Vive les grandes vacances ! Depuis hier ou à partir de ce samedi, vous reprenez vos itinéraires estivaux avec des routes et autoroutes chargées et des contrôles de vitesse renforcés. La loi encadre les applications GPS et les assistants d’aide à la conduite que vous utilisez, avec une limite entre usage autorisé et infraction. Avant de mettre la clé dans le contact, voici les règles en vigueur, les outils homologués et les recours possibles après un flash.

Vous venez de vous faire flasher par un radar. Pourtant, vous êtes convaincu d'être resté dans les clous. Pas de panique, vous disposez de 45 jours, à compter de la date d'envoi de l'avis, pour contester une contravention issue d'un radar automatique - ©r.classen / Shutterstock
Vous venez de vous faire flasher par un radar. Pourtant, vous êtes convaincu d'être resté dans les clous. Pas de panique, vous disposez de 45 jours, à compter de la date d'envoi de l'avis, pour contester une contravention issue d'un radar automatique - ©r.classen / Shutterstock

Comme chaque été, vous prenez peut-être la route à travers l’Hexagone, au moment où les forces de l’ordre multiplient les contrôles sur ces axes. Sur votre smartphone, vous utilisez peut-être déjà Coyote, Waze, TomTom AmiGO, HERE WeGo ou Radarbot pour repérer les zones à risque.

Depuis le décret du 3 janvier 2012, ces applications signalent des « zones de danger », dont l’étendue varie selon le type de voie, à la place de la position exacte des radars. Si malgré ces alertes, vous vous faites flasher, vous disposez alors d’un délai légal de 45 jours pour contester l’infraction, gratuitement sur le site de l’ANTAI ou auprès de services spécialisés, applications dédiées et cabinets d’avocats en droit routier.

Le code de la route distingue les détecteurs interdits des assistants autorisés

Le décret n°2012-3 du 3 janvier 2012 sépare deux catégories d’appareils. Si vous embarquez un détecteur ou un brouilleur de radars, capable de capter les ondes électromagnétiques émises par les cinémomètres fixes ou mobiles, vous basculez du côté obscur de la force. Les assistants d’aide à la conduite, intégrés à des applications comme Coyote ou Waze, échappent quant à eux à cette interdiction. Vous y recevez une zone de danger, jamais l’emplacement exact du radar.

Sur autoroute, l’alerte vous parvient 4 kilomètres avant la zone concernée, contre 2 kilomètres hors agglomération et 500 mètres en ville.

Si vous détenez un détecteur de radars, homologué ou non, vous risquez une amende de 1 500 euros, un retrait de 6 points et la confiscation de l’appareil, en vertu de l’article R.413-15 du code de la route. Si vous utilisez un brouilleur, en revanche, vous commettez un délit, puni jusqu’à 30 000 euros d’amende et deux ans d'’emprisonnement.

Après un accident, un assureur peut aussi refuser de vous indemniser si votre détecteur de radars illégal figure dans le dossier. Les assureurs interprètent alors sa présence comme une faute intentionnelle.

Lors de certaines opérations, contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants par exemple, la police peut aussi demander aux éditeurs de couper temporairement les alertes dans un périmètre donné. Coyote et Waze respectent alors cette consigne, et vous perdez ponctuellement l’avantage recherché par les contrôles.

Cinq applications homologuées pour la route des vacances

Sur le marché français, vous avez le choix entre cinq solutions principales, avec des réglages différents pour la navigation, le trafic et les zones de danger. Cette liste n’est pas exhaustive.

Coyote, la référence historique

Coyote: Navigation GPS & radar
  • Interface intuitive.
  • Des alertes en temps réel sur l'état du trafic.
  • Un guidage routier efficace et très lisible.
9 / 10

Avec Coyote, vous avez accès à une communauté de plusieurs millions d’utilisateurs en Europe, qui signalent en temps réel radars, accidents et ralentissements. Vous consultez les limitations de vitesse en vigueur, et une alerte sonore retentit dès que vous dépassez la vitesse autorisée dans une zone de danger. En option, Coyote Secure vous aide à retrouver votre véhicule en cas de vol, grâce à un tracker embarqué. L’éditeur revendique la norme NF pour l’ensemble de sa gamme, gage de conformité avec la législation française. Si vous prenez un abonnement, vous avez alors accès à l’intégralité des fonctions, à la différence de certains concurrents gratuits.

Waze, la puissance de la communauté

Waze
  • Infos trafic en temps réel
  • Signalements entre conducteurs
  • Gratuit et sans abonnement
9 / 10

Google a racheté Waze en 2013, sans toucher à son principe fondateur. La communauté cartographie bouchons, accidents, contrôles et zones de danger avec ses signalements, et un système de recalcul d’itinéraire les exploite pour vous proposer un trajet alternatif dès qu’un problème survient. Contrairement à Coyote, vous n’entendez aucune alerte sonore chez Waze si vous dépassez la vitesse autorisée à l’approche d’une zone signalée. Une étude néerlandaise a établi que les conducteurs qui activent les alertes radars écopent de plus d’amendes que les autres. Ces alertes vous donnent alors un faux sentiment de sécurité. Waze fonctionne gratuitement sur Android et sur iOS.

