Quels sont les meilleurs casques nomades filaires ? Comparatif 2021

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
01 juin 2021 à 13h27
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Quel est le meilleur casque filaire nomade ? Le casque filaire nomade n'est pas encore mort, pas tout à fait. S'il est clairement le secteur ayant le plus subi l'assaut des modèles Bluetooth et, en forme de coup de grâce, des True Wireless, il n'a pas totalement abdiqué. Ainsi une poignée d'irréductibles résistent encore et peut-être pas pour toujours à l'envahisseur. Des modèles pas extrêmement nombreux, de plus en plus difficiles à trouver, mais bien mieux armés que le plus robuste des casques Bluetooth face à l'obsolescence. Car c'est un peu cela le casque filaire, surtout lorsque son câble est détachable : la promesse de pouvoir tenir des années, voire des dizaines d'années pour les plus solides. Un petit pari sur l'avenir.

Choix de la rédac

Meze 99 Neo

Choix de la rédac

  • Excellent confort
  • Équilibré et très naturel
  • Fabrication
Pour les nostalgiques

Audio-Technica ATH-MSR7b

Pour les nostalgiques

  • Liaison symétrique 4.4mm
  • Port confortable
  • Respect des registres
Un bon compromis

Beyerdynamic DT240 Pro

Un bon compromis

  • Qualité de fabrication
  • Basses et médiums équilibrés
  • Très léger

Pour survivre, ce secteur n'a d'autre choix que de monter en gamme, de ne pas faire les compromis de son voisin Bluetooth en termes de qualité sonore. Un casque Bluetooth d'entrée de gamme classique est pratiquement aussi bon qu'un filaire d'entrée de gamme. Pourtant les bonnes affaires et petites pépites sont encore là, parfois bien planquées. Pour les casques un peu plus chers, l'équation est d'une certaine façon plus simple, car les modèles se détachent clairement du Bluetooth. Un petit marché audiophile subsiste encore, porté par de très bonnes références passant parfois plus pour des produits Hifi qu'autre chose.

V-Moda M100

V-Moda M100 Le design
  • Basseux, mais très technique
  • Fabrication stratosphérique
  • Possibilités de personnalisation
Le meilleur sur les basses

Des basses et votre style immortalisé sur un casque ? C'est chose possible avec la gamme V-Moda, en particulier sur ce modèle plutôt abordable, tout en basses et en qualité. Un produit au design à part et à la construction stratosphérique.

Le meilleur sur les basses

Des basses et votre style immortalisé sur un casque ? C'est chose possible avec la gamme V-Moda, en particulier sur ce modèle plutôt abordable, tout en basses et en qualité. Un produit au design à part et à la construction stratosphérique.

Marque s'étant largement fait connaître pour son design vraiment particulier, l'américain V-Moda a eu l'intelligence de se caler à fond dans son concept de casque audio, comprendre qu'il fallait bien un jour développer sa propre identité, ne pas simplement mettre le paquet sur le marketing et l'esthétique. Et maintenant que toutes les marques uniquement design ont disparu ou vivotent péniblement, V-Moda continue son petit bonhomme de chemin tout en conservant sa bouille hexagonale comme une véritable marque de fabrique. Son fatum l'a néanmoins fait croiser le géant japonais Roland qui s'est offert la petite entreprise en cadeau. Dès lors, son destin et celui de ses casques ne lui appartient plus totalement. Un premier modèle vendu comme plus équilibré et plus haut de gamme, le M200 , annonce un peu la couleur pour la suite.

Au milieu de ses nombreux modèles, le M100 reste pourtant un classique. Un classique qui voit arriver des produits plus chers, plus ambitieux ou tout simplement Bluetooth, mais qui reste le premier casque véritablement audiophile de la marque, le pionnier lui ayant fait fendre la barrière du simple « casque pour ceux qui aiment les basses ».

Armure en mode custom Thanos

La forme est particulière, mais elle est la même que celle de tous les autres V-Moda, à l'exception de ses intras et des quelques rares produits supra-auriculaires. L'unicité des V-Moda transpire jusque dans son système d'entrée Jack. Le branchement se fait d'un seul côté, mais peut passer par le côté droit ou le côté gauche sans changer le sens de l'écoute.

