Avis Opera (2024) : un navigateur rapide, complet et intuitif

Chloé Claessens
Par Chloé Claessens, Spécialiste cybersécurité.
Publié le 03 juin 2024 à 20h07

Considéré comme l'un des meilleurs navigateurs Web au monde, Opera a su résister à la concurrence. En intégrant l'IA à son fonctionnement, ce navigateur a lancé Opera One, une version qui promet de redéfinir l'expérience utilisateur en ligne. Par ailleurs, des mises à jours régulières nourrissent cette version comme l'intégration des modèles Gemini de Google. Alors, que faut-il en penser en 2024?

Clubic
Opera One
  • settingsMoteur de rendu : Chromium
  • extensionExtensions disponibles
  • groupCible : généraliste
  • center_focus_strongParticularité : boosté à l'IA
  • devicesPlateformes : bureau & mobile
9.2 / 10
Les plus
  • Intégration des fonctionnalités basées sur l’IA pour une navigation intelligente
  • Navigation intuitive grâce au groupement automatique des onglets
  • Une interface épurée, réactive et entièrement personnalisable
  • Très bonnes performances
  • Efforts de décentralisation et de sécurisation du web
Les moins
  • Trop nombreux partenariats mis en avant
  • Synchronisation du Flow ne fonctionne plus

Rien ne semble pouvoir arrêter Aria. Le développement de l’assistant virtuel du navigateur Opera s’est accéléré depuis le début de l’année 2024. En mars dernier, deux nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées à l’omnibox pour permettre aux internautes d’accéder à des réponses personnalisées, générées par l’IA. Ask Aria permet d’utiliser directement l’assistant en s’affranchissant des raccourcis clavier, tandis que le mode contexte permet d’enrichir sa recherche avec des invites de commande personnalisées, pour résumer ou traduire une page par exemple. La mise à jour est encore en phase de test et ne concerne pour l’instant que la version Developer.

Dans la foulée, Opera a lancé la nouvelle mouture de son navigateur Opera One pour Android, qui intègre Ask Aria, mais aussi Ask Voice, une fonction permettant de converser de vive voix avec l’assistant. Précisons que les réponses générées sont complétées par des informations actualisées en temps réel, ce qui leur apporte une réelle valeur ajoutée par rapport aux autres LLM.

Depuis le 6 mars, date officielle de l’entrée en vigueur du Digital Markets Act, choisir son navigateur est plus facile que jamais. Voilà une bonne occasion de tester les navigateurs alternatifs comme Opera One.

Et vous l'aurez compris, les choses évoluent vite dans le domaine de l'IA. Depuis le 18 avril, le géant Meta a lancé Llama 3, l'assistant IA gratuit le plus intelligent du marché. Ce nouveau modèle de langage est déjà disponible dans Opera Developer.

En ce qui concerne le mois de juin, c'est un mois révélateur pour Opera. Ce dernier a intégré les modèles Gémini de Google à son navigateur, améliorant ainsi les fonctionnalités d'Aria, son système d'intelligence artificielle. On retrouve par exemple la génération d'images grâce à Imogen 2 et le fait que Aria soit capable de lire ses réponses à voix haute. D'autres fonctionnalités sont à venir.

Découvrez notre avis complet, actualisé en 2024, pour savoir si ce navigateur pourrait vous convenir.

Clubic - Notre avis sur le navigateur Opera en mai 2024
Clubic - Notre avis sur le navigateur Opera en mai 2024

Ergonomie et prise en main d’Opera One

Opera One se distingue très clairement de Google Chrome, Brave ou Microsoft Edge, optant pour une structure et un environnement similaires à ceux de Vivaldi. L’interface du navigateur s’articule autour d’une fenêtre de navigation standard surmontée d’une omnibox (barre de requêtes couplant adresses URL et moteur de recherche). À droite du champ de recherche, des icônes offrent un accès rapide à l’outil de capture d’écran, au gestionnaire d’extensions, au module de téléchargement et aux options de configuration facile d’Opera.

