Test Creative Outlier Air V2 : des écouteurs toujours aussi bien pensés, à l’autonomie monstrueuse

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
28 novembre 2020 à 18h18
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Faisant suite aux premiers Outlier, les Creative Outlier Air V2 en sont une sorte de version 2.0. Aucune révolution en perspective donc, pour des écouteurs qui se classaient parmi les meilleurs en termes de rapport qualité/prix.

Une approche assez originale et pourtant qualitative, pour une marque qui ne veut pas se battre sur des terres trop inabordables. Des True Wireless simples en apparence, très complets en pratique.

Test Creative Outlier Air V2
  • Autonomie monstrueuse
  • Bonne qualité technique
  • Fabrication
  • Ergonomie perfectible
  • Aigus manquant de naturel
  • Boite un peu volumineuse

Des écouteurs classiques, une boite à l’ancienne

Reprenant point par point le design des premiers Outlier Air, les Outlier Air V2 sont des écouteurs assez classiques. Leur forme est proche de celle de modèles type Jabra 75T ou Sennheiser Momentum TW 2, c’est à dire assez ronde, avec une canule très courte, se vissant dans l’oreille pour tenir.

La petite coquetterie des Creative vient du dos tactile, cerclé par une LED (éteinte si le modèle est connecté). Les écouteurs sont finalement assez compacts, même s’ils se permettent quelques petites variations de formes par rapport à la concurrence.

La fabrication, tout en plastique, semble elle aussi assez classique de prime abord, mais reste très sérieuse. La première partie, intégrant la canule, est en noir satiné. La partie extérieure affiche un gris métallique sobre mais élégant.

Aucun jeu ni aucun grincement, la densité du produit est suffisante pour donner une sensation de solidité. En l’absence de revêtement spécial, la surface satinée reste salissante, surtout avec les traces de doigts. Fort heureusement, la certification IPX5 (projections d’eau et léger filet d’eau) permet un petit nettoyage (avec chiffon).

La boite de rangement est déjà un peu plus atypique. Celle-ci rappelle l’époque 2016-2017 du marché des True Wireless, beaucoup de produits
utilisaient alors cette forme tubulaire et ce rangement coulissant. Mais la
disposition ne pose pas de problème particulier, même si demande un peu plus d’attention que sur les modèles avec charnières. La fabrication est sérieuse, portée par un châssis en aluminium anodisé (le tiroir restant en plastique). Le seul petit souci vient de la taille, assez importante pour les standards de 2020. Sans surprise, on ne retrouve pas de compatibilité avec la recharge à induction mais, au moins, une prise USB-C est de la partie. Enfin, trois petites diodes d’état permettent de vérifier la charge de la boite et des deux écouteurs, par un système de trois couleurs (vert, orange, rouge).

Confort et isolation classique

Vissage dans l'oreille et canules courtes, les Outlier Air V2 font partie de ces écouteurs que l’on peut, en utilisant les embouts adaptés, pratiquement oublier. Ici, la particularité fait que les écouteurs poussent un peu plus dans l’oreille que les Sennheiser Momentum ou les Jabra,
tous les deux étant moins fatigants sur les longues écoutes. Les Creative restent confortables, et tiennent très bien en place. Bien qu’ils ne soient pas les modèles sportifs ultimes, cet usage reste envisageable.

L’isolation est elle-aussi assez caractéristique des écouteurs de ce type, très efficace dans les aigus, et un peu dans les médiums. Le modèle Sennheiser est supérieur à ce niveau, parvenant à mieux entamer les
médiums. L'expérience est suffisante pour un usage en milieu nomade. Pour se plonger vraiment dans une bulle, il faudra partir sur un modèle à réduction de bruit.

Ergonomie tactile, plutôt perfectible

Contrairement aux premiers Outlier Air et aux Outlier Gold, les Outlier Air V2 n’utilisent plus une surface cliquable, mais une zone tactile. Cela change assez peu de choses au final, puisque la manipulation reste à peu près la même en pratique, sans réel gain.

Le tactile n’est pas multizone, il faudra donc se cantonner à un principe de touches et d’appuis prolongés. Et, il faut bien le dire, cette navigation n’est pas la plus simple du monde. Il faut par exemple faire un double
tapotement pour déclencher la pause, alors qu'un simple appui aurait suffi. Pour nous embrouiller un peu plus, le même geste ne déclenche pas forcément la même action si l'écouteur est en pause ou en lecture. En l’état, l’ergonomie n’est pas meilleure qu’auparavant, tout simplement.

Application atypique, SXFI en fausse Killer-feature

Alors que bien des écouteurs de cette gamme de prix ne viennent avec aucune application, Creative profite de son écosystème/traitement sonore SXFI pour utiliser l’application éponyme. Déjà compatible avec les
casques SXFI ainsi que le modèle Outlier Gold, cette application est surtout une interface de personnalisation sonore, elle ne permet pas de faire des réglages sur les écouteurs (comme les MAJ ou la personnalisation des commandes), et reste de fait optionnelle.

Le principe du SXFI est, pour le décrire grossièrement, un algorithme de 3D audio appliqué à une écoute au casque/écouteurs.

Première étape, toujours rébarbative, la création d’un compte. Ensuite, il sera nécessaire de scanner ses deux oreilles, ainsi que son visage de face. Cette analyse permet, en théorie, de créer un profil HRTF personnalisé. Le HRTF, ou « fonction de transfert relative à la tête »,
représente, pour synthétiser, l’incidence unique de la forme/topologie de notre tête et de nos oreilles sur un son entrant. Cette HRTF propre à chaque individu permet de construire son environnement sonore
3D, de faire comprendre à notre cerveau  qu'un son vient de tel ou tel endroit. Une HRTF trop éloignée de la nôtre mènera forcément à une perte de repères, à un espace incohérent. Il faut être clair, cette analyse 3D à partir d’une simple photo relève plutôt du gadget rassurant, tout comme cela relève du gadget rassurant avec le 360 Reality Audio de Sony. Il faudrait bien plus qu'une photo pour cela.

