le talent et le génie de Shiny Entertainment (à l’origine également de jeux comme MDK, Wild 9, Messiah…), cet épisode portable se révèle très (très) décevant…

À noter qu’une série animée fut également diffusée aux Etats-Unis dans les années 90, une série plutôt réussie d’ailleurs, car supervisée cette fois par les créateurs de la licence.

En 2021, Earthworm Jim signera son grand retour, pas sur consoles next-gen non, pas sur Nintendo Switch non plus, pas sur Google Stadia… mais avec un Earthworm Jim 4 sur Amico Intellivision.

Et vous, quel est votre meilleur souvenir d'Earthworm Jim ?

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