L'une des forces de la marque vient également des possibilités de personnalisation. L'arrière de la coque est ainsi toujours couvert par une pièce en aluminium anodisé à première vue dispensable baptisée « Shield », à l'apparence d'antique Écu de chevalier ( N.D.L.R : celui qui reçoit la chevaliérisation). En plus des différentes versions colorées de base du casque, il est possible d'acheter un ou plusieurs Écu de différents matériaux et différentes couleurs, mais plus encore. Il est par exemple possible de graver une inscription ou un visuel au laser dessus. Pour les jusqu'au-boutistes, il est même possible de passer par l'impression 3D (pour n'importe quel logo ou forme en relief) de matériaux allant du plastique jusqu'au... platine, pour le prix d'une Zoé.

Difficile de ne pas voir le V-Moda M100 comme un sommet de fabrication. Si la coque est en plastique (massif), le reste mêle tissu et métal pour un plumage irréprochable. Pas de grincement ou de petite zone de fragilité. L'entièreté du casque suinte le sérieux, l'élégance en sus. Tordre le casque, lui marcher dessus, le faire tomber de plusieurs étages, des choses qui ne l'effraient pas vraiment. Mais puisque nul n'est parfait, il faut tout de même pointer du doigt le système de pliage du modèle, usant d'un mécanisme à ressort inox au-dessus des branches. Bien que le principe soit très solide en utilisation, il apparaît comme la faiblesse potentielle du produit, en tous cas le seul endroit faisant état de casse dans le passé. Un peu tache vu la réputation de la marque, qui d'une certaine façon a sacrifié son invincibilité pour un peu de plus de nomadisme. Le souci semble corrigé sur les productions plus récentes.

Contrairement à d'autres produits cités ici, le V-Moda M100 n'est pas incroyablement confortable. La pression est assez importante, ce qui améliore l'isolation, mais laisse une légère sensation d'étau. Pour cela il existe des coussinets optionnels, plus épais et respirants. Pour les autres il faudra simplement garder à l'esprit que le V-Moda tient parfaitement sur le crâne, englobe suffisamment bien l'oreille (excepté pour les très grandes tailles), mais n'est pas à la hauteur des meilleurs sur les longues sessions.

L'équilibre de la force

Loin de vouloir s'approcher d'une clarté absolue ou de l'équilibre supposé de la récente version M200, ce V-Moda période pré-Roland est un pur exemple de casque basseux réussi et plus polyvalent qu'il n'y parait.

L'équilibre sonore est une chose, mais il n'est pas interdit de s'écarter un peu de la norme, tant que cela est bien fait. Et justement, le V-Moda s'en donne les moyens. Ses coques abritent chacune un imposant transducteur de 50mm de diamètre à très large aimant, sans charge close, le tout s'achevant par un petit évent traversant le Shield.

Le résultat est là ! Des basses bien en avant, mais ne phagocytant jamais le reste du spectre, ou seulement pas rares petits instants d'exubérance incontrôlée. Percutant et ample, le bas du spectre est un petit bonheur dans le genre. Et contrairement à d'autres basseux, sa réponse en fréquence ne se transforme pas en une piste noire avec finish spéléologie. Une grosse bosse bas-médiums lui permet d'avoir un bon surplus de punch, les médiums se tiennent tout en baissant un petit peu aux portes des aigus. Quant à ces derniers, ils se tiennent convenablement, mais restent le petit point faible du modèle, car marqués par une légère instabilité. Pas d'effondrement, juste une petite succession erratique de creux et de bosses laissant pourtant suffisamment de clarté dans l'écoute.

S'il fallait sortir une lapalissade : le casque s'adresse avant tout aux amateurs de musiques bien pêchues en mal de sensation sur les casques habituels, ou tout simplement en mal de maîtrise. Si la taille ne fait pas tout, une membrane de 50mm déplace potentiellement plus d'air qu'une membrane de 40 mm (aire 1,56 fois plus importante). Cette surface plus importante et sa conception presque demi ouverte font que le modèle est beaucoup plus contrôlé et plus ample que la moyenne. À l'époque déjà il se proposait de botter les fesses de l'ami Beats, ce qu'il faisait sans se fatiguer.

