Version plus abordable (159 euros) d’un casque qui brillait déjà par son rapport performances/prix, le Nothing Headphone (a) s’attaque à un marché milieu de gamme dynamique, mais qui n’a pas trouvé de réel champion. L’occasion, après l’ovni CMF Headphone Pro, de s’engouffrer dans la brèche des modèles à moins de 200 euros ?

Très proche du Nothing Headphone (1) en apparence, le Headphone (a) fait avant tout des concessions sur la forme. Exit le côté premium avec coques en aluminium, ce nouveau casque Bluetooth revient à plus de simplicité, pour se concentrer sur le reste. Réduction de bruit active poussée, bonne qualité sonore, et surtout une expérience utilisateur intacte. Sur le papier, il a tout pour lui.

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- Son puissant mais maîtrisé
- Contrôles complets et intuitifs
- Autonomie incroyable
- Égaliseurs paramétriques
- Triple connectivité (Bluetooth, USB Audio, jack)
- De petites inconsistances dans les aigus, pas un niveau de détail incroyable
- Isolation active correcte, mais perfectible
- Avance/retour rapide pas toujours fonctionnel
- Pas compatible LE Audio
Ce que disent nos mesures : compromis et bonnes performances
Propulsé par un transducteur maison de 40 mm avec membrane revêtue au titane, le Nothing Headphone (a) est un casque qui reprend une partie de la recette de son aîné, sans les réglages made by KEF. Notre mesure de la réponse en fréquences montre des basses et bas-médiums placés en avant par rapport aux médiums, et des aigus expressifs sans pic trop marqués.
Caractéristique cruciale pour un casque moderne, l’isolation phonique se montre quant à elle correcte mais perfectible à la mesure, avec une dimension active (s’exprimant jusqu’à 1 kHz) dans la moyenne des modèles de milieu de gamme. Le constat est le même concernant le mode transparence, qui est assez précis mais décroche de plus en plus à partir des aigus.
S’il faut retenir un atout majeur concernant le casque, ce serait incontestablement son endurance, annoncée à 75 h avec ANC et 135 h sans ANC, chiffres confirmés par nos tests.
À l’écoute : du plaisir et quelques écarts
Clairement pas neutre mais pas déréglé, le son délivré par le Nothing Headphone (a) n’a rien d’audiophile, mais il parvient à concilier puissance et polyvalence. Flirtant parfois avec les excès sans jamais s’y adonner, le casque gonfle le registre basseux sans tenter le diable, et ajoute çà et là des petits pics et creux dans les aigus.
Puissant et plutôt percutant, il n’est pas le plus nuancé des casques nomades, mais trouve tout à fait sa place face à des acteurs comme l’Accentum Plus de Sennheiser ou le Sony ULT Wear. Techniquement parlant, il lui manque sans doute un petit quelque chose pour vraiment tirer son épingle du jeu. Les oscillations dans les fréquences impactent en partie sa dynamique ainsi que l’ampleur de la scène sonore qu’il propose, très bonnes mais pas au-dessus du lot.
Moins bon qu’un Headphone (1) ? Pas forcément. En effet, ce dernier est un peu trop oscillant dans les aigus par défaut, ce qui génère quelques inconsistances. Le Headphone (a) n’est pas forcément plus cohérent d’un point de vue général, mais il plaira davantage à une partie des utilisateurs. À l’oreille, le son distillé est un peu plus rond, moins brillant, moins agressif à haut volume.
Réponse en fréquence : nos mesures
Le Nothing Headphone (a) affiche des mesures paraissant assez étranges, mais donnant un bon résultat en pratique. Ici, nous constatons une mise en avant du bas du spectre par rapport aux médiums, mais pas réellement par rapport aux aigus. Cela donne cette sonorité puissante mais pas sourde. Côté aigus, on remarque que Nothing n'a toujours pas réglé le côté très oscillant du précédent casque.
Comme toujours, notre test du casque audio s'est avant tout déroulé plusieurs jours avant que nous fassions les premières mesures (afin de ne pas être influencés par ces dernières). Nous avons ici testé l'appareil sur un Samsung Galaxy S25 Ultra, un iPhone SE, ainsi qu'un ordinateur portable Lenovo Legion pour la connexion Bluetooth multipoint, et en tant qu'interface filaire.
