Chronophotographie et HDR : 2 effets pour vos photos

22 octobre 2008 à 14h50
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Chronophotographie : l'art de décomposer un mouvement

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Etienne-Jules Marey
Saut de l'homme en blanc
Chronophotographie sur plaque fixe vers 1887
© Couval/musée Marey-Beaune
Longtemps, les photographes ont réfléchi à des moyens techniques pour parvenir décomposer les différentes étapes d'un mouvement sur un même support. Sans entrer dans un cours d'histoire de l'art, nous rappellerons que la chronophotographie a vu le jour en 1882 grâce à Étienne Jules Marey, un médecin et physiologiste qui a réussi à imprimer différentes phases d'un mouvement sur une plaque de verre négative. Une autre solution technique a consisté à capturer sur un ruban une série d'images d'un même mouvement prises à un intervalle très réduit, et une autre encore à aligner plusieurs appareils le long d'une piste pour les déclencher à mesure que le sujet se met en mouvement.

Grâce aux possibilités offertes par le numérique, les problèmes techniques du passé peuvent être assez facilement contournés, simplement en faisant appel à un appareil doté d'un obturateur rapide et à un bon logiciel de retouche d'image. Aujourd'hui, ce principe de la décomposition du mouvement au moyen de photographies successives intéressera principalement les amateurs de sports extrêmes qui y verront un outil didactique pour l'apprentissage de certaines figures. Mais ce type d'intervention peut également être utilisé pour réaliser des photos en apparence plus tranquilles mais qui jouent sur un certain décalage, avec par exemple deux fois ou plus la même personne présente sur une image. C'est ce que nous allons vous expliquer dans les paragraphes suivants.

Réaliser les clichés de départ

Les clichés de départ doivent répondre à un cahier des charges assez strict dont nous vous résumons ici les grandes lignes. Considérez ces recommandations avec attention, car, et vous ne pourrez manquer de le constater, le plus délicat de l'exercice n'est pas l'assemblage logiciel mais bien la prise de vue elle-même !

Faire une série d'images sans bouger
Pour pouvoir assembler parfaitement plusieurs vues successives d'un même mouvement, il faut que l'arrière-plan soit parfaitement stable. Le trépied, ou toute surface stable sur laquelle on peut prendre un appui, s'impose donc.

Enregistrer des images à une cadence rapide
Autre pré requis : un appareil doté d'un obturateur rapide (1/ 2 000e de seconde et plus) et d'un bon mode rafale (3 images par seconde et plus). Certaines figures étant exécutées dans un intervalle de temps très bref, il est important de pouvoir réaliser plusieurs prises de vue entre le moment où le mouvement débute et celui où il se termine. Rapportez-vous au livret de votre appareil pour vérifier qu'il est capable d'enregistrer des images à une cadence rapide.
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La vitesse rapide permet de figer le mouvement. A défaut, vous obtiendrez un flou partiel sur les parties du sujet qui sont en mouvement

Note :
  • Une vitesse rapide ne pourra être utilisée qu'en conditions de forte luminosité, typiquement de jour et en extérieur.
Assurer une mise au point continue sur le sujet
Il faut vous assurer que le sujet sera toujours dans la zone de netteté, sans quoi vous ne parviendrez pas à un résultat propre lors de l'assemblage. Plusieurs précautions vous permettront de vous en assurer :
  • fermez le diaphragme autant que possible de façon à profiter d'une profondeur de champ maximale ;
  • choisissez un objectif grand-angle de préférence à un téléobjectif, car ces derniers disposent d'une profondeur de champ réduite. Et que ceux qui ne disposent que d'un compact tout automatique se rassurent : la construction optique de ces petits appareils se caractérise de toute façon par une profondeur de champ très étendue.
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Ici la netteté est faite sur le mur et non sur le passant. En cas d'assemblage, vous n'aurez pas un résultat propre

Note :
  • Le fait de fermer le diaphragme a comme corrélat automatique de réduire la vitesse. Il vous faudra donc trouver le meilleur compromis vitesse / profondeur de champ.
Assurer une constance dans les réglages
Attention aux automatismes qui varient automatiquement dès que l'image change même légèrement. Il est donc conseillé de débrayer le maximum de paramètres de façon à éviter des discontinuités dans la série.






Si vous n'êtes pas familiarisé avec le mode manuel, prenez un premier cliché en mode automatique de façon à profiter du posemètre de l'appareil, notez les valeurs choisies par l'appareil puis débrayez l'appareil et rapportez-les une à une manuellement.
  • Ouverture, vitesse et sensibilité : ces trois paramètres ont une incidence sur le temps de pose, qui dans notre exemple doit être fixe et surtout élevé ;
  • Balance des blancs : ce paramètre détermine la teinte d'ensemble de l'image en fonction de la luminosité. Si celle-ci vient à varier au cours de la série, l'appareil peut être amené à compenser en tirant cette teinte vers des valeurs plus chaudes ou plus froides.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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