À noter, le casque est de plus en plus remplacé par sa version M100 Master, un peu plus intéressante, car plus moderne et encore plus technique même si un peu plus cher.

Meze 99 Neo

Meze 99 Neo Choix de la rédac
  • Excellent confort
  • Équilibré et très naturel
  • Fabrication
Le meilleur choix (pour nous)

Confortable, bien fini, facile à alimenter et diablement bon côté son, le Meze 99 Neo ne pèche que par isolation moyenne et sa taille piégée entre deux univers. Si le côté boisé vous botte et qu'un peu plus de chaleur vous parait indispensable, alors partez pour le Meze 99 Classics , même si le prix n'est déjà plus dans la même tranche.

Le meilleur choix (pour nous)

Confortable, bien fini, facile à alimenter et diablement bon côté son, le Meze 99 Neo ne pèche que par isolation moyenne et sa taille piégée entre deux univers. Si le côté boisé vous botte et qu'un peu plus de chaleur vous parait indispensable, alors partez pour le Meze 99 Classics , même si le prix n'est déjà plus dans la même tranche.

Marque roumaine (oui, cela existe audio), fondée en 2011, Meze n'a véritablement développé ses modèles qu'à partir de 2015. Une phase difficile, mais qui porta ses fruits puisque le Meze 99 Classic et son compère moins boisé 99 Neo sont depuis des best-sellers. Des casques filaires simples, mais diablement efficaces.

Le design des 99 Classic et Neo tranche avec les autres casques nomades. Des coques ovales à l'allure néo-rétro, un arceau d'une seule pièce tout en acier, aucune trace de plastique apparent, et dans le cas du 99 Classic une belle approche noyer et anciennement érable. Mais nous nous concentrerons sur le 99 Neo ici. Pourquoi ? Une qualité technique équivalente pour un prix assez inférieur. Le 99 Classic cultive son panache boisé et un son plus chaud, mais il faut bien faire un choix.

Nomade avec modération

Le Meze 99 Neo n'utilise pas de bois, mais un plastique très rigide, presque invisible, car camouflé par un similicuir/vinyle (ce qui est aussi un plastique) de très bonne qualité sur le dessus.

Aucune pièce vraiment complexe ni câble ne traverse le produit. Les connectiques sont placées d'un côté et de l'autre, avec l'utilisation (forcée) d'un câble double Jack en Y avec connectique 3,5mm mono de chaque côté. Bien évidemment, il reste en 3,5mm stéréo côté baladeur/smartphone, ou en 4,4mm (symétrique) via un câble en option.

Cette simplicité et cette bonne qualité des matériaux mènent à une fabrication générale presque irréprochable. On peut tordre le modèle, le malmener de bien des façons, rien ou presque n'en viendra à bout. Seul problème, bien que commun avec tous les arceaux en acier type monobloc : il est possible de le déformer avec suffisamment de mauvaise volonté, le genre de problème presque impossible à rattraper.

Le 99 Neo reste d'une certaine rigidité. Il n'est pas possible de faire pivoter ses coques et encore moins de le plier. Sa structure est telle qu'il n'est pas particulièrement agréable de le porter autour du cou. En l'état, le casque est un hybride, entre nomade et salon. À ce titre, l'encombrement minimum n'est pas une priorité pour lui. En pratique nous sommes encore dans quelque chose de raisonnable.

Excepté pour les très grandes oreilles, le confort est assez exemplaire. Le Meze 99 Neo n'est pas le plus léger du genre avec ses 260 g, mais se fait largement oublier grâce à son large repose-tête élastique. Mais là encore il faudra rentrer dans une norme. Car si le repose-tête permet de s'adapter à presque toutes les morphologies en jouant plus ou moins sur ses extrémités élastiques, le "presque" implique que son adaptation n'est pas infinie. En d'autres termes, si votre tête est très grande ou très petite (mais surtout grande) les coques retomberont ou remonteront un peu trop.

Pour les morphologies rentrant dans son moule, le casque ne serre pas trop, répartit bien son poids et permet ainsi un port pendant plusieurs heures sans aucune pression. Seul reproche, le poids étant totalement reporté sur ce repose-tête souple, le Meze 99 Neo supporte mal les balancements de tête vers l'avant ou l'arrière, idem en tête inclinée. Imaginez une session d'écoute allongée sur un lit ou posé sur fauteuil par exemple.