Astucieuses, ces options de configuration facile ont été pensées pour personnaliser partiellement le navigateur sans entrer dans les paramètres avancés d’Opera. Outre la possibilité de sélectionner un thème clair, sombre ou en accord avec les préférences du système, les réglages basiques listés permettent d’activer en un clic divers éléments importants liés à la vie privée et à la sécurité des données personnelles. C’est aussi depuis ce volet que l’on ajuste l’apparence de la page de démarrage afin d’améliorer l’expérience d’utilisation dans son ensemble.

Opera - L'accès aux paramètres rapides

Les ajustements plus précis s’opèrent directement sur la page de démarrage, autrement appelée page d’Accès rapide (Speed Dial). Libre à chacun de déplacer et modifier l’ordre des vignettes affichées d’un simple glisser-déposer. Il est possible de supprimer les raccourcis non pertinents, d’épingler définitivement une page web suggérée ou d’ajouter manuellement un site web à partir de son URL. Objectif : faire de la page d’accueil d’Opera One un tableau de bord fonctionnel, pratique, adapté aux usages et aux habitudes Internet les plus spécifiques.

Opera - La page d'un nouvel onglet
Opera - Personnalisation de la page d'accueil
Opera - Personnalisation des raccourcis

On termine ce rapide tour d’horizon avec l’élément qui différencie Opera One des navigateurs grand public : la barre latérale. Située à gauche de l’interface et accessible en permanence, cette colonne d’icônes regroupe un ensemble d’options susceptibles d’améliorer, d’accélérer et/ou de simplifier l’expérience utilisateur : espaces de navigation thématiques, raccourcis vers les messageries sociales, gestion multimédia, accès instantané aux favoris, pinboards, historique, paramètres, activation des services AI Aria, ChatGPT et ChatSonic.

Opera - La barre latérale de gauche

La plupart des éléments de la barre latérale s’affichent dans un module flottant que l’on peut épingler à gauche de la fenêtre principale. Une possibilité de configuration idéale pour qui souhaite garder à portée de clic une conversation, une playlist musicale ou la liste détaillée de ses favoris.

On regrette toutefois qu’Opera soit livré avec un grand nombre de sites partenaires préenregistrés sur la page de démarrage / nouvel onglet. Bien qu’il soit possible de s’en séparer, devoir les supprimer manuellement gâche légèrement l’expérience de personnalisation que l’éditeur souhaitait fluide et agréable. En revanche, depuis sa dernière mise à jour, le navigateur laisse l'internaute sélectionner les services partenaires qu'il souhaite ajouter à la barre latérale pendant le processus d'installation. Il est donc enfin possible de profiter d'une colonne d'accès rapide propre dès la première utilisation d'Opera One.

L’accès aux options et paramètres généraux d’Opera peut également perturber les internautes habitués aux environnements des navigateurs Brave, Google Chrome, Mozilla Firefox ou Microsoft Edge. Il faudra en effet cliquer sur le logo O situé dans le coin supérieur gauche de la fenêtre principale, et non sur l’icône des réglages située tout à droite de la barre de navigation.

Opera - L'accès aux réglages

Les fonctionnalités et spécificités d’Opera One

Aria, ChatGPT et ChatSonic : pratique, mais pas toujours au point

C’est LA nouveauté qui justifie la refonte du navigateur. Tout comme la concurrence, Opera One surfe sur la tendance de l’intelligence artificielle générative et intègre son propre agent conversationnel : Aria.

Accessible depuis la barre latérale du navigateur, l’IA d’Opera One requiert la création d’un compte utilisateur. Sur le papier, Aria doit pouvoir répondre à toutes sortes de questions, et vise à remplacer, dans la mesure du possible, les résultats obtenus via des moteurs de recherche traditionnels.

Opera - L'intégration de l'IA

Dans les faits, on attend encore des améliorations. Les réponses sont souvent incomplètes, non sourcées, et parfois données en anglais. Bien que l’on apprécie l’intégration de liens renvoyant vers la liste des résultats de requête dans Google Search, on reproche à Opera One de ne pas respecter le moteur de recherche choisi par l’internaute au moment de l’installation et de la configuration du navigateur. Comprenez que même si vous passez habituellement par Bing, DuckDuckGo ou Qwant, Aria vous renvoie systématiquement vers Google.

