Anthropic a déposé deux plaintes contre le département de la Défense américain. La société conteste sa désignation comme "risque pour la chaîne d'approvisionnement" et accuse le gouvernement de l'avoir sanctionnée pour ses prises de position sur l'usage de l'IA.

Blacklisté, Anthropic attaque le Pentagone en justice et personne ne sait comment ça va finir ©Shutterstock
Blacklisté, Anthropic attaque le Pentagone en justice et personne ne sait comment ça va finir ©Shutterstock

Comme nous le rapportions, le Pentagone avait formellement notifié Anthropic de cette classification la semaine dernière, à l'issue de l'échec des négociations autour d'un contrat de 200 millions de dollars. La société passe désormais à l'offensive.

La sécurité nationale devient un levier commercial

Anthropic a saisi deux juridictions avec d'un côté le tribunal fédéral du district nord de la Californie et de l'autre, la cour d'appel du circuit de Washington D.C. Les deux plaintes reposent sur le même argument : la loi sur les risques liés à la chaîne d'approvisionnement a été conçue pour cibler des entreprises étrangères considérées comme des menaces, comme Huawei. Elle n'a jamais été appliquée à une société américaine.

Anthropic invoque également le premier amendement de la Constitution américaine, lequel protège la liberté d'expression. La société avait posé deux conditions lors des discussions avec le Pentagone. D'une part, en refusant d'utiliser Claude pour la surveillance de masse des citoyens américains, et d'autre part, son refus de le déployer dans des armes létales autonomes. Mais pour le Pentagone, une entreprise privée ne peut certainement pas dicter la politique de l'État.

Le New York Times, qui rapporte l'information, cite les propos de Jessica Tillipman, doyenne adjointe à la faculté de droit de George Washington University. Cette dernière estime que la désignation dépasse son cadre initial : "Ils transforment ce qui est conçu comme un outil de sécurité nationale en levier commercial."

Une situation absurde et paradoxale

Malgré la désignation officielle, les systèmes d'Anthropic sont toujours utilisés au sein du département de la Défense. Ils tournent sur des réseaux classifiés pour analyser et trier de grands volumes de données de renseignement. Cela inclut d'ailleurs des opérations actuellement en cours au Moyen-Orient.

Anthropic dit rester ouverte au dialogue, même avec des procédures judiciaires en cours. La société a aussi proposé d'accompagner le Pentagone dans une éventuelle migration vers un autre système d'IA. OpenAI et xAI, la structure d'Elon Musk, ont de leur côté signé des accords avec le département de la Défense. La maison mère de ChatGPT explique avoir la mainmise sur ses algorithmes pour éviter toutes dérives pointées par Anthropic.

Comme nous le rapportions, le Pentagone avait brièvement semblé revenir sur cette décision après l'annonce initiale, sans que cela ne change l'issue des négociations. Reste à savoir si, suite à ces dépôts de plainte, le Pentagone fera marche arrière.

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