Blood Omen : Legacy of Kain, le saigneur du troupeau !

Virgile Rasera
Spécialiste Gaming
08 novembre 2020 à 10h10
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Cette semaine, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir l'un des titres les plus sombres et ensorcelant de la première PlayStation de Sony, l'inoubliable Blood Omen : Legacy of Kain de Silicon Knights et Crystal Dynamics. Un chef d'oeuvre qu'aucune de ses suites n'a jamais égalé. Pas même Soul Reaver !

Aux antipodes de la bataille des téraflops, de la 4K et des 60 fps, NEO·Classics vous propose un retour vers les origines du jeu vidéo. Du titre 2D en gros pixels au moins lointain jeu à la 3D hésitante, cette chronique vous invite à (re)découvrir les pépites vidéoludiques qui ont ouvert le monde au 10ème art...

2D's not dead !

En 1996, j'ai alors 15 ans, et la PlayStation vient à peine de débarquer sur le marché européen avec ses promesses de jeux plus adultes et de polygones en pagaille. Un certain Resident Evil fait d'ailleurs alors figure de porte étendard de cette nouvelle génération de titres mêlant mise en scène cinématographique et représentation en 3D d'un réalisme encore jamais vu. Il se dit alors que le jeu vidéo est en train de passer à l'âge adulte et qu'il finira par se détourner de la 2D, inexorablement.

C'est évidemment sans compter sur l'inventivité d'un certain nombre de studios qui donneront tort aux prêcheurs de la modernité triomphante. Parmi ceux-là, le studio Silicon Knights qui mûrit un projet de jeu d'aventure depuis quelques années déjà, Blood Omen : Legacy of Kain, et qui verra donc le jour en cette année 96, la même que le phénomène signé
Capcom. Un titre en bonne vieille 2D, vue du dessus, une sorte d'anti-Zelda d'une noirceur absolument inédite sur console de salon.

La 2D du jeu a beaucoup plus mal vieilli que dans mes souvenirs

Mon frangin et moi jetons notre dévolu sur ce titre à la lecture des tests élogieux parus dans la presse de l'époque. La critique de Joypad, dont nous sommes de fidèles lecteurs à l'époque, attire en effet notre attention sur celui-ci et la promesse d'incarner un vampire en quête de vengeance dans un monde courant à sa perte nous décide à mutualiser nos économies pour investir dans la précieuse galette.

« Rien n'est donné... pas même la vengeance »

Et dès les premières minutes du jeu, nous sûmes que nous avions fait le bon choix. Le petit noblion que nous incarnons, s'arrêtant dans une auberge pour y passer la nuit, se voit contraint de tourner les talons face au refus du taulier de lui accorder l'hospitalité et trouve la mort sitôt passée la porte de l'établissement, après qu'une bande de coupe-jarrets l'eût attaqué. Cette scène, nous l'avons rejouée des dizaines de fois pour tenter d'y survivre le plus longtemps possible et je dois dire que nous n'avons pas démérité !

La fameuse scène d'ouverture au cours de laquelle Kain se fait trucider

Mais impossible de déjouer les plans de la faucheuse, l'heure de notre arrogant chevalier à l'armure immaculée a sonné et le voilà qui s'éveille au bord d'un précipice surplombant une mer de feu. Un nécromancien, Mortanius, lui propose de refuser la mort en devenant vampire pour ainsi avoir l'opportunité de se venger de ses assassins (et de cet ingrat d'aubergiste).

Ce qu'il fera bien évidemment sitôt sorti de sa crypte avant d'apprendre que ses meurtriers n'étaient en réalité que les exécutants d'un mystérieux commanditaire. S'ensuit alors une longue quête qui conduira Kain à traquer et tuer les neufs sorciers régnant sur Nosgoth pour finir par lever le voile sur une machination dont il n'aura été qu'un pion docile.

« Hors de ma vue paysan ! La puanteur des champs t'entoure tel un voile ! »

Pour les ados que nous sommes à l'époque, Blood Omen : Legacy of Kain
est une sorte d'outsider subvertissant les codes d'à peu près tous les jeux d'aventure auquel nous avons été biberonnés jusqu'alors. Ici pas de princesse et de royaume à sauver, de gentils villageois à secourir, de hauts faits méritant les louanges, bref pas d'héroïsme désintéressé et de bons sentiments.

L'ambiance crépusculaire qui règne sur Nosgoth ne laisse jamais place à une quelconque éclaircie. Les ténèbres règnent ici bas et Kain n'a aucune
intention de les dissiper. Notre anti-héros poursuit implacablement sa quête de vengeance et occit quiconque se met sur sa route. Et cela commence par le premier grouillot venu, vidé de son sang pour retrouver la vitalité perdue au combat. Kain n'a pas d'ami, il n'a que des ennemis et des occasions de rassasier sa soif d'hémoglobine.

