Google peut-il en faire plus dans la lutte contre le piratage ? © Shutterstock / Ververidis Vasilis
Google peut-il en faire plus dans la lutte contre le piratage ? © Shutterstock / Ververidis Vasilis

Une nouvelle fois sous l'impulsion de La Liga, le feuilleton "piratage IPTV" se poursuit avec de lourdes accusations envers Google.

Javier Tebas, prĂ©sident de La Liga, a fait de la lutte contre le streaming illĂ©gal des matchs de football son cheval de bataille. Il annonce que son organisation s'apprĂȘte Ă  poursuivre Google dans quatre pays : l'Espagne, la France, l'Équateur et le BrĂ©sil.

Google accusé de laisser courir l'IPTV illégale

Capitalisant sur la rĂ©cente victoire de La Liga, qui a obtenu en Argentine le blocage de plusieurs dizaines de noms de domaines liĂ©s Ă  MagisTV, une application IPTV, Javier Tebas n'entend pas s'arrĂȘter en si bon chemin. Le boss de La Liga, qui est aussi avocat, estime que Google dispose de moyens simples et efficaces pour donner un coup d'arrĂȘt au streaming illĂ©gal, du moins de rĂ©duire ces pratiques de l'ordre de 80 %.

Selon lui, plusieurs grandes entreprises de la Tech portent une responsabilitĂ© directe et sont accusĂ©es de laisser courir l'IPTV illĂ©gale et mĂȘme de gĂ©nĂ©rer de substantiels revenus grĂące Ă  elle. Voici l'une de ses dĂ©clarations lors d'une rencontre rĂ©cente du Nueva Economia Forum : « Les grandes entreprises technologiques doivent intervenir. Elles doivent cesser de collaborer avec le piratage parce qu’elles gagnent de l’argent. Google gagne de l’argent, Amazon gagne de l’argent, Apple gagne de l’argent — et ils en gagnent beaucoup. »

Est-il si facile de trouver comment regarder du football gratuitement sur Google ? © Matthieu Legouge pour Clubic
Est-il si facile de trouver comment regarder du football gratuitement sur Google ? © Matthieu Legouge pour Clubic

À la suite de cette dĂ©claration, Javier Tebas a annoncĂ© que La Liga dĂ©poserait des plaintes pĂ©nales Ă  l'encontre de Google, en France, en Espagne, au BrĂ©sil et en Équateur. En s'appuyant sur la dĂ©cision judiciaire qui aurait ordonnĂ© Ă  Google « d'adopter les moyens techniques nĂ©cessaires » pour dĂ©sinstaller immĂ©diatement l'application MagisTV de tous les appareils Android fonctionnant avec une adresse IP basĂ©e en Argentine, le patron de La Liga Ă©met une accusation simple : Google n'en fait pas assez pour juguler le piratage IPTV.

IPTV : le fléau de la propriété intellectuelle, a toujours un coup d'avance

Javier Tebas porte ses accusations encore plus loin et appuie sur la gravitĂ© de la situation : « Nous devons ĂȘtre conscients que le piratage est le principal dĂ©fi auquel sont confrontĂ©s le football professionnel et l’industrie du sport en gĂ©nĂ©ral. Si la dynamique du piratage ne change pas, une diminution trĂšs importante des revenus audiovisuels affectera le football et le sport non professionnel. »

En vérité, s'il tient Google pour responsable en raison du manque de mesures pro-actives contre le piratage, La Liga s'est déjà félicité à plusieurs reprises de ses actions dans la lutte contre le piratage sur les plateformes de Google. Ce fut notamment le cas en 2021 ou plus d'un million de vidéos et plusieurs dizaines de milliers de résultats de recherche ont été supprimés par Google sur YouTube et au sein des résultats de recherche.

La rĂ©alitĂ© parait plus complexe et, Ă  y regarder de plus prĂšs, les pirates de l'IPTV ont toujours un coup d'avance. L'affaire MagisTV en est un bon exemple. Cette plateforme illĂ©gale, qui aurait ses quartiers en Chine, est en effet dans le viseur de l'ACE — Alliance for Creativity and Entertainment, depuis plusieurs annĂ©es et aucune dĂ©cision ne semble pour l'heure l'arrĂȘter. L'ACE estime par ailleurs que cette organisation exploiterait encore plus de 370 noms de domaines. La rĂ©cente ordonnance contre MagisTV en Argentine portait "seulement" sur 69 d'entre eux.

Combien faut-il débourser pour accéder à notre championnat national et aux coupes d'Europe ? © Matthieu Legouge

La Liga Ă©voque sans doute les applications qui pullulent sur le Play Store de Google, bien qu'encore une fois la firme de Mountain View semble coopĂ©rer puisque ce ne sont pas moins de 820 applications qui ont rĂ©cemment Ă©tĂ© supprimĂ©es du catalogue. Ajoutons que Javier Tebas affirme lui-mĂȘme que 40% de la population espagnole consomme du contenu pirate qui viole la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Bien que le problĂšme soit clairement imputable Ă  la prĂ©sence d'IPTV pirate, le souci de l'accĂšs aux championnats comme La Liga, la Champion's League, ou encore la Ligue 1 en France est sans doute aussi une piste Ă  creuser. Le fait est qu'il est de plus en plus difficile d'accĂ©der Ă  ces contenus, nĂ©cessitant souvent plusieurs abonnements pour avoir accĂšs Ă  l'intĂ©gralitĂ© d'un championnat et sur des plateformes qui offrent finalement des bouquets de chaĂźnes avec peu de contenus.

En France l'exemple est parlant : si vous souhaitez suivre l'intĂ©gralitĂ© de la Ligue 1, mais que votre club de cƓur est Ă©galement engagĂ© en Ligue des champions, vous devrez vous acquitter d'un abonnement chez DAZN pour 30 €/mois (20 €/mois les 12 premiers mois), d'un abonnement Ă  15 €/mois chez BeIN Sports, et d'une offre qui dĂ©bute Ă  20 €/mois chez Canal+ pour regarder l'affiche du mercredi, une offre qui monte 30 €/mois pour accĂ©der Ă  l'intĂ©gralitĂ© des matches des coupes d'Europe


Source : TorrentFreak