Freaks : dessine-moi un mutant

03 octobre 2020 à 11h11
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Pour cette nouvelle chronique, notre héroine du jour n'est pas flic, ni geek et encore moins aventurière mais une petite fille qui aime les glaces au chocolat. Ah j'oubliais, elle possède aussi des pouvoirs spéciaux. Bienvenue chez les Freaks.

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

Freaks (2018)

de Zach Lipovsky et Adam B. Stein 

Le fantastique n'est plus réservée aux blockbusters de studios et aux grosses machines commerciales et depuis plusieurs années le cinéma indépendant se penche de plus en plus vers le genre. C'est un vrai bonheur pour le cinéphage gourmand que je suis puisque l'offre n'a jamais été fournie qu'aujourd'hui.

Freaks fait partie de ces "petits" films mystérieux qui aurait pu passer sous le radar du plus grand nombre s'il n'avait pas fait sensation dans différents festivals prestigieux dédiés au cinéma de genre.

C'est aussi peut-être pourquoi le distributeur a fait le choix malheureux d'une affiche très Stranger Things pour appâter le chaland. Mais ne vous y perdez pas, Freaks n'est pas un énième hommage au cinéma des eighties mais une vraie proposition de cinéma.

"Il faut que tu mentes pour être normale."

Chloé a 7 ans. La petite fille semble s'ennuyer dans sa maison et regarde par la fenêtre le camion de glaces qui stationne sur le trottoir d'en face. Elle est pourtant vite reprise par son père, Henry avec qui elle vit seule, qui calfeutre immédiatement la pièce et rappelle son enfant à l'ordre sur le danger qui rode à l'extérieur et qui a tué sa mère il y a plusieurs années.

La petite va ensuite répéter avec son paternel les indications qu'elle devra donner plus tard sur sa nouvelle identité, sa famille fictive et une vie qui semble loin d'être la sienne. Et pour cause ! Chloé serait différente des autres enfants.

On ne sait pas très bien en quoi pour le moment mais déjà on ressent un malaise. La maison est délabrée, les murs cradingues sont baignés dans une lumière jaunâtre oppressante. C'est un environnement tout sauf adapté à une enfant qui rêve de princesses et de licornes. La relation entre père et fille est tout aussi dérangeante, parfois brutale face à un danger qui semble irréel.

© Lonesome Bear

"Tu as ouvert la porte, on aurait pu se faire tuer."

La situation pour nous autres spectateurs ne va pas aller en s'arrangeant puisque Cholé a effectivement une particularité : elle voit des personnes apparaitre dans la pièce sordide qui lui sert de chambre. Une jeune femme enchainée vient rendre visite à la pauvre petite… puis une jeune voisine s'invite au beau milieu de la nuit. Le père, lui, préfère ne pas en tenir compte.

Il est de toute façon bien trop occupé à protéger sa progéniture et effectivement le monde extérieur semble bien dangereux ; à l'occasion d'un ravitaillement l'homme revient avec une balle dans le ventre en plus de son caddie plein.

Les deux réalisateurs s'amusent durant tout le premier arc à brouiller les pistes. Henry est tour à tour présenté comme un père aimant puis au détour d'un plan devient un homme paranoïaque aux comportements violents. Bref, le spectateur est toujours un peu perdu et pris au piège dans cette maison étouffante – mais on s'accroche.

"Hé, tu sais, tu n'est pas obligée de faire absolument tout ce que ton père te dit."

La pression s'accumule jusqu'au point où c'en est trop pour notre Raiponce en culottes courtes… qui va finir par ouvrir cette fichue porte d'entrée et aller enfin chercher son cône glacé tant désiré.

Le vieux marchand semble sympathique mais aussi très renseigné sur l'identité de la petite et ses facultés exceptionnelles ; la poussant dans ses retranchements il révèlera le mystère : la gamine est télépathe et peut contrôler par la pensée les personnes qu'elle croise. Elle saigne d'ailleurs des yeux quand elle utilise son pouvoir, une caractéristique que partagent les "monstres" comme les appellent le reste de la population.

En parallèle les metteurs en scène lèvent le voile sur les évènements qui ont amené les forces de l'ordre à traquer, enfermer ou massacrer les augmentés s'ils font usage de leurs capacités.

© Lonesome Bear

"Ça ne fait rien, tu n'as pas à comprendre. Enfin tu n'as que 7 ans nom d'un chien !"

À cet instant le récit bascule. Chloé sait donc désormais qui elle est réellement et saisit vite qu'elle ne sera jamais tranquille dans cette société qui la considère comme une menace.

Le film va alors prendre un tournant inattendu. Au lieu de subir les évènements, Chloé va nous faire une grosse colère et entrer en résistance contre le monde extérieur, la police et tous ceux qui voudront l'empêcher de vivre une vie à peu près normale.

Les réalisateurs vont user habilement des pouvoirs de la gamine et des autres personnages augmentés pour créer des scènes d'un gore assumé, surprenant et (presque toujours) inventif.

"Et si jamais quelqu'un vient nous embêter, je trouverais bien un moyen de le stopper."

"On a déjà vu cette histoire, ça s'appelle les X-Men", me répondrez-vous surement dans les commentaires. Oui, vous n'avez pas tort mais Zach Lipovsky et Adam B. Stein ne se contentent pas de reprendre le concept des mutants introduit par Marvel.

Ils lui font prendre un pas de côté pour arriver à une conclusion intime et boulversante. Peu importe ses pouvoirs, Chloé ne cherche au final qu'à avoir une maman et un foyer, quitte à traverser les pires épreuves et à pleurer de nombreuses larmes de sang pour y arriver.

En attendant une suite, puisque cet univers mérite vraiment d'être prolongé dans un autre film ou dans un comics, je vous invite à percer les nombreux mystères de Freaks et à vous plonger dans cette petite perle de fiction !

Freaks est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD chez Lonesome Bear.

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