Enfin, l'isolation phonique n'est pas des plus impressionnantes. Nous sommes ici loin de ce que peuvent procurer des casques de type WH-1000Xm3 (sur sa simple partie passive). À utiliser en environnement extérieur modérément bruyant. L'expérience sera un peu tronquée pour une utilisation en métro par exemple. Un défaut à clairement prendre en compte, mais qui va dépendre de vos habitudes.

Hifi ou presque

S'il ne fallait retenir qu'un seul point, ce serait sans doute sa partie sonore, elle aussi entre nomade et hifi. Contrairement au 99 Classics choisissant de partir sur une écoute assez chaleureuse, le Meze 99 Neo préfère un peu plus d'équilibre. Sans être neutre, le modèle sonne très naturel, sans donner l'impression de privilégier une gamme de fréquences au détriment d'une autre. Mais surtout, cela se fait de manière extrêmement propre et maîtrisée. Là où bien des modèles paraîtront plats, le 99 Neo se permet de garder son énergie, son côté vivant. Il n'est ni trop doux ni trop sec.

Le 99 Neo est à la fois polyvalent, très détaillé, doté d'une scène sonore étonnamment large pour un casque nomade. Sa frontière est d'autant plus poreuse ici. Car en plus de ses dimensions, c'est également sa sonorité qui pourrait le faire passer pour une bonne petite référence hifi. Nous n'irons pas jusqu'à dire qu'il possède toutes les qualités d'un grand casque de salon... mais pas loin. Inutile de dire qu'en tant que simple modèle nomade ses qualités sont immenses.

Audio-Technica ATH-MSR7B

Audio-Technica ATH-MSR7b Pour les nostalgiques
  • Liaison symétrique 4.4mm
  • Port confortable
  • Respect des registres
Le vintage moderne

L'Audio-Technica ATH-MSR7b est un casque filaire haute-fidélité, aucun doute là-dessus. Il présente une large réponse en fréquence caractérisée par un respect de tous les registres. Le grave est plus à sa place que sur des modèles parfois bien trop démonstratifs. Ce qui, une fois n'est pas coutume, n'est pas pour nous déplaire. Il délivre une foultitude de détails participants aussi bien à la création d'une ambiance réaliste qu'à la tenue des notes dans le temps. C'est un casque agréable à tout point de vue. En revanche, ce modèle Audio-Technica est dédié à une utilisation en mode symétrique. Il fonctionne aussi en asymétrique, mais pas aussi bien. De toute façon, si vous n'avez pas accès à une sortie symétrique 4.4mm, vous pouvez vous contenter du même casque en version classique, l'ATH-MSR7. Possesseur de DAP avec sortie symétrique ou d'un ampli casque sédentaire du même genre, l'ATH-MSR7b est l'un des casques symétriques les plus abordables du moment pour profiter pleinement de ce mode de raccordement qualitatif.

Le vintage moderne

L'Audio-Technica ATH-MSR7b est un casque filaire haute-fidélité, aucun doute là-dessus. Il présente une large réponse en fréquence caractérisée par un respect de tous les registres. Le grave est plus à sa place que sur des modèles parfois bien trop démonstratifs. Ce qui, une fois n'est pas coutume, n'est pas pour nous déplaire. Il délivre une foultitude de détails participants aussi bien à la création d'une ambiance réaliste qu'à la tenue des notes dans le temps. C'est un casque agréable à tout point de vue. En revanche, ce modèle Audio-Technica est dédié à une utilisation en mode symétrique. Il fonctionne aussi en asymétrique, mais pas aussi bien. De toute façon, si vous n'avez pas accès à une sortie symétrique 4.4mm, vous pouvez vous contenter du même casque en version classique, l'ATH-MSR7. Possesseur de DAP avec sortie symétrique ou d'un ampli casque sédentaire du même genre, l'ATH-MSR7b est l'un des casques symétriques les plus abordables du moment pour profiter pleinement de ce mode de raccordement qualitatif.