Même sur la piste test de l'application, le rendu reste assez mitigé

Une fois les oreilles « calibrées » et les écouteurs reconnus, l’application permet d’appliquer un traitement 3D, et utiliser un égaliseur paramétrique assez avancé. Premier problème : à l’image de l’application Shure Play, ces traitements ne fonctionnent qu’avec le lecteur intégré, c’est-à-dire avec les fichiers stockés en local. Cela reste assez logique pour le traitement SXFI, mais limite tout de même l’intérêt du produit. Mais surtout, le SXFI est un traitement qui, en l’état, est assez perfectible. Il y a bien un effet, une projection plutôt réussie de la scène sonore vers l’avant. Mais, cet effet reste assez étrange, donne une sorte d’écho étouffé au voix, et fait perdre une bonne dose d’énergie. Pas inutile, mais plus une curiosité qu’autre chose.

Codec AptX et autonomie hors du commun

Sur la connectivité, Creative n’a pas fait évoluer sa formule, une formule peu courante par ailleurs.  Les écouteurs doivent l’un et l’autre s’appairer
une première fois au smartphone, les deux apparaissent ainsi dans la liste des produits reconnus. Mais une fois la connexion établie, il existe un écouteur maître et un écouteur esclave, défini par l’ordre de sortie de la boite de recharge. Le maître se connecte au smartphone et transmet le flux au second. Si le maître est remis dans la boite, le flux se coupe, mais le second écouteur peut se reconnecter tout seul et fonctionner en mono. Ainsi, la connexion est une sorte de mélange entre les simples modèles en maître-esclave type Momentum TW (ou seul l’écouteur droit se connecte), et les modèles type AirPods Pro, fonctionnant en interception de flux.

Ce fonctionnement n’est pas ultra-moderne, d’autant que la connexion multipoint n’est pas implémentée, mais la stabilité est assez bonne,
quel que soit le codec utilisé. En l’occurrence, les Creative Outlier Air V2 sont compatibles SBC, AAC, et AptX, tous les codecs intégrables sur des True Wireless.

La grande force du produit réside dans son autonomie, annoncée à 12 h en simple charge. Sur ce point, les Outlier Gold font encore mieux, car annoncés à 14 h, mais la performance reste dans le top du genre. En
pratique, nous avons même dépassé les 12 h 30 sur certains tests (sous codec AAC). Clairement dans le peloton de tête, et dans le cercle fermé des produits à dépasser les 10 h.

Un son énergique, le graphène et ses travers

La partie sonore à un petit côté déjà-vu, puisque ressemble assez sensiblement à celle équipant les Outlier Air et Outlier Gold. Les écouteurs sont équipés de transducteurs avec membrane de 5,6 mm avec surcouche
en graphène. Un conçurent direct, le Melomania 1 de Cambridge, utilise le même type de transducteur, même si annoncé à 5,8 mm (différence négligeable). Il est amusant de constater ici une sorte de « signature typique » des membranes graphène, certains schémas paraissant se répéter entre les deux écouteurs.

Les Creative Outlier Air V2 ne sont pas dans l’équilibre, ni dans une approche vraiment naturelle du son, mais sont pourtant assez passe-partout, et assez plutôt bon techniquement. La signature sonore est
particulière, puisque part d’un bon niveau de basses, et descend en pente douce, des bas-médiums jusqu’aux aigus, pour remonter assez rapidement, avec un pic marqué dans les 8-10 kHz. Pour parler français, cela donne une sonorité ronde et puissante, plaçant les voix un peu en retrait, les rendant un peu imprécises, tout en conservant une certaine brillance dans l’écoute, une assez bonne ouverture, et un bon niveau de détails.

Les écouteurs ne sont pas spécialement tranchants, mais restent énergiques, cela peu importe les pistes. Leur signature a tout de même un prix, celui d’aigus rapidement artificiels, un peu chuintants, mais surtout pas extrêmement maitrisés. Il faut dire que, d’expérience, les membranes graphène sont rarement très bonnes dans les aigus. Ces mêmes qualités et ces mêmes défauts se retrouvent globalement dans les Melomania 1, une sorte de faux jumeau.

Faute de concurrence vraiment acérée, les Creative Outlier Air V2 restent dans les excellents modèles de cette gamme de prix. Il ne faut pas avoir peur de tordre un peu le cou à l’équilibre, et conserver un volume
pas trop élevé, mais cela permet de profiter d'un petit classique du True
Wireless à moins de 80 euros.

L’avis de Clubic

Peu de changements mais une formule toujours affinée, les Creative Outlier Air V2 sont d’un bon niveau technique, et s’appuient sur une
autonomie assez fabuleuse. Un produit complet, avec quelques défauts, mais toujours un excellent rapport qualité-prix.

Creative Outlier Air V2

8

Abordables mais proposant un bon niveau technique et une isolation insolente, les Outlier Air V2 ne révolutionnent pas la formule de Creative, mais restent des écouteurs à l'excellent rapport qualité/prix

Les plus

  • Autonomie monstrueuse
  • Bonne qualité technique
  • Fabrication

Les moins

  • Ergonomie perfectible
  • Aigus manquant de naturel
  • Boite un peu volumineuse

Fabrication 8

Ergonomie 5

Autonomie 9

Son 7

Modifié le 24/12/2020 à 13h27
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