Mais là où Opera One marque un vrai point, c’est en intégrant également ChatGPT (GPT-3.5 et GPT-4) et ChatSonic. Il vous faudra, là aussi, vous connecter aux comptes utilisateur respectifs des deux agents. L’avantage est évident puisque vous n’avez pas besoin d’installer d’extension, ni d’ouvrir ces deux services dans des onglets pour en profiter.

Opera - Une requête sur ChatGPT

Synchronisation des données et partage de fichiers

À l’image de ses concurrents, Opera One propose la synchronisation des données de navigation Internet sur plusieurs appareils grâce à la création d’un compte utilisateur (icône O > Connecté sous *nom d'utilisateur*). Les internautes sélectionnent les éléments à synchroniser et peuvent, s'ils le souhaitent, les chiffrer.

On précise qu'Opera Software ne communique pas sur l'algorithme de chiffrement appliqué au verrouillage des données. L'entreprise affirme toutefois ne pas conserver le mot de passe utilisé pour sécuriser les informations synchronisées. En clair, si vous oubliez votre mot de passe, vous devrez réinitialiser la synchronisation.

Opera - Les options de personnalisation

En marge des possibilités de synchronisation prises en charge par le compte utilisateur, Opera intègre une fonctionnalité de partage direct entre ordinateurs et appareils mobiles (Android ou iOS également équipés de l’application Opera Browser). Baptisé Mon Flow et accessible depuis la barre latérale du navigateur, le module est indépendant du compte utilisateur. Pour appairer PC, smartphones et/ou tablettes, il suffit de scanner le QR code affiché à l’écran, ou de saisir manuellement le code de connexion dans l'application mobile.

Opera - Configurer un smartphone
Opera - Configurer un smartphone

Les appareils synchronisés peuvent échanger en temps réel des liens, documents, fichiers multimédias. L’historique est purgé au bout de 48 heures. Il est possible d’effacer manuellement des éléments avant leur suppression automatique.

Oui, mais… Alors que nous n'avions jusqu'ici eu aucun mal à configurer le Flow, nous n'avons pas réussi à aller au bout du processus sur Opera One. Simple bug ou fonctionnalité en voie de disparition ? Mystère. Toujours est-il qu'à l'heure où nous rédigeons la mise à jour de cet avis, le Flow ne fonctionne pas. Ce qui est bien dommage.

Gestion des onglets et espaces de travail

Après des années à tergiverser, le regroupement semi-automatique des onglets débarque enfin chez Opera One. De manière très concrète, le navigateur rassemble les URL ouvertes à partir d’une page mère dans des « îlots » dont on identifie la source grâce à une pastille colorée. Cliquer sur cette pastille permet de dérouler ou de réduire la liste des onglets apparentés. Mieux encore : survoler n’importe quel onglet d’un îlot déroule une liste cliquable de tous les autres onglets du groupe. Eh oui ! Opera One emprunte ici une très bonne idée de Vivaldi, à savoir les piles d’onglets.

Opera - Les piles d'onglets

Autres nouveautés discrètes, mais bien amenées : l’identification instantanée des doublons et le retour rapide en haut de page. Passez votre souris sur un onglet pour faire apparaître un liseré bleu sous les pages identiques, qu’elles appartiennent à un même îlot ou non. Par là-même, en cours de lecture, cliquez sur l'onglet actif pour retourner en haut de la page, et répétez la manipulation pour revenir à l'endroit où vous avez arrêté votre lecture.

Opera - Gestion des onglets en doublon

Opera mise aussi sur les espaces de travail, à l’image des bureaux virtuels que l’on retrouve sur Windows, macOS ou Linux. Concrètement, ces espaces de travail consistent en une imbrication de fenêtres (avec gestion des onglets multiples) dans la fenêtre principale.

Malgré une volonté apparente de dissocier ces bureaux virtuels, on regrette qu’il ne soit pas possible d’en personnaliser les thèmes ou la page d’accueil indépendamment des autres espaces créés. En clair, la suppression d’une tuile sur la Speed Dial de l’Espace 1 entraînera la suppression de cette même tuile sur tous les autres espaces disponibles.