Audio-Technica est une affaire de paradoxe tout japonais. Mondialement connu, le constructeur possède pourtant un fonctionnement étrange à l'international, presque trop.... Japonais justement, pensant parfois que le monde entier va suivre les tendances fonctionnant dans l'archipel. Caricature oui, d'autant que la marque s'adapte de mieux en mieux au marché occidental, mais pas si éloignée de la réalité. Mais lorsqu'un succès arrive, le casque devient une référence pour de longues années. Le ATH-M50 en est un bon exemple, le ATH-MSR7 en est un autre tout aussi brillant.

Un peu d'ancien dans votre moderne ?

Le ATH-MSR7 était un casque simple et légèrement volumineux, confortable, aussi à l'aise en nomade qu'en sédentaire, puisant dans une petite fibre vintage et des transducteurs dernière génération pour proposer un casque filaire exceptionnel. Bien sûr tout le monde n'avait pas accroché. Sa sonorité très puissante et tranchante parfois à la limite de l'acidité restait clivante.

C'est dans une ère de modification profonde du marché du casque audio nomade que débarque le MSR7B (le B n'ayant rien à voir avec Bluetooth). Faux jumeaux ou faux frère, le casque ne cache pas ses intentions : être l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur casque filaire nomade du marché.

Poussant le concept jusqu'au bout, le ATH-MSR7B n'essaye même plus de singer les modèles Bluetooth en rendant le casque le plus pratique possible. La qualité, rien que la qualité.

Deux points majeurs apparaissent alors. Premièrement le passage d'une classique disposition du câble d'un seul côté à une disposition à deux côtés via un câblage en Y. Bien qu'étant un peu moins pratique, cette disposition permet de ne pas utiliser de câblage passant par l'arceau, mais également d'augmenter la diaphonie (séparation des canaux), une habitude presque obligatoire en Hifi. Deuxièmement l'utilisation d'un second câble de type symétrique, avec terminaison Jack 4,4mm (une prise présente sur quelques baladeurs audiophiles et quelques ampli casque).

La fabrication ne fait pas aussi luxueuse que le Meze, mais est pourtant au moins aussi éprouvée. Sa structure essentiellement plastique reste parfaitement assemblée et très peu grinçante, supérieure même à son aîné MSR7. Un peu de visserie apparente, peu de pièces paraissant vraiment fragiles. Coques pivotables... mais structure non pliable.

Le confort est pratiquement irréprochable, et seul un peu coquetterie fera qu'il ne sera pas à votre goût. En effet, les coussinets sont englobants, très englobants. Certains les trouveront un peu trop larges. Au moins le casque s'adresse absolument à toutes les morphologies d'oreilles. Idem pour le réglage de l'arceau, simple et avec suffisamment d'amplitude pour s'adapter à pratiquement toutes les têtes. Mais surtout le MSR7B s'allège en se dotant d'un arceau totalement ajouré. Le produit passe ainsi de 290 g à seulement 235 g. À noter, le MSR7B est disponible en finition gris et marron (sans qui l'on ne parlerait pas de vintage), ou noir.

Sans être fabuleuse, l'isolation est déjà très bonne, suffisamment bonne pour une utilisation dans la grande majorité des situations. Ne lui demandez simplement pas de singer les meilleurs casques à réduction de bruit active.

Ça va trancher

La sonorité du AT-HMSR7B ne trahit pas l'héritage du premier MSR7, mais l'améliore tout en l'assagissant légèrement. Le casque est toujours dans ce qu'on appelle une signature en V, plus portée sur les bas-médiums et les aigus que le reste du spectre, mais cela se fait de manière un peu plus subtile ici, avec un pic d'aigus moins agressif et une gestion plus technique de cette gamme de fréquences.

L'Audio-Technica propose une sonorité extrêmement percutante quand on vient le chercher, mais également très vaste, et immensément détaillée manquant seulement d'un peu de profondeur. Il est assez facile de constater que le transducteur utilisé est bien plus proche d'un modèle hifi que d'un modèle nomade classique. Cette dernière qualité parait encore plus flagrante qu'avec le Meze.

Le MSR7B ne se cache pas non plus derrière sa signature sonore pour camoufler d'éventuelle lacune. Il sait descendre très bas, de manière parfaitement naturelle, tout comme il peut aller très loin dans les aigus.

