Le B.A.-ba des commandes pour GNU/Linux

11 février 2010 à 16h30
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Installer GNU/Linux est maintenant aussi simple que d'installer un logiciel sous Windows, nous l'avons vu récemment (voir Installer et désinstaller Linux sous Windows). Des distributions comme Ubuntu ou Mandriva, notamment, se font de plus en plus accessibles au grand public.

Il est donc possible de tenter l'expérience GNU/Linux de façon relativement simple, d'autant que de sacrés efforts ont été fournis les derniers temps : l'installation des pilotes est désormais grandement facilitée et les mises à jour sont tout aussi simples à mettre en œuvre. Les interfaces graphiques sont de plus en plus pratiques et permettent de très nombreuses opérations.

Il reste toutefois de nombreux cas où le passage par la sacro-sainte ligne de commande reste nécessaire et où le Terminal devient un allié précieux. La curiosité peut d'ailleurs à elle seule constituer une motivation suffisante pour aller voir de plus près comment fonctionne cet élément si différent du monde graphique de Windows, même si la ligne de commande n'est pas étrangère à l'OS de Microsoft.

Cet article a donc pour but d'introduire ce qu'est un Terminal sous GNU/linux, comment il fonctionne et quelles sont les principales commandes à connaître pour appréhender les nombreuses possibilités qu'il offre.

Sommaire :

Terminal et shell : introduction

Avant de parler du Terminal, il convient d'évoquer le shell. Littéralement « coquille » en anglais, le shell est l'interface placée entre l'utilisateur et le noyau de GNU/Linux. Son rôle est multiple : il doit interpréter les commandes, les transmettre au noyau avant de donner le résultat à l'auteur des commandes.

Il existe différents types de shell, communs à toutes les distributions. Le plus utilisé est le bash, mais il existe également le sh, csh, tcsh ou encore ksh et zsh. Les variantes sont parfois subtiles et nous n'entrerons pas ici dans ce détail. Pour communiquer via le bash, vous devez utiliser le Terminal, c'est à dire une fenêtre dans laquelle vous allez utiliser ce langage, les commandes en ligne.

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Le Terminal (ou console) existe également sous plusieurs formes KTerm, xterm, Gnome Terminal, rxvt... Tout dépend non pas de la distribution choisie, mais plutôt de l'interface graphique sélectionnée (KDE et Gnome sont les plus connues). Peu de différence notable toutefois entre ces versions, mis à part quelques options relativement pointues comme la possibilité d'afficher certains caractères ou encore d'afficher des polices de couleurs.

Pour l'obtenir, rendez-vous dans le menu « Applications », puis « Accessoires » sur Ubuntu par exemple.

Quelques informations utiles

Avant de vous lancer dans le grand bain de la ligne de commande, il y a quelques éléments à savoir afin de s'épargner quelques incompréhensions. Commençons par l'une des plus importantes : les majuscules sont essentielles sous Linux ! Il faut respecter la casse dans vos commandes, car un f et un F peuvent avoir des significations bien différentes.

Autre élément à savoir utiliser : l'étoile, l'un des le joker de GNU/Linux (avec le ?). En informatique, ce symbole signifie « tout », et le shell n'échappe pas à la règle. Son utilisation au sein du Terminal est très courante, dans une suite de caractère par exemple : club* représente toutes les chaînes de caractères qui commencent par club, alors que *.txt représente tous les fichiers dont l'extension est txt.

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La touche tabulation est aussi très importante sous GNU/Linux, car elle est utilisée pour la fonction de complétion. Si vous entrez au clavier une chaîne de caractère et que vous pressez la touche tabulation, le Terminal va vous renvoyer une série de propositions commençant par la chaîne de caractères saisie. Cela fonctionne à la fois pour les chemins (nous y reviendrons), mais également pour les commandes.

Arrêtons-nous également un instant sur le prompt, cette suite de caractères placée systématiquement devant toutes vos commandes dans le Terminal. Il est généralement composé (sans modification préalable) du nom d'utilisateur, du nom de la machine, du répertoire courant et du symbole $ pour un utilisateur lambda, ou de # pour l'utilisateur root.

Ce dernier est l'administrateur de la machine, celui qui a tous les droits et qui seul peut effectuer certaines opérations. Inutile toutefois de choisir l'utilisateur root pour effectuer ces opérations en question : au sein d'une console, tapez la console su (comme superuser) pour passer en root. La commande sudo liée à une autre commande permet d'exécuter cette dernière avec les droits administrateurs. Un mot de passe sera la plupart du temps nécessaire (ce dernier aura été défini durant l'installation de GNU/Linux). Notez que si cela se passe très simplement sous Ubuntu, c'est un peu plus complexe sous d'autres distributions et demande quelques étapes de configuration.

