ADP (Aéroports de Paris) perd 50% de son chiffre d'affaires et prédit une très lente reprise du trafic aérien

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, responsable de l'actu.
Publié le 29 juillet 2020 à 09h13
Hall K Terminal 2 Aéroport Paris-CDG (© Groupe ADP)
Hall K Terminal 2 Aéroport Paris-CDG (© Groupe ADP)

Le groupe, qui exploite les trois grands aéroports franciliens, estime que le trafic ne reviendra pas à la normale avant sept ans. La crise sera longue.

ADP (Aéroports de Paris) a publié, lundi 27 juillet, ses résultats du premier semestre 2020, et autant vous dire qu'ils sont conformes à l'ampleur et à l'impact de la crise de coronavirus sur le secteur aérien depuis le début de l'année : désastreux. Le groupe n'offre pas de bons résultats ni de bonnes perspectives, avec des effets sur le trafic, et donc sur l'activité des aéroports dont il a la gestion, qui s'étendront jusqu'en 2024, voire 2027.

Un chiffre d'affaires en baisse de 46,5% sur le premier semestre !

Sur les six premiers mois de l'année 2020, avec un semestre arrêté au 30 juin, ADP a généré un chiffre d'affaires consolidé de 1,17 milliard d'euros, affichant une baisse colossale de 46,5% sur un an. Au premier semestre 2019, le groupe faisait état d'un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros.

Cette donnée est évidemment consécutive à la brutale chute du trafic aérien, et donc de la circulation des voyageurs dans les terminaux et halls des aéroports. Le groupe ADP (qui comprend la gestion d'une quinzaine d'aéroports) a enregistré une baisse du trafic de 57,5% sur le premier semestre, avec 48,2 millions de passagers. Pour Paris Aéroport (Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly), la chute est encore plus brutale : -62,2%, à 19,8 millions de passagers.

Les Aéroports de Paris au soutien des compagnies aériennes 🛬

L'exonération de la redevance de stationnement des avions et celle des loyers a coûté 23 millions d'euros à Aéroports de Paris sur le premier semestre 2020.

Alors que le résultat net part du groupe était positif au S1 2019 à 250 millions d'euros, celui-ci a baissé de 793 millions d'euros, à -543 millions d'euros au premier semestre 2020. Certains éléments sont rassurants comme la trésorerie du groupe, qui s'élevait à 2,8 milliards d'euros le 30 juin. « Le groupe n'anticipe pas de difficultés de trésorerie à court terme », informe l'entreprise, tout de même rassurante.

Un impact de 2 à 2,5 milliards d'euros redouté sur l'ensemble de l'année

Pour l'heure, la reprise de l'activité reste très lente sur les aéroports du groupe ADP. À Paris-Charles de Gaulle, deuxième aéroport européen, le flux de passagers quotidiens était d'environ 50 000 à la mi-juillet, « ce qui correspond à peu près entre 20 et 25% de ce que nous avions au même jour de l'année », nous confiait récemment le directeur général de l'aéroport, Marc Houalla.

À Paris-Charles de Gaulle, seuls les terminaux 2E porte K, 2F et 2AC restent ouverts pour gérer le trafic commercial de passagers. Du côté de Paris-Orly, où le trafic commercial fut totalement à l'arrêt en avril et en mai et ce jusqu'à la fin du mois de juin, seuls Orly 3 et Orly 4 ont repris du service.

Et les perspectives à moyen et long terme ne sont pas très réjouissantes. « C'est la première fois depuis 50 ans que le trafic aérien connaît un à-coup aussi brutal et il est avéré que le rétablissement sera très progressif : un retour au niveau de trafic de 2019 à Paris est anticipé entre 2024 et 2027 », prévient Augustin de Romanet, Président-directeur général d'Aéroports de Paris - Groupe ADP.

Alors qu'il faudra donc prendre son mal en patience, Paris Aéroport anticipe une baisse du trafic de 63% sur l'ensemble de l'année 2020, et un impact sur le chiffre d'affaires qui serait compris entre 2 et 2,5 milliards d'euros. Soit la moitié des revenus annuels des aéroports.

Source : Groupe ADP

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, responsable de l'actu

Journaliste, responsable de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (10)
cirdan

Dans l’immédiat, mais ça n’est sans doute que partie remise.

kroman

Quand pour les USA ? J’attends impatiemment de prendre mon billet !

Relo

J’aime beaucoup l’économie, et la transition vers l’après covid 19 est intéressante pour ce secteur.
Cependant, je ne vois le lien avec Clubic qui est un site plutôt orienté nouvelle technologie. La ligne éditoriale ne glisserait elle pas ?

notolik

Si, ils le seront, et plus encore. Perso si je dois acheter un truc qui a (mal)heureusement perdu temporairement de la valeur, j’exploite le truc à fond.

Autoroutes, aéroports même combat, il va y a voir des clauses hallucinantes défavorables à nous. Le Covid va juste rendre l’arnaque encore plus rentable.

Peter_Vilmen

Manquerait plus qu’ils les donnent gratuitement vu qu’ils ne rapportent plus rien

sami17220

Comme ils sont en perte d’activité et que les Chinois ont du cash et peuvent attendre la reprise, c"est le moment avec la complicité de Macron, de faire une encore plus belle affaire en achetant moins cher. On a déjà perdu une partie d’Alsthom qui produisait les turbines pour nos navires de guerre au profit de General Electric, comme cela quand elles seront à remplacer, on dépendra du bon vouloir des US, encore Macron dans l’histoire.

Helios

Les mecs privatisent des monopoles, c’est vraiment une trahison des gouvernements

Veronicalorie

je pense que le (re)démarrage prendra du temps mais qu’une fois lancé, on repartira de plus belles. Impossible d’arrêter les gens de voyager. Il y aura sûrement une prise de conscience de leur part niveau écologie mais on ne peut pas tout arrêter du jour au lendemain.

koalalefou

Juste pour information, les chinois n’ont pas tant de cash que cela, voir quasiment plus. La finance grise (shadow banking) faisant des ravages en Chine, les entreprises et les administrations locales et régionales sont très endettés (elles dépassent pour certains segments de l’économie, les dettes européennes, largement). Et ce serait politiquement très peu rentable de vendre, à prix bradés, les aéroports, ça serait une mort politique.

aladin_78

+1
Ces entreprises nationales nous appartiennent a NOUS tous. Nous les avons finance depuis des décennies et ce n’est pas a l’Etat de decider sous la pression de Bruxelles de les vendre sans notre accord. L’Etat c’est nous!