La Guerre des Mondes : une chronique familiale en pleine invasion alien

09 octobre 2021 à 11h11
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SF La Guerre des Mondes

Après Dune  il y a quelques semaines, il est temps de nous plonger dans une autre adaptation d'un chef d'œuvre de la littérature de science-fiction, réactualisé par Steven Spielberg pour parler de l'Amérique des années 2000.

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

La Guerre des Mondes (2005)

de Steven Spielberg

La Guerre des Mondes d'H.G. Wells fut publié en 1896 et reste depuis plus d'un siècle un livre majeur de la science-fiction, une pierre angulaire du genre qui a connu bien des adaptations, à la fois à la radio, à la télévision ou encore au cinéma avec pas moins de quatre films sortis en salles.

En 2005, c'est Steven Spielberg qui s'empare du roman pour en livrer une nouvelle vision. Et, ne se contentant pas de succomber aux sirènes du divertissement, le metteur en scène livre l'un des films sur l'Amériques des années 2000 les plus importants à mes yeux.

« Personne n'aurait cru, dans les premières années du 21e siècle, que notre monde était observé par des intelligences supérieures à la nôtre »

Ray Ferrier, individu tout ce qu'il y a de plus banal, est docker à New-York et vit dans le New Jersey. Il est le père de deux enfants, Rachel et Robbie avec qui il entretient des relations très compliquées, et pour cause, Ray ne s'est jamais réellement impliqué dans l'éducation de ses enfants, préférant vivre sa petite vie sans contraintes.

Nous prenons le fil de l'histoire alors que Rachel et Robbie doivent passer malgré eux le week-end chez leur père, or, vous vous en doutez, cette visite va être troublée par des événements étranges. C'est d'abord la météo qui s'affole et de mystérieux nuages électromagnétiques couvrent rapidement le ciel de la ville.

Des éclairs commencent alors à frapper le centre-ville en touchant les mêmes points à plusieurs reprises, un phénomène pourtant impossible sur notre planète, et alors que Ray décide de voir de plus près ce qu'il se passe, un vaisseau extra-terrestre sort du sol. L'invasion vient de débuter.

La Guerre des mondes © © Paramount Pictures
© Paramount Pictures

« Je t'emmène à la voiture et tu vas avoir envie de regarder. Mais tu ne le feras pas. »

Si vous avez déjà lu certains de mes articles S|F (et je vous en remercie), vous connaissez sans doute l'admiration absolue que je porte à la mise en scène de Steven Spielberg. Tel un bon vin, sa réalisation se bonifie d'année en année et La Guerre des mondes ne fait pas exception à la règle.

En quinze minutes (montre en main) et une poignée de scènes, le bougre pose sa situation, ses personnages et leurs différentes relations. Emballé, c'est pesé, on peut passer au plat de résistance qui constituent les scènes de destruction causées par l'arrivée des aliens au beau milieu de l'Amérique ouvrière du New Jersey.

Plutôt que de se contenter de plans larges massifs mais distants, Spielberg préfère placer sa caméra à hauteur d'humain. La première attaque nous plonge au cœur de l'action, au plus près de Ray et des autres protagonistes qui découvrent, incrédules puis tétanisés, comme nous, l'ampleur de la menace, avant que certains d'entre eux se fasse pulvériser par les rayons laser tirés par les vaisseaux.

De l'explosion de la moitié d'un quartier à un Boeing 747 échoué sur un pavillon résidentiel, La Guerre des mondes assure le spectacle, même si les scènes d'actions sont moins nombreuses que l'on pourrait l'imaginer, servant finalement moins à divertir qu'à servir le propos du film.

« C'est des terroristes ?! »

Comme je le disais un peu plus haut, La Guerre des mondes est sorti en 2005, soit quatre ans à peine après les attentats du 11 septembre. Spielberg profite de son film pour se livrer à l'autopsie de son pays encore traumatisé par les actes de terrorisme et les guerres qui ont suivi.

Pour ce faire, il reprend l'imagerie du 11 septembre et la décline tout au long du récit. L'attaque frappe l'Amérique en plein cœur, comme durant les attentats du World Trade Center. Les habitants errent hébétés dans les rues, recouverts des poussières et des cendres dégagés par les bâtiments en ruine et les corps pulvérisés par les armes ennemies.

La Guerre des mondes évoque également la multiplicité des points de vue et des images, filmées et diffusées par n'importe quel quidam, comme durant le 11 septembre, en cadrant par exemple le retour vidéo du caméscope d'un passant abandonné dans la rue. Une idée forte synthétisée en une seule et brillante image.

La Guerre des mondes © Paramount Pictures
© Paramount Pictures

« Ils ont vaincu la première puissance du monde en quelques jours, ils nous ont anéanti, et c'est que les premiers, d'autres vont venir. »

La Guerre des mondes aurait pu se muer en un bon vieux film patriotique made in America, qui défend les valeurs de l'Oncle Sam contre les méchants envahisseurs. Mais le scénario va plutôt se resserrer sur Ray, Robbie et Rachel, essayant de rejoindre Boston et la mère des enfants, évitant au passage de montrer la résistance armée des humains face aux extra-terrestres.