Par défaut, Opera One dispose de deux espaces accessibles depuis la barre latérale auxquels on peut en ajouter de nouveaux (clic droit sur l’icône maison > Gérer les Espaces… > Espaces > Ajouter plus).

Opera - Gestion des espaces de navigation

Un clic droit sur un onglet > Déplacer l’onglet vers > Espace de travail permet de répartir rapidement ses pages web par thèmes, activités, domaines, etc. On évoquera aussi la prise en charge de la sélection multiple des onglets qui, grâce aux touches Ctrl + clic gauche de la souris, facilite la réorganisation de plusieurs onglets à la fois.

Opera - Manipulation des onglets entre espaces de navigation

Les internautes les moins disciplinés apprécient l’intégration d’une option de recherche dans les onglets et les pages récemment fermées, capable de retrouver du contenu spécifique parmi toutes les pages web ouvertes, quels que soient les espaces de travail et les appareils synchronisés.

Opera - Recherche au sein des onglets

Quelques options avancées améliorent le confort de navigation de manière générale. On pense à la prévisualisation des contenus en survolant les onglets à l’aide de la souris, à l’affichage des onglets du même domaine dans l’infobulle de l’onglet, ou encore au défilement vers le haut de la page en cliquant sur l’onglet actif. Toutes ces fonctionnalités peuvent être activées dans les Réglages > Navigateur > Interface utilisateur.

Opera - Réglages de l'interface
Opera - Prévisualisation des onglets

On conclut enfin sur la possibilité d’enregistrer une session d’onglets dans un dossier épinglé à la page d’Accès rapide de manière à pouvoir charger en un clic l’ensemble des pages web sauvegardées ultérieurement.

Opera - Enregistrer des onglets sur la page d'Accès rapide

VPN et crypto-wallet

Impossible de parler d’Opera sans évoquer ses fonctionnalités dédiées à la préservation de l’anonymat. On pense d’emblée à Opera VPN, option gratuite et illimitée permettant aux internautes de masquer leur emplacement géographique et leur adresse IP lorsqu’ils naviguent en ligne.

Pour profiter de la fonction, il est nécessaire de se rendre une première fois dans les paramètres du logiciel (O > Réglages > Avancé > Fonctions > VPN). Une fois l’interrupteur activé, une icône apparaît dans la barre d’adresse. Il suffit de cliquer dessus pour initier ou interrompre la connexion privée, ainsi que pour sélectionner un emplacement virtuel (Europe, Amériques, Asie).

Depuis la mise à jour Opera One, Opera VPN ne communique plus sur le volume de données transférées via le proxy.

Opera - Le VPN intégré

Toujours dans les réglages, quelques options permettent aux internautes d’affiner légèrement la configuration d’Opera VPN (connexion au lancement du navigateur, contourner le VPN pour les moteurs de recherche par défaut et les sites intranet, édition de règles de contournement additionnelles).

Aujourd’hui encore, Opera One s'impose comme l’un des seuls navigateurs, avec Brave, à intégrer nativement une telle solution de confidentialité.

Depuis mars 2020, le navigateur embarque également un portefeuille de cryptomonnaies permettant essentiellement d’acheter, recevoir, envoyer et vendre des ETH, ainsi que de gérer ses NFT. Pour activer le service, il faudra se rendre dans les Réglages > Avancé > Fonctions > Crypto Wallet.

Opera - Le portefeuille crypto intégré
Opera - Un code QR pour recevoir un virement

Gestion des médias et Pinboards

Partage de fichiers, espaces de travail, VPN, crypto-wallet, gestion média : plus qu’un navigateur Internet, Opera se mue en plateforme multifonction, affichant sa volonté de remplacer un maximum d’applications tierces. En témoigne son lecteur intégré, agrégateur des services de streaming audio les plus populaires.

Opera - Le lecteur audio intégré avec des services de streaming

Les internautes peuvent se connecter à leurs comptes utilisateur et retrouver au même endroit l’ensemble de leurs musiques, clips et podcasts. Le passage d’une plateforme à une autre s’effectue en un clic, depuis le menu déroulant situé en haut à gauche de la fenêtre du lecteur.

