Good Omens : tout présageait un succès diabolique

26 juin 2021 à 15h15
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Je ne crierai pas au génie absolu, comme j'aurais souhaité le faire, mais l'adaptation en série du roman Good Omens reste à n'en pas douter une réussite. Il faut dire qu'avec deux formidables acteurs dans les rôles principaux, le talentueux co-auteur du livre original à la création, et de solides entités à la production, il aurait fallu le faire exprès pour se planter.

Le veilleur d'écran[s] S07E04 📺 : Good Omens

Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :

Good Omens : l'Apocalypse selon des gens

En attaquant le livre Good Omens (De bons présages en VF) il y a quelques années, mes attentes étaient fort élevées. Il faut dire que ce roman de 1990 a été écrit à quatre mains par deux des auteurs les plus prolifiques et originaux de ces dernières décennies, à savoir Neil Gaiman (American Gods ou encore le comics The Sandman, dont j'attends fébrilement la future adaptation en série) et feu Terry Pratchett (Les Annales du Disque-monde).

Aussi, en démarrant l'adaptation en (mini)série d'Amazon de 2019, mes espérances étaient-elles encore plus hautes. Les deux rôles principaux revenaient en effet à deux de mes acteurs favoris, David Tennant (Doctor Who) et Michael Sheen (Masters of Sex).

Soit dit en passant, les deux acteurs - amis dans la vraie vie - ont aussi brillé ensemble dans la courte série décalée Staged, que je vous recommande plus que chaudement.

Hélas, livre comme série m'ont légèrement déçu, la faute à ces espoirs un peu trop hauts placés, la fin me laissant sur un léger goût de « trop peu ».

Attention, que cela soit clair : j'ai aimé Good Omens sous toutes ses formes (d'où cette chronique dédiée), mais j'attendais pour ma part quelque chose d'encore plus fou et d'encore plus marquant. Rentrons dans le détail…

Démons et merveilles

Composée de seulement six épisodes, Good Omens se déroule principalement à notre époque. Il est question d'y suivre deux personnages : l'ange Aziraphale et le démon Rampa (nommé Crowley en VO). Si à première vue, tout semble les opposer, depuis plusieurs milliers d'années, ces êtres immortels sont en fait « meilleurs ennemis », comprenez des amis qui ne s'assument pas trop. Alors, quand l'Apocalypse arrive et que l'Antéchrist disparaît, ils vont décider de s'allier pour tenter d'empêcher la fin du monde…

Good Omens © Prime Video

Et c'est tout ce que je pourrai dire sur le scénario de cette coproduction américano-anglaise signée BBC et Prime Video . Sachez juste que comme souvent avec Neil Gaiman, d'autres entités connues sont de la partie, incarnées par de solides acteurs et actrices (y compris les voix de Frances McDormand et Benedict Cumberbatch).

« Good Omens est une œuvre bourrée d'une personnalité et d'une âme que seuls Pratchett et Gaiman pouvaient lui insuffler »

Intégralement réalisée par Douglas Mackinnon, un habitué de Doctor Who notamment, mais adaptée et écrite par Neil Gaiman lui-même (avec la bénédiction de son compère, feu Terry Pratchett, avant son décès), Good Omens respecte assez logiquement bien le roman original, dont elle hérite d'ailleurs globalement les qualités et les défauts.

Outre son histoire assez atypique, qui emprunte régulièrement des directions improbables, souvent très anglaises et typiques de l'écriture croisée de Pratchett et Gaiman, le cœur du show est bien évidemment son duo principal.

Good Omens © Prime Video

Tennant et Sheen cabotinent à la perfection dans leur rôle taillés sur-mesure, et leur bromance cachée est un délice à suivre. Aziraphale, tout en gêne et en retenue, ne sait pas toujours comment réagir à la flamboyance et à la malice de Rampa, qui s'en amuse encore plus. Difficile par moments de ne pas penser à certains des meilleurs passages et dialogues de la série Lucifer, dont le personnage éponyme vient d'ailleurs d'un comics signé… Neil Gaiman.

Marie Ange Pardi

Les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment ceux incarnés par Jon Hamm et Adria Arjona. J'attendais en revanche un peu mieux pour les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, mais me revoilà à vous en dire un peu trop sur le scénario.

Good Omens © Prime Video

Good Omens est une série bourrée d'une personnalité et d'une âme, que seuls Pratchett et Gaiman pouvaient lui insuffler. Elle est pourtant de ces œuvres qui divisent le publics : il faut en effet être client d'un certain humour et d'un certain style décalé pour l'apprécier, au risque de rester totalement imperméable à la proposition.

Cohérente dans son ensemble, quelques épisodes supplémentaires auraient tout de même pu lui permettre de développer davantage ses personnages et son univers fantasques pour être plus mémorable encore.

Good Omens © Prime Video BBC

Aussi, les chances que vous ressortiez de cette série mitigé, comme moi, ou que vous soyez totalement conquis sont probablement équivalentes. Quel que soit le résultat, il n'y a qu'un seul moyen de le savoir : regardez (et/ou lisez) Good Omens.

Cette série est pour vous si :
- Vous aimez les histoires un peu perchées et les amitiés improbables
- Vous recherchez une série courte
- Vous appréciez les jolis casting qui s'amusent
Cette série n'est pas pour vous si :
- Vous n'aimez pas la fantasy décontractée
- Vous préférez vos séries plus longues et avec plusieurs saisons
- Vous êtes allergique à l'humour anglais

L'unique courte saison de Good Omens est disponible sur Prime Video .

Modifié le 26/06/2021 à 15h16
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