Pour en savoir plus sur notre protocole de test, consultez le lien ci-dessous.
Comme pour les autres créations audio récentes de Nothing/CMF, l’ajout d’un égaliseur paramétrique, dont les profils s’importent et s’exportent facilement, change clairement la donne. Nous avons pu, avec un peu de travail, bâtir une signature bien plus naturelle sans museler les basses.
Réduction de bruit, transparence et kit mains libres : pas trop de compromis
Typique d’un casque de milieu de gamme concernant l’isolation phonique, le Nothing tente visiblement de ne pas faire trop d’ombre à son grand frère.
En pratique, l’isolation active est suffisamment prononcée pour s’accommoder de toutes les situations. De plus, l'isolation passive est très marquée, ce qui se ressent largement sur les sons agressifs (aigus). Malgré tout, difficile d’être pleinement charmé. En l’état, les 20 dB voire 25 dB d’atténuation dans les basses/médiums ne sont pas négligeables, mais quelques dB derrière le Headphone (1), lui-même un bon cran derrière les meilleurs. Il ne faut donc pas demander au Headphone (a) d’atténuer complètement les ronronnements de moteurs ou le bruit de la ville.
Acceptable, le mode Transparence ne va lui aussi pas jusqu’au bout de ses idées, sans doute à cause de l’atténuation passive très prononcée dans les aigus. Naturel avec la plupart des sons, ce mode accuse une baisse notable dans les hautes fréquences, d’où un environnement sonore voilé, bien que là-aussi dans la moyenne de ce qui se fait ailleurs.
Étonnamment, le kit mains libres est d’une certaine façon plus performant que celui du Headphone (1). Si la captation vocale est très moyenne, marquée par une exagération des sons sifflants, l’intelligibilité reste présente, même en environnement bruyant. Quelques bruits de fond demeurent, mais la voix, certes altérée, est presque toujours audible.
Réduction de bruit : nos mesures
Assez régulière dans les basses et médiums, l'isolation phonique du casque ne dépasse pas 20 dB dans ce registre, ce qui est assez bon mais pas impressionnant. De son côté côté, l'isolation passive est présente dès les bas médiums, ce qui est plutôt rare. Enfin, le retour sonore parvient à bien se comporter jusqu'à 2 kHz, d'où un suivi proche des 0 dB. Au-delà, on remarque la nette baisse (atténuation de plus de 15 dB).
Construction, confort et expérience utilisateur : l’expérience Nothing, le premium en moins
Bien qu’esthétiquement proche du premier casque de la marque, le Headphone (a) ne possède pas le statut d’objet premium de son aîné. Les lignes sont atypiques dans le bon sens du terme et l’exécution des plus sérieuses, mais tout ici est fait de plastique rutilant (excepté les branches métalliques) très sensible aux traces de doigts. Les adeptes de couleurs se réjouiront néanmoins, puisque l’appareil se décline, en plus des modèles gris et noir, version rose pâle et même jaune, nuance qui rappelle une version des Ear (a).
Beau mais pas luxueux, le casque n’a pas à rougir face à des produits plus dispendieux. L’assemblage est excellent, l’arceau est suffisamment souple, la densité de l’ensemble procure une certaine confiance, et nous avons même droit à une certification IP52, encore assez rare dans le milieu casqué.
Côté confort, notre expérience s’est révélée très positive. Malgré ses 310 g, l’appareil ne génère aucune pression sur le sommet du crâne, et le niveau de serrage n’est pas excessif. Tout n’est toutefois pas parfait : les coussinets sont peu respirants et pas très souples.
L’expérience utilisateur au sens large reste votre critère numéro 1 ? Clairement, Nothing est au-dessus de la mêlée. Au-dessus de la mêlée sur les commandes tout d’abord, puisque le constructeur reprend à peu près à l’identique le trio bouton + molette cliquable + paddle du Headphone (1). La molette assure de façon parfaitement intuitive la lecture/pause, le basculement entre les modes ANC, et le contrôle du volume ; le paddle complète le tout en se chargeant de la navigation, y compris l’avance rapide sur certaines applis ; et le bouton (placé sur la face extérieure) enrichit l’expérience en prenant en compte des fonctions avancées : assistant vocal, déclenchement de l’appareil photo, basculement entre plusieurs égaliseurs, etc. Seul point noir, la fonction avance/retour rapide est assez inconstante. Celle-ci ne marche pas avec toutes les applications musicales/vidéo, et connait des ratés même sur les applications compatibles.