Opera - Spotify directement dans le navigateur

Les vidéos en ligne profitent également de quelques ajustements visant à rendre la navigation plus confortable en cas d’activités connexes. Le Picture-in-Picture (PiP) est applicable à l’ensemble des contenus Internet compatibles (Réglages > Fonctions > Détachement de la vidéo), tandis que le pop out – sorte de PiP spécifiquement pensé pour les plateformes de visio – permet le détachement automatique des onglets de vidéoconférences (Réglages > Avancé > Fonctions > Faire un pop out de la vidéoconférence). Un atout qui autorise les internautes en télétravail à poursuivre leurs activités en ligne (professionnelles ou non) en marge de leurs réunions à distance.

Opera - Le PiP

Enfin, un module Pinboards rappelant Pinterest, ou les Collections de Microsoft Edge, accessible dans la barre latérale, centralise toutes sortes de contenus (liens, images, texte, onglets, etc.) que les internautes épinglent, organisent en tableaux thématiques et partagent avec d’autres.

Opera - Le module Pinboards à la Pinterest

Un couteau suisse de la productivité

On trouve chez Opera One un ensemble de fonctions discrètes mais appréciées, favorisant une expérience de navigation fluide et intuitive. On pense notamment à l’outil de capture d’écran (accessible à droite de la barre d’URL) capable d’enregistrer l’intégralité d’une page grâce à la prise en charge de la molette de la souris, ou encore à l’option « pop-up de recherche » permettant d’effectuer une recherche instantanée sur le web à partir d’un mot ou d’un paragraphe sélectionné, ou de solliciter Aria. Les résultats s’ouvrent dans un nouvel onglet via le moteur de recherche configuré par défaut.

Opera - L'intégration de l'IA Aria

La personnalisation faisant partie intégrante de l’identité d’Opera, utilisateurs et utilisatrices sont autorisés à (re)définir les raccourcis clavier à l’adresse opera://settings/keyboardShortcuts.

Opera - La configuration des raccourcis

Dans la mesure où le navigateur est basé sur Chromium, et bien qu’Opera dispose de son propre magasin d’addons, libre à chacun d’étendre ses fonctionnalités à l’aide des extensions du Chrome Web Store.

Sécurité et vie privée d’Opera One

L’organisation générale d’Opera One et ses récentes actualités nous poussent à percevoir le navigateur comme un outil de confiance, soucieux de préserver l’anonymat de ses internautes et de protéger leurs données privées.

Nous avons déjà évoqué son VPN intégré, gratuit et illimité, ainsi que le développement de son crypto-wallet. Dans cette logique de web sécurisé, libre, ouvert et décentralisé, le navigateur prévoit la prise en charge du protocole P2P IPFS.

La sécurité de la vie privée passe également par les modifications autorisées des réglages WebRTC, l’activation possible du protocole DNS over HTTPS, la mise à niveau automatique de la connexion vers HTTPS ainsi que l’intégration native d’un bloqueur de publicités et de traqueurs.

Opera - Les outils de confidentialité

Toutefois, certains aspects d’Opera nous poussent à émettre quelques réserves. À la lecture de la politique de confidentialité, nous apprenons que le navigateur attribue à ses utilisateurs et utilisatrices un identifiant unique. Couplé aux informations de géolocalisation, ce numéro permet à la société de soumettre des annonces ciblées à ses internautes, et ce malgré l’activation du bloqueur de publicités.

Par là même, comme nous l’avons souligné un peu plus tôt, Opera One ne se cache pas de mettre en avant ses partenaires sur la page d’accueil.

Opera - Le navigateur propose du contenu publicitaire par défaut

Pour modifier ces réglages (publicités personnalisées et collecte de données), il faudra se rendre à l’adresse opera://settings/privacy et désactiver les interrupteurs adéquats.

