Bios : valse avec une planète assassine

Johan Gautreau
Expert objets connectés
10 octobre 2020 à 11h11
5

Cette semaine, je vous propose de découvrir Bios, un court roman dans lequel le principal protagoniste n’est autre qu’une... planète tueuse ! 

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

Bios (2001) 

Robert Charles Wilson 

Bios n’est pas le premier roman de Robert Charles Wilson. Court et intense, cet ouvrage laisse de côté les personnages humains pour mettre en avant un protagoniste bien particulier : la planète Isis. 

Mélangeant hard science et concept du premier contact, ce titre m’a fait passer un excellent voyage que je vais prendre un immense plaisir à partager avec vous ! 

“Au plus profond d’elle-même, Anna chérissait l’idée que cette Zoé Fisher, ce bébé-éprouvette de Mécanismes & Personnel, puisse échapper à l’emprise des Trusts, ne serait-ce qu’une journée.” 

En voilà un livre qui commence bien. Dès les premières lignes, on assiste à une opération chirurgicale tout ce qu’il y a de plus illégale. Le patient ? Zoé Fisher, l’héroïne de ce roman SF. Née d’une cuvée de clones, elle est la seule survivante de sa lignée et vouée à un destin grandiose : explorer Isis, une planète incroyablement prometteuse pour les Trusts. 

D’entrée de jeu, on découvre un XXIIème siècle qui fait légèrement froid dans le dos. L’humanité est dirigée par les Trusts, sortes de méga-corporations dans le plus pur style cyberpunk. Les Familles détiennent le pouvoir, le reste des humains n’est bon qu’à servir fidèlement, si possible sans trop l’ouvrir... 

Pour un peu, on se croirait presque dans l’univers de Warhammer 40.000, le côté “guerre éternelle” en moins. Pour ma part, j’adore ce genre d’univers sombre, où tout espoir semble bien vain et où l’humain moyen n’est qu’un chiffre dans la colonne “pertes et bénéfices”. Zoé Fisher sera-t-elle différente ? 

“Transférée sans connaissance dans la station orbitale d’Isis, quasiment dépourvue de fenêtres, Zoé mourait d’envie de jeter un œil sur son nouveau monde.” 

Dotée du meilleur de la technologie du Trust Mécaniques & Personnel – avouez que c'est mieux qu'Amazon comme nom ! – la jeune Zoé Fisher arrive toute fringante dans l’avant-poste humain le plu s avancé, en orbite autour de la planète Isis. Ce sera le moment pour elle de tester ses implants flambant neuf, sensés lui permettre de survivre dans les environnements les plus extrêmes. 

Quant au lecteur, il aura l’occasion d’en apprendre plus sur le fonctionnement hiérarchique de l’humanité. D’un côté, on a les Terriens et leur organisation carrée au possible. De l’autre, on trouve les Kuipers, premiers colons spatiaux aux mœurs plus libres. Deux peuples différents et pourtant issus de la seule Humanité. C’est d’ailleurs sur ce thème de la dualité que le roman sera axé : Trust contre Kuipers, Humanité contre Isis. 

On retrouve ainsi le directeur Terrien bien lèche-botte prêt à tout pour plaire à ses employeurs, peu importent les moyens. On a le scientifique Kuiper un brin rêveur, grand romantique dans l’âme. Il y a aussi le médecin taciturne partagé entre sa morale et son obéissance aux Familles. En bref, tout un petit monde qui va graviter autour de Zoé et surtout de la fameuse Isis. Car s’il y a bien un protagoniste qui est mis en valeur dans Bios, c’est cette planète. 

“Isis vous tuera si vous la laissez faire.” 

Isis la belle. Isis la mystérieuse. Isis la tueuse. La planète imaginée par Robert Charles Wilson est loin d’être la destination rêvée pour des vacances. Son petit truc en plus ? Elle tue inexorablement toute forme de vie humaine et ce d’une façon pour le moins atroce.

Et pourtant, la belle intéresse fortement les Trusts pour son potentiel financier immense. En effet, le Trust qui réussira à créer le système immunitaire capable de combattre Isis gagnera gros. D’où la présence de Zoé, véritable rat de laboratoire à échelle humaine. Avec Isis, l’auteur canadien nous embarque sur un monde incroyable, qu’on découvre petit à petit. Il s’y côtoie la magie du premier contact… et l’horreur de ce même premier contact qui part sévèrement en sucette ! 

La biosphère isienne est à elle seule un personnage, tantôt curieux, tantôt agressif qui doit composer avec l’apparition soudaine de bipèdes à peau rose. De leur côté, les humaines doivent lutter avec cet environnement particulièrement hostile tout en respectant les consignes drastiques des Trusts. S’engage ainsi une véritable course contre la montre où le gagnant ne sera pas forcément qui on pense... 

“Des agents pathogènes, se dit-il effaré, des agents pathogènes isiens à bord de la station : le cauchemar qu’il avait espéré ne jamais avoir à affronter...” 

Face à une biosphère peu accueillante, vous imaginez bien que les choses vont vite déraper. Déjà peu encline à laisser la vie humaine perdurer sur son sol, la planète Isis va vite montrer une étonnante capacité d’adaptation et une imagination débordante en termes de meurtre viral. 

On assiste ainsi à un véritable siège bactériologique, nos scientifiques se débattant pour retarder leur élimination inéluctable. L’angoisse monte crescendo alors que les pertes humaines s’accumulent de plus en plus vite. Face à un ennemi invisible, l’horreur n’est que plus grande, savamment maniée par le romancier. 

Entre nous, je trouvez que les personnages auraient toutefois gagné à avoir un peu plus de profondeur. Le roman étant assez court, on ne s’y attache pas beaucoup sauf… à Zoé. Leurs péripéties m’ont parfois laissé un peu froid et je n'ai pas eu ce petit pincement à la disparition de personnages clés (comme dans Exodes par exemple). 

“Nous ne sommes pas seuls dans l’Univers, Zoé. Mais on n’est sacrément pas loin d’être uniques.” 

Vous l’aurez deviné, Bios se finit mal, très mal pour les humains... Cette aventure permettra néanmoins à nos héros de découvrir - en partie - la réponse au célèbre paradoxe de Fermi. Je ne vais pas vous spoiler, foncez sur le roman pour découvrir la vision de l’auteur sur cette question ; elle vaut le coup d'œil ! 

Je vous rassure quand même, pas besoin d’être calé en science pour savourer ce livre. Les termes propres à la microbiologie sont certes récurrents, de même que ceux liés à la physique quantique, mais ça reste léger. On frôle à peine la hard science. C’est d’ailleurs ce qui fait que le roman est aussi agréable à lire. 

Si vous cherchez une petite lecture attirante entre deux gros ouvrage, Bios pourra certainement vous plaire. Son approche de premier contact liée à une ambiance angoissante en fait un très bon divertissement. Sur ce, je vous donne rendez-vous dans deux semaines pour une nouvelle chronique littéraire. Bonne lecture ! 

Bios (2019) est édité chez ActuSF en version papier et numérique. Il est aussi disponible sur 7Switch en version EPUB et sur Amazon en version Kindle.

Modifié le 11/10/2020 à 13h19
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