Surtout, il se permet de ne pas provoquer - sauf dans de rares cas - de phénomènes de sibilances ou de chuintements propres à ce type de signature. Le casque pourra sembler un peu trop clair, voire un peu agressif pour certains, mais c'est également ce qui fait sa personnalité. Il tranche au lieu de caresser, est électrique avant d'être duveteux. Plus qu'un type de musique conseillé, c'est avant tout à un profil d'utilisateur qu'il s'adresse.

Son caractère pardonne assez peu les mauvais enregistrements, exacerbant les détails et les défauts, les petits bruits parasites et les sonorités étriquées.

AIAIAI TMA-2

AIAIAI TMA-2 Le plus complet
  • Énorme choix de composants
  • Réparabilité
  • Design sortant du lot
Le casque d'infinité

Modèle à la fois tourné sur la personnalisation du confort, de l'ergonomie et du son, le AIAIAI TMA-2 est une sorte de pari sur l'avenir. Un casque destiné à évoluer, avec ou sans-fil, pour à peu près tous les tarifs.

Le casque d'infinité

Modèle à la fois tourné sur la personnalisation du confort, de l'ergonomie et du son, le AIAIAI TMA-2 est une sorte de pari sur l'avenir. Un casque destiné à évoluer, avec ou sans-fil, pour à peu près tous les tarifs.

Lancé en 2010 avec son premier TMA-1 (Tycho Magnetic Anomaly) en référence au monolithe de 2001 l'odyssée de l'espace (roman et film), AIAIAI s'est immédiatement imposé comme l'une des marques les plus prometteuses. Fabricant design dans un marché du casque alors saturé de marques design, le constructeur se démarqua pourtant en mettant en avant l'école scandinave tout en épure. Aussi lisse et sombre qu'un monolithe, son allure ne manquait pas d'une certaine classe. Mais surtout, sa sonorité avait quelques d'ambitions. Sans être parfait, il rentrait dans le cercle restreint des très bons casques supra-auriculaires de l'époque, un temps où le Sennheiser HD25 n'avait pas encore de réelle concurrence.

Mais le TMA-1 intriguait sur un dernier point, sa composition réduite à quelques pièces seulement. Elle paraissait alors être modulaire, nous invitant presque à détacher l'arceau du reste, nous poussait à enlever et remettre les coussinets qui, déjà, existaient sous deux formes (dont l'une inutile). Ce sera chose faite avec le TMA-2 en 2015, véritable parachèvement pour la marque et petit pied de nez à l'obsolescence imposée par le marché du casque Bluetooth. Le TMA2 conserve les grandes lignes du TMA1, mais est cette fois-ci tout en modularité.

Votre paire ? Il n'y en a pas deux

Le principe est simple et repose sur 4 pièces : les coques/transducteurs, l'arceau, les coussinets, le câble. À partir de ces 4 pièces nécessaires pour construire un casque (sauf le câble dans les configurations Bluetooth), AIAIAI propose de nombreuses déclinaisons plus ou moins onéreuses de chacune. Ainsi, il existe à l'heure actuelle :

  • 5 modèles de coques/transducteurs (tous de même taille)
  • 6 types d'arceaux
  • 7 Coussinets différents
  • 15 sortes de câbles
  • Plus de 3000 combinaisons possibles donc, ou un peu plus de 200 sans compter le câble.

Transducteur de signatures sonores et qualités techniques différentes, arceau plus ou moins rembourré et/ou intégrant un module Bluetooth, simple coussinet supra en microfibre jusqu'au coussinet circum en alcantara, câble droit et noir ou spiralé et coloré, tout ou presque est possible. Le AIAIAI TMA-2 revient d'ailleurs sur le devant de la scène grâce à sa récente version TMA-2 HD, qui n'est en fait que l'apparition d'un nouvel arceau Bluetooth intégrant les codecs AptX (classique et AptX HD) et un nouveau transducteur avec membrane en biocellulose. Il existe des configurations prédéfinies, assemblant tel module avec module, mais il est possible de créer son modèle totalement à la carte via le configurateur du site.