On en profite pour rappeler que si la société avait été rachetée par un consortium un consortium d’investisseurs chinois (Beijing Kunlun Tech, Qifei International Development, Keeneyes Futures Holdings, Golden Brick Capital Private Equity Fund), elle a racheté ses parts en octobre 2022, ce qui ne manque pas de nous rassurer sur le traitement des données des utilisateurs

On conclut enfin sur le VPN gratuit d’Opera qui, contrairement à ce que son nom indique, n’est pas un VPN mais un simple proxy établissant des connexions HTTPS/TLS classiques. L’option suffit pour accéder à du contenu géorestreint (services de streaming comme Netflix US, par exemple) mais n’offre aucune protection en plus de ce que proposent déjà la majorité des sites et serveurs web actuels. Opera propose en revanche une vraie souscription VPN baptisée Opera VPN Pro.

Benchmarks et utilisation des ressources

Les benchmarks suivants ont été réalisés sur un PC portable (Asus VivoBook, AMD Ryzen 7 3700U, 8 Go de RAM, HDD 500 Go, Windows 11). Chaque navigateur a été testé dans sa dernière version au moment de la rédaction de cet article.

Un benchmark n’a de sens que s’il est comparé à d’autres relevés effectués dans les mêmes conditions de test. Afin d’obtenir des résultats aussi fiables que possible, seule la fenêtre du navigateur est restée ouverte sur le PC. Les mesures ont été effectuées trois fois de manière à obtenir une moyenne représentative.

Basemark Web 3.0 : performances liées à l’utilisation des applications web répondant aux standards W3C

Opera - Benchmark - Basemark Web 3.0

Jetstream 2.1 : performances liées aux traitements JavaScript et WebAssembly

Opera - Benchmark - Jetstream 2.1

Speedometer 2.1 : performances liées à la réactivité des web apps à partir d’interactions utilisateur simulées

Opera - Benchmark - Speedometer 2.1

Les résultats obtenus placent Opera One en assez bonne position vis-à-vis de la concurrence. L’usage pratique confirme par ailleurs une vitesse de navigation satisfaisante et de bonnes performances, alors que nous n’avons éprouvé aucun ralentissement injustifié au cours de notre test.

Un coup d’œil au gestionnaire des tâches nous a également démontré qu’Opera se montre raisonnable en consommation de ressources. Une économie de RAM en partie induite par la mise en pause automatique des onglets inactifs.

L’avis de la rédac

Considérant ses très bonnes performances et sa palette de fonctionnalités intégrées, il va sans dire qu’Opera One rivalise sérieusement avec les navigateurs Internet grand public les plus utilisés. Plus accessible que Vivaldi en termes de prise en main, et offrant davantage d’outils avancés et de personnalisation que Google Chrome ou Microsoft Edge, le service sait aussi bien s’adresser aux internautes peu expérimentés qu’aux utilisateurs et utilisatrices chevronnés.

On apprécie fortement son environnement fonctionnel, articulé autour de nombreux raccourcis favorisant une navigation fluide et intuitive (prise en charge de différentes IA, Speed Dial, barre latérale, raccourcis vers les outils de productivité dans la barre d’adresse). L’intégration d’un lecteur multimédia compatible avec les principales plateformes de streaming audio et accessible en un clic est un plus pour qui a la (mauvaise) habitude de multiplier les onglets sans jamais les organiser. Les espaces de travail ordonnent les sessions de navigation sur Internet en fonction des diverses activités menées de front par les internautes, et le nouveau mécanisme de regroupement des onglets apporte enfin satisfaction.

On émet en revanche de solides réserves concernant les aspects liés à la sécurité et à la confidentialité des données privées. Car si Opera One semble mettre l’accent sur la décentralisation du web (réglages IPFS, crypto-wallet), l’anonymat (VPN) et la protection des informations personnelles (réglages WebRTC, bloqueur de publicités et de traqueurs natif), sa politique de confidentialité, son rachat par un fonds d’investissement chinois, la kyrielle de partenaires mis en avant sur la Speed Dial et sa configuration par défaut activant la collecte des statistiques d’utilisation du service prouvent que le navigateur n’est, en réalité, pas beaucoup plus scrupuleux que Google Chrome ou Microsoft Edge.