Kain n'est pas du genre à faire dans la dentelle

Au fil de sa quête, le noble déchu rencontrera toute une galerie de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres et passera au fil de son épée une bonne partie d'entre eux. Malek le soldat maudit emprisonné dans son armure ; Vorador le vampire décadent devenu complètement fou ; Mortanius le nécromancien machiavélique ; Guillaume le Juste menant la Némésis, redoutable armée déferlant sur Nosgoth ; sans oublier les neuf sorciers ivres de puissance régnant sur Nosgoth.

Bref, on est très loin des grands poncifs du jeu d'aventure auxquels nous
ont habitués tant de titres du genre sortis sur les précédentes générations de consoles. En dehors des personnages d'Ariel et du roi Ottmar, tous les protagonistes de l'histoire rencontrés par Kain sont tantôt fous, tantôt manipulateurs, tantôt assoiffés de pouvoir, et le plus souvent les trois à la fois.

« Vae Victis ! »

Vampire de son état, Kain peut évidemment compter sur des capacités hors du commun, des sorts dont il fera l'apprentissage au fil de sa quête
de vengeance. Ils sont au nombre de 13 et lui confèrent des habilités aussi bien offensive que défensive, telles que la possibilité de prendre possession du corps d'une créature, de lever une barrière magique l'immunisant aux projectiles, de lancer des éclairs, d'ensorceler ses ennemis pour qu'ils s'entretuent, d'absorber le sang de plusieurs opposants d'un seul coup, et autres joyeusetés du même acabit.

Bien entendu, sa puissance grandissante repose aussi sur l'équipement de
plus en plus redoutable sur lequel il mettra la main, donjons après donjons, boss après boss. Jusqu'à obtenir la fameuse épée "Soul Reaver", l'éclateuse d'âmes, arme la plus puissante de Nosgoth. Mais je me souviens que mon petit frère et moi avions une affection toute particulière pour une combinaison absolument dévastatrice : les deux haches associées à l'armure de chair.

L'écran d'inventaire de Kain (qui porte justement l'armure de chair et les haches)

Les premières peuvent déclencher une attaque spéciale durant laquelle
Kain tournoie sur lui-même tel une toupie meurtrière, tandis que la
seconde absorbe le sang ainsi libéré par les victimes de ce macabre
ballet. Une association qui pouvait parfois donner lieu à de véritables massacres de masse provoquant de monstrueux ralentissements, tant le nombre de victimes était grand. Ah quel merveilleux et émouvant spectacle…

Bref, dans sa structure, Blood Omen : Legacy of Kain est finalement un jeu
d'aventure tout ce qu'il y a de plus classique mais se distingue là encore du reste des productions du genre par la noirceur et la cruauté des instruments de mort qu'il met à notre disposition.

«Nous sommes des dieux maléfiques et il nous appartient de réduire le troupeau»

Au terme de sa quête, devenu l'un des neufs piliers de Nosgoth et le garant de l'équilibre du monde, Kain se verra proposé deux choix par Ariel : la délivrance de sa condition de créatrure de la nuit, autrement dit la mort, libérant dans le même temps Nosgoth du joug des puissances sombres; ou vivre éternellement et embrasser sa nature de vampire en asservissant le royaume.

Le joueur est ainsi libre de décider du sort de Nosgoth et je mettrai ma main à couper que, comme mon frère et moi, la plupart des joueurs de l'époque a choisi de saigner le royaume. C'est d'ailleurs l'hypothèse retenue par Silicon Knights puisque c'est à partir de cette conclusion là que le studio a par la suite développé l'univers de la licence.

Mais comment nous en vouloir d'avoir opté pour ce choix quand le jeu nous a si longuement installé dans une ambiance d'inéluctable fin du
monde ? Blood Omen : Legacy of Kain a profondément marqué ma mémoire de joueur en grande partie grâce à cette atmosphère sinistre et désespérée régnant d'un bout à l'autre du jeu. Une réussite que le titre doit d'ailleurs aussi à ses compositions musicales, grandioses et lugubres, signées Steve Henifin et Scott Shelly.

Après l'excellent Soul Reaver, la licence ne connaîtra malheureusement
plus jamais la gloire. Et c'est bien dommage car celle-ci est riche d'un univers et de personnages forts qu'on aimerait terriblement voir revenir. Et pourquoi pas un remake du Blood Omen originel ? On peut toujours rêver après tout !

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