Nothing X est tout aussi richement loti. Outre les réglages ergonomiques de circonstances, Nothing va très loin sur le concept de personnalisation sonore. On retrouve ainsi un égaliseur à trois bandes très intuitives, mais surtout un égaliseur paramétrique 8 bandes, qui, comme nous le précisons plus haut, peut littéralement transformer la signature sonore. Cerise sur le gâteau, l’onglet Explorer permet de tester des présélections (d’égalisation) créées par des spécialistes et par la communauté. Même Sony ne va pas aussi loin avec son WH-1000XM6.
Enfin, la connectivité est dans la veine des produits modernes, et même un peu plus. Si l’absence de LE Audio est regrettable en 2026, il faut saluer la compatibilité Fast Pair, Multipoint, et la prise en charge du codec LDAC de Sony. Pour ne rien gâcher, la dimension filaire est présente, à la fois en USB (lossless donc) et en analogique via l’entrée jack 3,5 mm.
Autonomie : le GOAT
Oui, l'autonomie des casques Bluetooth modernes est, sauf exception, plus que suffisante dans l’immense majorité des cas, mais il est toujours intéressant d’avoir à faire à des produits repoussant les limites.
À ce petit jeu, le Nothing Headphone (a) explose tous les compteurs, et se classe sans aucune discussion comme la création nomade la plus endurante du marché. Annoncée à 75 h avec ANC, l’autonomie est en pratique de 80 h avec nos tests. Nous n’avons même pas eu le temps de terminer notre expérience sans ANC, mais celle-ci devrait largement atteindre les 135 h promises. En somme, l’équivalent de presque une semaine d’écoute en continu. Encore plus fort, 5 min de charge sont suffisantes pour apporter 8 h de fonctionnement.
À qui s’adressent vraiment le Nothing Headphone (a)
Pas parfait partout, pas le meilleur sur l’isolation phonique ni le plus moderne sur le Bluetooth, le Nothing est un produit à part, parfaitement adapté aux utilisateurs suivants :
- Ceux qui sont sensibles aux designs atypiques mais réussi
- Les amoureux de son puissant mais maîtrisé
- Les utilisateurs privilégiant une ergonomie aussi complète qu’intuitive
Nothing Headphone (a) : l’avis de Clubic
Sans être une claque absolue, le Nothing Headphone (a) est un casque très convaincant. Agréable sur la forme, performant sur le fond, il ne traîne pas avec lui d’immenses défauts, et parvient, tout en étant bien plus abordable, à adopter une grande partie des bonnes idées du premier Headphone (1), notamment ses lignes atypiques et son ergonomie complète et intuitive.
Si techniquement ce modèle ne règne pas forcément sur le milieu de gamme, il coche à peu près toutes les cases. L’isolation phonique pourrait être plus poussée mais reste largement dans la moyenne, le kit mains-libres n’est pas parfait mais utilisable, la puce Bluetooth n’est pas compatible LE Audio mais la connectivité en générale est très poussée. L’atout incontestable du casque vient finalement de son autonomie, stratosphérique. Le son n’est pas en reste, avec des réglages expressifs et une base technique à la hauteur. Un casque nomade très solide donc.
- Son puissant mais maîtrisé
- Contrôles complets et intuitifs
- Autonomie incroyable
- Égaliseurs paramétriques
- Triple connectivité (Bluetooth, USB Audio, jack)
- De petites inconsistances dans les aigus, pas un niveau de détail incroyable
- Isolation active correcte, mais perfectible
- Avance/retour rapide pas toujours fonctionnel
- Pas compatible LE Audio
Les meilleures alternatives au Nothing Headphone (a)
Modèle haut de gamme légèrement vieillissant, le Momentum 4 se trouve à présent à un tarif abordable. Endurant et doté d’une qualité sonore supérieure à celle du Headphone (a), il reste un peu moins ergonomique et moins complet que ce dernier.
Lui-aussi casque haut de gamme vieillissant, dont le prix a largement baissé, ce Bose est extrêmement confortable et doté d’une impressionnante isolation phonique, mais affiche une autonomie bien plus faible, et une ergonomie plus datée.
- Autonomie bien au-dessus de la concurrence
- Qualité sonore
- Bonne isolation