Conclusion
Note générale
9.2 / 10

Opera One est la nouvelle version du navigateur Opera, qui a été récemment lancée après une courte période d'accès anticipé. Cette version réinvente la manière dont nous interagissons avec notre navigateur en intégrant des fonctionnalités intelligentes et une conception modulaire. Cette approche permet une navigation plus fluide en adaptant automatiquement le contenu de l'interface en fonction du contexte.

Les plus
  • Intégration des fonctionnalités basées sur l’IA pour une navigation intelligente
  • Navigation intuitive grâce au groupement automatique des onglets
  • Une interface épurée, réactive et entièrement personnalisable
  • Très bonnes performances
  • Efforts de décentralisation et de sécurisation du web
Les moins
  • Trop nombreux partenariats mis en avant
  • Synchronisation du Flow ne fonctionne plus
Par Chloé Claessens
Spécialiste cybersécurité

Débarquée chez Clubic en 2020 pour parler logiciels, applications et systèmes d’exploitation, je me suis peu à peu spécialisée dans le domaine de la cybersécurité. J’écris essentiellement sur les VPN, mais je couvre aussi les sujets liés à la sécurité des systèmes et des réseaux.

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Commentaires (8)
Orko

Merci pour cet article.

stratos

sur wikipedia c’est
« Le navigateur Opera a été détaché de ce consortium chinois qui avait racheté Opera Software et est aujourd’hui norvégien »

Le groupe chinois n’avait pas eu l’accord pour tout racheter.
Sale to Chinese consortium

In 2016, the company changed ownership when a group of Chinese investors purchased the web browser, c… An earlier deal was not approved by Norwegian regulators.[43] On 4 November 2016, Golden Brick Capital Private Equity Fund I L.P. completed the acquisition.[45] After divesting itself of the Opera browser and brand, Opera Software ASA[note 1] changed its name to Otello Corporation ASA.[46]

Opera encore basé a oslo donc lois européenne

LightBeamOverHeaven

J’aurais adoré pouvoir utiliser Opera GX, mais c’est le seul navigateur qui ne permet pas de mettre un moteur de recherche custom autre que ceux qui sont dans la liste par défaut
Donc je peux pas utiliser Startpage, donc je peux pas l’utiliser sur le long terme, c’est vraiment dommage parce que ça pourrait me faire quitter Vivaldi si ils faisaient ça, juste ça, un truc vraiment tout simple.

cirdan

Bonjour,
Ca serait bien de mettre vos informations à jour concernant une partie importante de ce dossier : le navigateur n’appartient pas à un consortium chinois, mais est aujourd’hui norvégien.
Merci à @pierre
Edit (page Wikipedia) :
En février 2016, Opera fait l’objet d’une offre d’acquisition par un groupe d’investisseurs chinois pour un montant de 1,2 milliard de dollars, offre qui est approuvée par la direction de l’entreprise. L’offre échoue par la non-validation de l’opération par les autorités de la concurrence américaine. À la place de cette offre, le consortium chinois propose de n’acquérir qu’une partie des activités d’Opera, pour 600 millions de dollars, dans le but d’avoir l’approbation de l’autorité de la concurrence américaine.
Le navigateur Opera a été détaché de ce consortium chinois qui avait racheté Opera Software et est aujourd’hui norvégien.

ChloeCls

Bonjour @cirdan @stratos

Pour reprendre et résumer la chronologie d’Opera :

En 2016, un consortium d’investisseurs chinois représenté par Golden Brick Capital Private Equity Fund I L.P. lance une OPA sur l’entreprise norvégienne Opera Software ASA. Cette offre vise à racheter 100% de la société pour 1,2 milliard de dollars.

Les conditions ne convenant pas à Opera, le rachat est renégocié comme suit : pour 600 millions de dollars, le consortium devient propriétaire d’une partie des solutions développées par la branche BtoC d’Opera Software ASA.

https://newsweb.oslobors.no/message/406030

Parmi les produits cédés par Opera, on retrouve les navigateurs web (desktop et mobile) et les applications et solutions liées aux performances et à la confidentialité (dont Opera VPN, donc).

