Sur CBS, Shyam Sankar, directeur technique de Palantir, assure que le Pentagone n'utilise plus les modèles d'Anthropic et que ce changement n'a pas gêné les opérations. Il s'exprime en tant que prestataire de l'armée américaine, dont la plateforme Maven intégrait Claude.

Fin février, nous rapportions que Donald Trump bannissait Anthropic des administrations américaines, avec six mois pour remplacer ses outils, et que le Pentagone la classait comme risque pour sa chaîne d'approvisionnement. Invité de l'émission Face the Nation, Shyam Sankar affirme que le remplacement est déjà fait.
Maven tourne sans Claude, selon Palantir
Claude faisait partie du Maven Smart System, la plateforme de Palantir utilisée par le Pentagone. Début mars, nous expliquions qu'il restait en service sur des réseaux classifiés et qu'Anthropic proposait d'aider à migrer vers un autre système. Quand la journaliste Margaret Brennan lui a demandé qui prenait la relève, Shyam Sankar a répondu que c'était déjà fait. Le département s'appuie désormais, selon lui, sur des modèles de xAI, d'OpenAI et de Google, ainsi que sur des modèles "open-weight" comme Nemotron de Nvidia.
Pour mémoire, "open-weight" signifie qu'il s'agit d'un modèle dont les poids, c'est-à-dire les paramètres réglés pendant son entraînement, sont publiés. Chacun peut donc l'héberger et le contrôler lui-même, sans passer par le service de son éditeur. C'est un point crucial pour Shyam Sankar lequel estime qu'une institution doit pouvoir choisir ses modèles selon l'usage, en changer, et garder la main sur les poids quand c'est nécessaire. Il présente cette approche comme le moteur de la croissance commerciale de Palantir.

On se souvient du différend entre le département de la Défense la Guerre et Anthropic. L'éditeur avait deux demandes bien précises : pas d'armes entièrement autonomes et pas de surveillance de masse des Américains. Début mars, nous apprenions qu'OpenAI avait décroché le contrat et que Dario Amodei était revenu à la table des négociations, d'après le Financial Times. Fin mars, une juge fédérale de Californie ordonnait au gouvernement de retirer la désignation de risque, par une injonction préliminaire qui laissait le procès se poursuivre.
Le dirigeant a aussi défendu l'usage de l'IA dans le ciblage militaire, qu'il décrit comme un processus plutôt qu'un choix laissé à la machine. Mener 1 000 frappes en une journée demandait deux semaines de planification à 50 personnes, contre une personne et quatre heures aujourd'hui, selon lui. Interrogé sur la frappe américaine contre une école de Minab, en Iran, qui a tué au moins 123 enfants d'après Bloomberg, il juge inexacte la version du média, selon laquelle des membres du Central Command s'étaient trop reposés sur l'IA de Maven. Il estime l'erreur humaine probable, mais renvoie au rapport final, dont il ignore la date. Palantir dit avoir ajouté des agents d'IA pour contrôler une étape du processus qu'elle ne gère pas. En juin, le patron d'Anthropic disait ne pas savoir si Claude avait servi lors de cette frappe.