Pourtant l'occupation est le thème central du film. Avant même la première attaque, le film nous prépare le terrain en évoquant, au détour d'une conversation sur le devoir d'histoire de Robbie, la présence française en Algérie. Les combats entre les militaires et les extra-terrestres prennent quant à eux place dans une campagne que l'on pourrait croire normande. Les populations, enfin, sont contraintes à l'exode et à laisser leurs foyers derrière elles pour garantir leur survie.

Ne reste plus que la cellule familiale, le dernier rempart de l'Humanité selon Spielberg pour tenir bon à la fois face à l'assaillant mais aussi aux pires travers de l'être humain.

Ray et ses enfants devront apprendre à se faire confiance à nouveau et affronter leurs semblables, quitte à perdre au passage une partie de leur humanité et de leur innocence, tandis que le film se transforme peu à peu en un huis-clos qui me glace le sang à chaque visionnage.

« Les Hommes ne vivent, ni ne meurent en vain. »

Au final, La Guerre des mondes est autant un pur projet de science-fiction qu'un regard cru sur l'Humanité et les horreurs du siècle passé. Steven Spielberg, par le prisme du blockbuster, sonne l'alerte afin d'éviter que les heures les plus sombres de l'Histoire ne se reproduisent.

Malgré ses quelques 15 années ou presque au compteur, La Guerre des mondes reste un film d'actualité que je vous invite à découvrir ou à redécouvrir d'urgence.

La Guerre des mondes © Paramount Pictures
© Paramount Pictures

La Guerre des mondes est disponible en DVD, Blu-Ray et en VOD chez Paramount Pictures France, ainsi qu'en streaming vidéo sur Netflix .

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lejeferson
je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable <br /> un bon divertissement mais pas grand chose de plus pour moi<br /> il y a aussi la série canal+, j’avais accroché à la première saison (qui aurait du s’arrêter là ) et ai commencé la seconde mais n’ai pas pu la finir tellement c’était plat et lent
Zakalwe
Spielberg n’aime pas la France. Je m’en étais aperçu avec l’Arche perdue et ce film continue sur la même veine (l’Algérie…). Ca tombe bien, je le considère comme un cinéaste surfait et (très) moyen.
cyrano66
Merci pour cette intéressante remise en perspective.<br /> Le roman de Wells (dont la lecture pourrait paraître assez laborieuse pour nos contemporains) avait pour thème central la critique de la colonisation et de l’impérialisme Anglais pendant l’ère Victorienne en pleine révolution sociale et technologique.<br /> Spielberg aurait pu transposer ces thèmes dans l’Amérique des années 2000, mais c’est rarement vendable dans un blockbuster US.<br /> Pourtant l’époque post 2001 s’y prêtait.<br /> L’Amérique impérialiste dans sa supériorité technologique et militaire subissant sur son propre sol une attaque qu’elle ne comprend pas et qu’elle ne peut pas maîtriser, qui finit par s’en sortir avec l’aide des plus insignifiants organismes de la planète.<br /> Au lieu de ça spielberg utilise l’invasion extra-terrestre comme toile de fond à une chronique sociale.<br /> Un père socialement et professionnellement largué. Un américain a peine dans la classe moyenne qui regagne l’amour de ses enfants par un héroïsme du quotidien.<br /> Le thème, déjà largement exploité, aurait pu avoir n’importe quel contexte. Mais les scènes spectaculaires du film renforce la drama.<br /> Avec en effet quelques moments cultisme, mais une fin à mon avis un peu bâclée.<br /> globalement pour moi ce film n’est pas majeur dans l’œuvre de spielberg. Il est trop centré sur le jeu d’acteur habituel d’un Cruise secoué à l’époque par la scientologie et ses déboires amoureux.<br /> Peut-être le film de sa rédemption.<br /> « Regardez je suis comme vous, un mec banal qui aime ses enfants, même si je suis complètement dépassé par ce qui se passe autour de moi j’essaye de m’en sortir »<br /> lejeferson:<br /> il y a aussi la série canal+, j’avais accroché à la première saison (qui aurait du s’arrêter là ) et ai commencé la seconde mais n’ai pas pu la finir tellement c’était plat et lent<br /> +1.<br /> J’avais bien aimé la saison 1. J’ai abandonné la 2. L’histoire a changé de ton et de cap on a du mal à s’y retrouver.
LeToi
Je n’ai jamais lu le livre original, mais le film n’est pas inoubliable, un film moyen dans la filmo de Spielberg…
DvDSuper
Je n’ai pas lu l’article (pas le temps &gt;&lt;), mais, de mémoire, j’ai trouvé le film mauvais à sa sortie. Une de mes plus grosse déception au cinéma en fait. Outre l’époque, il me semble que le film prend beaucoup de largesses avec le livre (que j’ai préféré)…
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