Dès lors il est bien difficile de faire un test précis du modèle, puisqu'il n'y en a pas un, mais des dizaines, mais il existe quelques points généraux.

Bien que la fabrication ne soit pas parfaite, le TMA-2 est très robuste et sera, à moins de vraiment le martyriser, plus salissant que vraiment fragile. Ce dernier point est d'ailleurs le talon d'Achille du produit, il ne faudra pas hésiter à le nettoyer au chiffon pour ne pas qu'il se transforme l'espace de quelques années en attrape poussière collant. Même l'arceau est la seule pièce qui pourrait vraiment craindre quelque chose, sa conception est sérieuse et n'a jamais été pointée négativement du doigt pendant ces presque dix années.

Le confort va énormément dépendre de l'arceau et des coussinets utilisés. Les deux premiers arceaux baptisés H01 et H02 sont par exemple assez peu rembourrés, ce qui peut créer un point de pression sur le crâne. À l'inverse, le H04 utilise un rembourrage beaucoup plus épais et plus souple, d'où un meilleur confort mais pour un prix plus élevé. Les coussinets de base en microfibre sont, de la même façon, assez inintéressants, car trop fins, il faut alors choisir un des bons coussinets supra ou un des coussinets circum, lesquels peuvent donner des résultats plus ou moins aérés.

Mille et une sonorités

Côté son, là encore les références de base (S01 et coussinets E01) n'ont que peu d'intérêt, car un peu trop typées ou pas assez technique. Mais surtout, tout est une affaire de synergie entre les coques et les coussinets. Car un coussinet supra-auriculaire ne va pas transmettre le son de la même manière qu'un coussinet circum-auriculaire. Dans une moindre mesure son revêtement est également important.

Dans tous les cas, la plupart des éléments du TMA-2 ont leur intérêt, que ce soit en tant que signature punchy, tranchante ou très équilibrée et ample. Ayant pu tester principalement :

  • Un modèle comprenant des transducteurs avec membrane titane (S03) et des coussinets circum en similicuir (E02)
  • Un modèle avec transducteurs un peu plus haut de gamme (S04) et des coussinets supra en similicuir (E04)

La première configuration va clairement taper fort dans le bas du spectre, une sorte de bass-boost qui pourra plaire à la même cible que V-Moda, mais pour confort amélioré.

La seconde configuration est assez équilibrée voire place les médiums légèrement en avant, une signature extrêmement détaillée et précise, pour un résultat vraiment très réussi pour un supra.

D'une manière générale le casque propose de s'adapter à la sonorité favorite de l'acheteur plutôt qu'essayer de se battre contre les meilleurs casques. Jusqu'à maintenant, aucun modèle n'a réussi (malgré des prix proches) à égaler la qualité d'un Audio-Technica MSR7B ou d'un Meze 99 Neo ou Classic par exemple. Mais pourtant de nombreuses configurations plairont à davantage de monde.

Nous en parlions un peu plus haut, le TMA-2 continue d'évoluer en proposant depuis quelques semaines la coque S05 avec membrane en biocellulose, cela en plus d'un nouvel arceau intégrant un module Bluetooth. Qui sait si le S05 ne fait pas mieux que les ATH et Meze ?

Le prix des configurations filaires varie selon si vous optez pour la configuration simple (avec le câble simple), ou si vous optez pour l'arceau rembourré, les nouveaux transducteurs ainsi que les nouveaux coussinets circum en alcantara.

Beyerdynamics DT240 Pro

Beyerdynamic DT240 Pro Un bon compromis
  • Qualité de fabrication
  • Basses et médiums équilibrés
  • Très léger
Le meilleur milieu de gamme

Un bon petit casque nomade pouvant en faire un peu plus que la moyenne, simple à alimenter, assez isolant et très solide, même si pas sans défaut.

Le meilleur milieu de gamme

Un bon petit casque nomade pouvant en faire un peu plus que la moyenne, simple à alimenter, assez isolant et très solide, même si pas sans défaut.

Choix très difficile ici. Celui-ci aurait pu se porter sur le ATH-M40x de Audio-Techica ou le Sennheiser HD 471I, supérieurs techniquement et un peu plus musicaux, mais dans des dimensions bien plus imposantes en pratique. Des modèles très performants, mais dont les (faibles) compromis sur la taille font qu'ils s'adressent à une cible un peu différente. Je me suis ainsi concentré avant tout sur la compacité pour les casques de cette catégorie de prix, ce qui est selon moi plus proche des attentes.

