Si elle est en pleine esbroufe avec le Pentagone, cela n'empêche pas Anthropic d'enregistrer des performances remarquables. Une preuve de l'attrait grandissant de ses technologies… Au point de faire regretter le gouvernement américain ?

La semaine dernière, le Pentagone annonçait qu'Anthropic, première entreprise d'intelligence artificielle (IA) à avoir passé un accord avec le département de la Défense il y a plusieurs mois, serait considérée comme risque pour la chaîne d'approvisionnement. En cause, le refus du P.-D.G, Dario Amodei, que ses modèles soient utilisés pour la surveillance de masse et dans les armes autonomes.
Dans la foulée, OpenAI a décroché le contrat tant convoité, faisant vivement réagir de nombreux usagers : beaucoup sont passés de ChatGPT à Claude en l'espace d'un week-end seulement. Malgré tout, la décision du gouvernement a des implications terribles pour Anthropic.
De nouvelles négociations en cours
Car selon CNBC, plusieurs entreprises américaines spécialisées dans la défense ont rapidement ordonné à leurs employés de ne plus utiliser Claude. « Cela ne reflétait en aucun cas une lacune perçue, la plupart des commentaires soulignant que la situation est regrettable car le produit lui-même est excellent », précise Alexander Harstrick, associé directeur chez J2 Ventures, fonds qui soutient des start-ups dans ce domaine.
Mais le vent semble déjà avoir tourné. Selon des informations recueillies par le Financial Times, Dario Amodei est de retour à la table des négociations avec le département américain de la Défense, et plus particulièrement avec Emil Michael, sous-secrétaire chargé de la recherche et de l'ingénierie.
De son côté, Sam Altman, patron d'OpenAI, a indiqué avoir fait amender son deal avec le Pentagone, notamment au regard de la surveillance de masse. En interne, l'accord ne passerait pas auprès des employés, à tel point que plusieurs ont décidé de quitter le navire ces derniers jours.

Les revenus d'Anthropic explosent
La situation chez Anthropic est contraire. Après avoir tenu tête au gouvernement, Dario Amodei a organisé une réunion auprès de son personnel durant laquelle il a levé le voile sur les revenus récents enregistrés par la start-up. Et il y a de quoi se réjouir : elle dépasse désormais les 19 milliards de dollars de revenus annualisés.
Pour comprendre l'ampleur de la progression, il suffit de regarder la courbe : 9 milliards fin 2025, 14 milliards il y a quelques semaines à peine, et presque 20 milliards aujourd'hui. En quelques mois, la société a plus que doublé son rythme de croissance. Le moteur de cette envolée ? L'adoption massive de ses modèles d'IA et, en particulier, de Claude Code.
Si l'entreprise parvient effectivement à échapper à la liste noire du gouvernement, elle risque de clairement donner du fil à retordre à OpenAI, sa plus grande rivale.
Sources : CNBC, Bloomberg, The Financial Times