Ready Player One : la pop-culture sauvera le monde

11 juillet 2020 à 11h11
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Avant d’aller prendre le large pour un repos bien mérité, votre chronique vous emmène dans l’Oasis, un espace virtuel où tout est possible et où pourrait bien se jouer la survie de notre imaginaire. Oui, rien que ça !

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

Ready Player One (2018)

De Steven Spielberg

L’été est enfin arrivé et va nous permettre de changer d’air après plusieurs mois particulièrement difficiles à vivre. L’été c’est aussi une période faste pour le cinéma qui voit les salles inondées de blockbusters américains. Comme vous peut-être, c’est une période que j’attends chaque année avec impatience pour aller découvrir ces grands spectacles et vibrer entre copains.

Seulement cette année l’été sera bien morne et les sorties tant désirées ne seront pas dans les salles avant plusieurs mois, voire l’année prochaine. C’est donc l’occasion idéale donc pour se replonger dans les grands films passés comme Ready Player One, le dernier film en date de Steven Spielberg et probablement l’un des spectacles les plus novateurs et généreux vus sur les écrans la décennie dernière.

« Les gens viennent dans l’Oasis pour faire ce qu’ils veulent mais ils y restent pour être ce qu’ils veulent. »

Ready Player One est l’adaptation du célèbre roman du même d’Ernest Cline et commence à peu près de la même manière. On y rencontre Wade Watts, jeune homme de 18 ans qui vit à Columbia, dans l’Ohio chez sa tante et son compagnon à la suite du décès de ses parents.

Le récit se déroule en 2045, dans un monde ravagé par les guerres, le dérèglement climatique ou encore les crises financières, soit un avant-goût de ce qui nous attend si nous ne réagissons pas très vite. La plupart des habitants vivent modestement dans les piles, des mobil-homes disposés les uns au dessus des autres et qui forment des tours d’habitation que s’amuse à descendre notre héros de niveau en niveau, comme on le ferait dans une partie de Donkey Kong.

Pour oublier ce quotidien morose et déprimant, les habitants de la planète se réfugient dans l’Oasis, une plateforme de réalité virtuelle créée par le regretté James Hallyday, un créateur de jeux vidéos fantasque au look adolescent bloqué dans les années 80 qui a amassé une colossale fortune avec son produit phare. Bon, plongeons maintenant dans l’Oasis, c’est quand même pour ça que nous sommes venus, non ?

© Warner Bros Pictures

« Non pas la moto, oublie la moto, la fille…j’crois que c’est Artemis. »

L’Oasis est une sorte de jeu vidéo géant où les joueurs peuvent prendre l’avatar de leur choix, bien souvent inspiré par la pop-culture. C’est le premier jeu que Spielberg nous propose, celui de repérer chaque référence cachée dans le moindre plan. Vous rêviez de voir Duke Nukem dans un fight avec Freddy Krueger ? Robocop qui taille tranquillement le bout de gras avec Lara Croft ? Batman grimper l’Everest ? Les combinaisons sont infinies et les spectateurs les plus attentifs auront à coeur de trouver 100% des clins d'oeil disséminés dans le film.

Voilà pour la toile de fond mais vient le temps de la première épreuve. En effet James Hallyday, avant sa mort, a caché un easter egg dans l’Oasis et chaque joueur doit accomplir trois défis pour le retrouver et prendre le contrôle de cet univers virtuel. Wade, ou Parzival dans le jeu, est l’un des joueurs les plus désireux de mettre la main sur l’objet tant convoité.

La première épreuve est une course de voitures dans une ville peuplée de dangers et de créatures provenant de la pop-culture. Et dès les premières secondes, Spielberg montre qu’il reste le maitre incontesté de la mise en scène avec l’une des séquences les plus folles et inventives vues sur grand écran. La caméra virevolte avec aisance entre les véhicules, passe sous la patte d’un T-Rex avant de revenir dans l’habitacle de la Delorean de Parzival en un seul mouvement. C’est ébouriffant… même après six visionnages.

« Mon avatar aura l’easter egg car je suis le seul à avoir une paire de couilles pour tenir la boutique. »

C’est aussi lors de cette course que Parzival rencontrera Artemis, une compétitrice intrépide qui tapera dans l’oeil de notre héros. Les deux joueurs comprendront très vite qu’il sera utile de mettre leurs connaissances à profit pour arpenter le dédale mis au point par James Hallyday et trouver l’easter egg avant qu’il ne tombe dans de mauvaises mains.

Car vous le savez, pas de bonne aventure sans bon vilain et celui qui nous intéresse ici s’appelle Nolan Sorrento, PDG de Innovative Online Industries (IOI). Le businessman veut lui aussi mettre la main sur l’easter egg pour transformer l’Oasis en plateforme commerciale, transformant les environnements en panneaux publicitaires et les joueurs en clients, voire en esclaves s’ils ne peuvent pas rembourser leurs dettes à la société.

Steven Spielberg en profite pour donner une gifle à l’industrie hollywoodienne, en particulier Disney et Warner, pourtant productrice du film, qui depuis plusieurs années se sont accaparés des pans entiers de la pop-culture pour les exploiter jusqu’à l’os et les appauvrir. DC Comics, Harry Potter, Marvel…tous ces univers sont devenus des marques déclinées à l’infini. En tant que fan de Star Wars attristé par l’état actuel de la saga, je ne peux qu’applaudir des deux mains face à cette prise de conscience.

© Warner Bros Pictures

« Le but c’est pas de gagner, le but c’est de jouer. »

Parzival, Artemis et leurs amis devront donc affronter IOI à la fois dans l’Oasis mais aussi dans le monde réel pour garantir la survie de cet univers et permettre à des millards d’individus autour du monde de continuer à se divertir, à rêver et jouer ensemble. Et pour cela ils ne pourront compter que sur leurs connaissances collectives de la pop-culture, de ses règles et de ses valeurs.

Pour tout ceux qui n’ont pas vu le film, je ne déflorerai pas le contenu de la deuxième épreuve mais sachez juste que Spielberg s’éloigne dès lors franchement du roman original, avec le consentement de l’auteur, pour s’amuser avec ses propres références et revisiter le film de l’un de ses maîtres avec malice.

C’est d’ailleurs à mon sens le message principal de Ready Player One : rien ne sert de vouloir rester bloqué dans nos univers de prédilections. À la place soyons curieux de tout, créons et imaginons de nouveaux terrains de jeu en s’appuyant sur ce que nous connaissons. Nos références ne sont que le point de départ de nouvelles aventures.

« Merci d’avoir joué à mon jeu. »

Le film s’achève enfin, après une bataille monumentale, sur une scène à priori anodine mais qui me bouleverse à chaque fois. Spielberg, qui a largement contribué à créer l’imaginaire des enfants des années 80 avec Retour vers le Futur, les Goonies ou encore Gremlins, prend indirectement la parole et invite la nouvelle génération à ne pas se laisser dicter leur culture mais à tout simplement jouer.

Je vous incite donc vivement à vous plonger ou à vous replonger dans Ready Player One comme dans chaque oeuvre de cette manière, en prenant du plaisir sans chercher à trop l’intellectualiser. Vivez cette aventure au premier degré avec les yeux d’un enfant. C’est le meilleur moyen de l’apprécier.

Pour ma part, je vous quitte quelques semaines, le temps de prendre un peu de repos et de voir, lire et jouer à tous ces titres qui prennent la poussière depuis des semaines sur les étagères. Rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles aventures SF, forcément passionnantes !

© Warner Bros Pictures

Ready Player One est disponible en DVD, Blu-Ray, Ultra-HD et VOD chez Warner Home Video.

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