Petit tank de poche

Le Beyerdynamics DT240 Pro est le genre petit casque nomade/studio polyvalent passant en-dessous des radars. Et c'est un peu dommage, car il est l'un des derniers résistants filaire et abordable de grandes marques doué pour l'approche nomade, mais surtout pas trop imposant.

Son design assez compact et épuré est tout ce qu'il y a de passe-partout, cela malgré sa dénomination autant studio que nomade. Circum-auriculaire, il oscille à la limite du supra. Ainsi il sera plus à l'aise avec les petites oreilles.

L'un de ses grands points forts est sa robustesse. Plastique, mais assemblé comme un tank, il tranche avec les habituels modèles studio/portable de cette gamme de prix, des produits beaucoup plus grinçants. Il n'est pas irréprochable non plus, mais fait une excellente impression à la hauteur de la réputation de la marque. Même constat pour ses coussinets, plus solides et rembourrés que la moyenne, finis par un revêtement assez doux, mais plutôt isolant.

Le confort du DT240 Pro est très correct même si en partie dépendant de la taille des oreilles de l'utilisateur. Dans la plupart des cas, l'extrémité des oreilles repose sur le bord des coussinets, ce qui engendre un peu d'inconfort sur de longues sessions. Heureusement l'arceau est bien étudié et repose bien sûr la tête sans trop serrer. Le poids de seulement 195 g ainsi que le bandeau répartissant bien la pression permettent au final d'être acceptable. On ne choisit pas ce modèle pour son confort, mais nous sommes loin d'un produit désagréable... tout dépend du porteur en fait.

Seul vrai rappel de la personnalité studio du DT240 Pro : son câble spiralé sur une partie de sa section. Bien que cela alourdisse un peu l'ensemble, le casque est suffisamment léger et bien conçu pour ne pas rendre indispensable l'achat d'un câble droit optionnel. En l'état, cela permet de bien jongler entre utilisation nomade et utilisation sédentaire, la spirale s'étirant sur la longueur.

Équilibré, mais un peu sombre

La partie sonore est un peu ambivalente, alternant bons points et petits défauts. Ainsi la première partie du spectre, basses et médiums, sont assez équilibrée et de très bonne facture. Les basses ne sont pas les meilleures du monde, mais assez articulées et suffisamment profondes. Même constat pour les médiums, légèrement projetés en avant, mais sans exagération.

Les aigus sont un peu moins brillants, il ne faudra donc pas compter sur ce casque pour obtenir un espace sonore extrêmement vaste, ni un niveau de détails ou de naturel à la hauteur des excellents filaires des gammes supérieures. Un peu cabossée, cette gamme de fréquences donne une sensation légèrement voilée. L'écoute n'est ainsi pas agressive, mais très (trop?) douce sans toutefois manquer d'énergie. Elle se caractérise par un léger manque de détails et d'aération, mais reste assez... rassurante, parfois un peu cotonneuse, elle pardonne extrêmement bien les mauvais enregistrements. Il est toutefois assez étrange de voir la dénomination studio sur un tel modèle. Pour l'essentiel des genres musicaux, excepté sons très chargés type métal.

Bien que le Beyerdynamics DT240 Pro ne soit pas irréprochable d'un point de vue sonore, il est pourtant très intéressant dans sa gamme de prix, particulièrement sur la qualité de ses basses et de ses médiums. Plutôt conseillé pour les styles simples, mais n'étant jamais désagréable ou fatigant, il offre un bon compromis entre taille et technicité. Suffisamment puissant ou calme au besoin, c'est un casque assez polyvalent pour qui est un peu serré niveau budget et ne veut pas s'encombrer d'un grand format type DT770. Se réclamant légèrement de ce dernier, il reste pourtant difficilement comparable. Un point va pourtant les rassembler : la fabrication particulièrement réussie. Le DT240 Pro n'est clairement pas au niveau d'un DT770, mais l'idée est là.

Modifié le 09/06/2021 à 12h18
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