Les conditions définitives du rachat stipulent également que le nom de la marque (Opera) appartient désormais au consortium. Opera Software ASA peut continuer d’utiliser cette dénomination pendant 18 mois. À l’issue de ce délai, ce qu’il reste de l’entreprise norvégienne est rebaptisé Otello Corporation.

Dans le même temps, la partie BtoC acquise par les investisseurs chinois devient une entreprise à part entière et conserve le nom Opera (nom toujours en vigueur en 2022). Le siège social est basé à Oslo, mais la société créée en 2016 appartient, encore aujourd’hui à des groupes chinois, basés en Chine, dont Kunlun, fondé par Yahui Zhou, actuel co-PDG d’Opera.

Sur le conseil d’administration et les dirigeants d’Opera :

C’est cette organisation (entreprise norvégienne détenue par des groupes chinois) qui entretient la confusion autour du cadre législatif qui s’applique (ou non) à Opera, surtout lorsque la politique de confidentialité stipule :

When we do collect personal data, such personal data may be transferred to partners in countries outside of the European Economic Area with a different level of data protection than that provided for under European law. Whenever we do so, we require that our partners agree to the European Union’s model contracts for the transfer of personal data to third countries (also known as the “standard contractual clauses”) to ensure adequate protection of your personal data.

La formule est à la fois explicite (les données transférées en dehors de l’UE échappent au niveau de protection imposée par les lois européennes) et totalement floue (qui sont ces partenaires ? Quelles sont les mesures mises en place par Opera pour garantir le respect du cadre législatif européen ?).

J’espère avoir pu répondre à vos interrogations :slight_smile:

stratos

D’où la phrase et j’avais suivi l’affaire dans le wikipedia anglais
Golden Brick Capital Private Equity Fund I L.P. completed the acquisition.[45] After divesting itself of the Opera browser and brand, Opera Software ASA[note 1] changed its name to Otello Corporation ASA

divesting , c’est « depouiller » « cédé ». en gros les chinois on pas réussit a tout racheter. Mais opera c’était plus qu’un simple browser.

Car il faut pas confondre Opera Software ASA qui elle est renommée Otello Corporation car appartient au chinois ca comprend Adcolony , Bemobi et skyfire. Avant opera TV qui a été vendu immédiatement et surfeasy qui a été vendu aussi

Opera Software SA qui lui est les browser et a été séparé de la vente au groupe chinois

il y a juste à voir le site d’otello
https://www.otellocorp.com/about/otellos-history

et le reste
we require that our partners agree to the European Union’s model contracts for the transfer of personal data to third countries

donc demande a leurs partenaires d’être en accord avec le model européen.
Ensuite c’est des browser des données vont à instagram, facebook, des entreprises de sondage comme cambridge analytica. Bref rien de nouveau, opera doit juste appliquer les lois européenne quand ils transfèrent les données. mais firefox ou autres les données vont aussi dans des pays non européen.
Pas mieux que chrome vivaldi edge,… sauf brave qui lui a deja eu des affaire avec les cryptomonaie aucune confiance

Comme firefox qui sur android coche par default d’envoyer des données a ajust marketing , mais ne le dit pas, il faut le découvrir soit même dans les parametres

What data is collected and sent to the adjust backend?

Campaign Measurement Data

When you download one of our mobile apps for the first time, if it uses Adjust, it sends an anonymous « attribution » request to the adjust servers. This request describes how the application was downloaded, for example, whether it was downloaded directly via the App Store or through a marketing campaign link. The data includes an advertising ID, IP address, and timestamp.

Interaction Data

Some of our mobile apps occasionally send adjust anonymous summaries about how often the app has been in active use recently and what features of the app are being used. These are anonymous reports that contain, for example, how many times the search, browse and erase button are pressed.

Technical Data

Adjust receives data such as country, language/locale, operating system and app version.

cirdan

Oui, merci ! Pas si simple de s’y retrouver et l’opacité n’est sans doute pas anodine.

dmdo72

Navigateur agréable et performant qui propose les mêmes fonctions que la concurrence sans être aussi lourd.
Gros point noir pour moi : la synchronisation entre appareils est catastrophique et écrase tout sans que l’on sache quel appareil sert de référence. A EVITER ABSOLUMENT