Fukushima : là où les êtres humains ont disparu, la faune s’est largement développée

12 janvier 2020 à 15h15
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Fukushima faune
Crédit : Université de Géorgie

Une vaste étude menée par des scientifiques en a fourni la première preuve : malgré la contamination radiologique qui sévit, de nombreuses espèces prospèrent.

Cela fait près d'une décennie que la région de Fukushima a été victime d'un terrible accident nucléaire. La contamination qui en a logiquement résulté a forcé des milliers de Japonais à abandonner leur domicile.

Plus de 20 espèces différentes prospèrent

L'université de Géorgie a pu mener cette étude en utilisant des caméras, distillées aux quatre coins de la zone d'évacuation de Fukushima. Au total, pas moins de 267 000 photos ont été récoltées en 120 jours. Et les résultats ont de quoi impressionner, puisqu'une vingtaine d'espèces d'animaux différentes ont été identifiées à travers la région.

106 sites ont été retenus pour le placement des appareils des scientifiques, situés à la fois dans les zones au niveau de contamination le plus élevé et au niveau intermédiaire (où la présence humaines est restreinte et soumise à un réglementation stricte), mais aussi dans la zone habitable sous certaines conditions. Cela a permis de dresser un panorama relativement fidèle de la faune et de la flore qui s'est développée depuis 2011.

Les chercheurs en charge du projet ont ainsi pu identifier des faisans, des renards, des chiens viverrins, des lièvres japonais, des macaques et surtout des sangliers. La démographie de ces derniers, qui se retrouvent généralement en conflit avec l'Homme, auraient largement augmenté en l'absence d'activités humaines. 46 000 images de sangliers ont été retenues, dont 26 000 dans la zone totalement inhabitée. Fait intéressant, leur population croît en fonction de la dangerosité de la zone, avec 13 000 individus recensés dans les zones restreintes et 7 000 individus dans les secteurs habitables.



Fukushima, derrière le spectre de Tchernobyl

Cette étude répond à la fois à de nombreuses interrogations des chercheurs, mais également du public. Les scientifiques réaffirment néanmoins qu'il ne s'agit là que de photographies (et vidéos), et qu'aucune conclusion sur la santé des animaux ne peut être dressée. Ces données représentent cependant une nouvelle approche des populations animales résidant dans des milieux contaminés par le nucléaire : au lieu de s'intéresser à un individu seul, on y cherche désormais des effets sur une population entière.

Selon la conclusion de l'étude, la principale notion à retenir est que l'activité de l'Homme était, une fois de plus, le facteur d'un déclin important de populations animales. Cela se conjugue avec l'altitude et le type d'habitat, qui influenceraient davantage le rang démographique d'une espèce que le niveau de rayonnement radioactif.

La majorité des comportements étudiés, à travers le nombre impressionnant de photographies récoltées, est en adéquation avec les schémas comportementaux traditionnellement observés. Quelques différences sont à noter toutefois  le sanglier, par exemple, est relativement plus actif pendant la journée dans la zone inhabitée que dans celle habitable. Le Capricornis crispus (Saro du Japon, une sorte de chèvre), vivant habituellement éloigné des humains, a pour sa part été principalement aperçu dans les zones habitables, non loin des lieux d'occupation.

Pour les chercheurs, il pourrait s'agir d'un ajustement comportemental développé pour éviter les sangliers, dont le nombre a augmenté dans la zone inhabitable...

Source : Phys.org
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