Des commandes basiques pour le Terminal

Voici encore quelques éléments qui vous permettront de débuter facilement avec le Terminal :
  • shutdown vous permet d'éteindre ou de relancer votre machine : shutdown -h now stoppe votre PC, shutdown -r now le redémarre. Cette dernière commande a le même effet que reboot. Attention, la commande shutdown nécessite les droits administrateur.
  • exit ferme l'onglet courant dans un Terminal.
  • clear vous permet de remettre à zéro l'affichage de la console.
Autres commandes très utiles, celles qui concernent la documentation. « commande » -h affiche une aide succincte concernant la commande choisie. Tapez man suivi du nom de votre commande pour en apprendre plus sur celle-ci, ou info suivi encore une fois du nom de la commande pour en apprendre encore plus. Notez que cette option n'est pas disponible à chaque fois. Autre possibilité intéressante : man (-k) mot_clé affiche les pages du manuel qui font référence à un mot-clé précis.

La gestion des paquets

Sous GNU/Linux, les logiciels portent le nom de « paquets ». Ces derniers peuvent s'installer via une interface graphique de plus en plus conviviale, mais certains préfèrent utiliser les lignes de commandes pour effectuer ces opérations. Si toutes les commandes que nous avons évoquées plus haut (et que nous évoquerons par la suite) ne changent pas en fonction de la distribution, il convient ici de faire un distinguo entre Mandriva, Fedora (basées sur les Red Hat et qui gèrent les RPM) et Ubuntu (issue de Debian, gère les paquets au format .deb).

Sur Ubuntu

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Pour Ubuntu, la commande de gestion des paquets est apt-get. Cette commande nécessite les droits de root et s'utilise de la façon suivante :
  • sudo apt-get « commande » « paquet(s) » (attention, les guillemets ne sont ici que pour remplacer votre saisie)
sachant que la commande en question peut être install, pour ajouter un ou plusieurs paquets, ou remove pour en supprimer. La variante autoremove permet de supprimer non seulement le paquet en question, mais également toutes ses dépendances, c'est à dire tous les autres paquets que lui et lui seul utilisait. D'autres commandes fonctionnant avec apt-get peuvent être utiles :


sudo apt-get update : met à jour la liste des dépôts, c'est à dire les listes des paquets disponibles pour votre distribution. Renouvelez cette opération assez souvent pour maintenir à jour votre Ubuntu.

sudo apt-get upgrade : une seule commande pour mettre à jour tous vos paquets vers d'éventuelles nouvelles versions.

sudo apt-get autoclean : l'option autoclean supprime les paquets téléchargés (et non leur installation, bien entendu) qui ne sont plus mis à jour dans les dépôts.

sudo apt-get clean : plus radicale encore que la commande précédente, l'option clean permet de supprimer tous les paquets en cache. Cette manœuvre permet parfois de gagner beaucoup d'espace disque.

sudo apt-get (auto)remove --purge : l'argument --purge permet de supprimer les fichiers de configuration utilisés par le paquet supprimé.

Notez que chez certains utilisateurs, aptitude a remplacé apt-get grâce à une gestion plus pointue des dépendances, notamment. Les commandes sont tout à fait similaires, puisqu'il vous suffit de remplacer apt-get par aptitude dans chacune des commandes ci-dessus. Vous devrez faire votre choix, car il est conseillé de ne pas utilisez les deux commandes sur la même machine.

Pour Mandriva

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Les utilisateurs de Mandriva bénéficient d'un outil particulièrement convivial pour mettre à jour leurs sources (dépôts) : Easy Urpmi. Il suffit de sélectionner vos dépôts pour obtenir un résultat en ligne de commande qu'il vous suffira de coller dans votre console.

Dès lors, vous pourrez installer un paquet en tapant urpmi « paquet ». Les autres commandes à connaître sont les suivantes :


  • pour mettre à jour les sources et les paquets installés : urpmi --auto-update ;
  • pour mettre à jour le système : urpmi --auto-select ;
  • pour désinstaller un paquet et ses dépendances : urpme « paquet » ;
  • pour lister les paquets contenant un mot-clé : urpmi -y « mot-clé ».

Sous Fedora

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Pour Fedora, c'est l'utilitaire Yum qui officie. Tout comme sur Mandriva, ce sont les paquets au format RPM qui sont utilisés ici, tandis qu'Ubuntu gère les fichiers deb. Yum fonctionne de la façon suivante :


  • yum update : met à jour la liste des paquets et les paquets installés ;
  • yum list « mot-clé* » : fournit la liste des paquets contenant le mot-clé choisi ;
  • yum install « paquet(s) » : installe le ou les paquets demandés ;
  • yum remove « paquet » : supprime le paquet sélectionné.
Modifié le 18/09/2018 à 14h42
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