TomTom AmiGO, le compagnon gratuit du spécialiste néerlandais

  • Cartographie détaillée
  • Navigation en 3D ou en 2D
  • Visualisation des changements de voie

TomTom construit des GPS autonomes depuis 1991, et décline aujourd’hui cette expertise dans AmiGO, une application gratuite pour la navigation et les alertes de zones de danger. Sur Android, un mode superposition vous permet de combiner AmiGO avec Google Maps. Vous ouvrez AmiGO en arrière-plan avant de lancer votre navigation habituelle, et vous retrouvez ensuite ses alertes radars superposées sur l’écran de Google Maps. TomTom alimente cette application grâce aux données de plusieurs centaines de millions de véhicules connectés à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. La marque complète aussi sa gamme avec Tom, un boîtier sans abonnement ni carte SIM, qui prolonge cette même base de données via un anneau lumineux et des alertes sonores.

HERE WeGo, la navigation hors ligne multimodale

  • Application axée sur les déplacements citadins
  • Info trafic
  • Nombreux points d'intérêt
8 / 10

Le consortium automobile propriétaire de la marque HERE a lancé WeGo en 2014. Vous pouvez télécharger des cartes complètes pour un usage hors connexion, dans plus de 180 pays. Dans une même interface, vous basculez entre la voiture, la marche, le vélo et les transports en commun, avec les horaires de bus, tram ou métro à proximité. Même si la communauté est plus réduite que celle de Waze ou de Coyote, vous pouvez signaler la vitesse du véhicule, la limitation en vigueur et la présence d’un radar. HERE WeGo fonctionne sans compte utilisateur obligatoire et sans publicité.

Radarbot, le spécialiste espagnol du détecteur d’itinéraire

  • Alertes radars en temps réel
  • Fonctionne hors connexion
  • Navigation GPS intégrée

Plusieurs dizaines de millions de conducteurs à travers le monde utilisent Radarbot, une application conçue par la société espagnole Iteration Mobile. Vous recevez ses alertes pour les radars fixes, les radars de tronçon, les feux équipés de contrôle automatique et les zones scolaires, avec des mises à jour quotidiennes de sa base de données. En superposition, vous laissez Radarbot tourner en arrière-plan pendant que vous naviguez avec une autre application, Google Maps par exemple. Avec la version Gold RoadPro, Radarbot vous donne accès à des itinéraires et à des limitations de vitesse spécifiques aux poids lourds, pensés pour les chauffeurs professionnels.

Sur le marché français, vous avez le choix entre cinq solutions principales, avec des réglages différents pour la navigation, le trafic et les zones de danger - ©Hadrian / Shutterstock

La loi autorise la contestation après un flash

Vous venez de vous faire flasher par un radar. Pourtant, vous êtes convaincu d’être resté dans les clous.

Pas de panique, vous disposez de 45 jours, à compter de la date d’envoi de l’avis, pour contester une contravention issue d’un radar automatique. Pour contester gratuitement, vous passez directement par le site de l’ANTAI, ou par courrier recommandé. Pour être recevable, votre contestation est conditionnée à une consignation, égale au montant de l’amende forfaitaire, sauf en cas de vol, de destruction ou de cession du véhicule avant l’infraction. Pour contester, vous pouvez invoquer plusieurs motifs, parmi les plus courants l’absence de vérification annuelle du radar, une marge technique mal appliquée, une photo illisible ou une plaque usurpée.

Avant toute décision, vous pouvez demander gratuitement le cliché pris par l’appareil de contrôle, grâce au cadre prévu au verso de votre avis de contravention. Sur la photo, si votre visage est flou, masqué par un pare-soleil ou un rétroviseur, alors vous pouvez éviter le retrait de points en invoquant l'absence d’identification formelle. Soyez vigilant toutefois. Cette démarche ne suspend pas, cependant, votre délai de contestation de 45 jours.

Déléguer la contestation à des plateformes et cabinets spécialisés

Si vous préférez déléguer la procédure plutôt que de la mener seul sur l’ANTAI, plusieurs services privés prennent en charge cette démarche à votre place. Le cabinet de Caumont, pionnier du droit routier depuis plus de 40 ans, a développé Flash Radar. L’application scanne votre avis de contravention par reconnaissance optique de caractères et vous indique gratuitement si une contestation a des chances d’aboutir, avant un paiement unique de 57 euros TTC. À Paris, le cabinet Shalabi, spécialisé en droit routier, propose de son côté Captain Radar, qui revendique un taux de réussite de 98 % sur l’ensemble des infractions routières. RadarConteste et Hello Avocat vous donnent accès au même type de service. Vous transmettez votre dossier, et une analyse automatisée des vices de procédure produit une lettre de contestation prête à l’envoi. Avec Stop Infractions, en revanche, vous avez accès à l’article du code de la route applicable à votre infraction, avec ses conséquences en points et en amende, mais l’outil ne prend pas en charge la contestation elle-même.

Au-delà de ces plateformes, des cabinets d’avocats spécialisés en droit routier interviennent directement sur les dossiers les plus complexes, une audition ou une convocation devant le tribunal de police par exemple. Les cabinets de Caumont, Shalabi et Lemoine interviennent régulièrement sur ce créneau, aux côtés de nombreux confrères inscrits aux barreaux de toute la France. Un avocat examine alors votre dossier pénal dans son intégralité, homologation du radar, procès-verbal, conditions de constatation, à la recherche d’un vice de procédure susceptible d’entraîner une relaxe.