Le week-end a été très agité sur le terrain de l'intelligence artificielle (IA). Pour la première fois, Claude a surpassé ChatGPT sur l'App Store américain. Et c'est tout sauf un harsar…

Il y a quelques jours, le département de la Défense américain lançait un ultimatum explosif à Anthropic : l'entreprise devait lui permettre d'exploiter ses IA à « toutes fins légales », ou se voir infliger une sanction aux conséquences lourdes.
Dario Amodei, P.-D.G de la start-up, a campé sur ses positions et refusé que ses modèles soient utilisés pour prendre des décisions autonomes dans un contexte militaire, ainsi que pour réaliser des opérations de surveillance de masse. Washington est vite passée à l'action et a banni Anthropic de l'ensemble de ses agences fédérales.
Claude explose sur l'App Store
C'est une catastrophe sur le plan commercial pour l'entreprise, qui a d'ailleurs annoncé qu'elle s'en remettrait à la justice. La pilule est d'autant plus difficile à avaler que dès le lendemain, Sam Altman, patron d'OpenAI, a assuré avoir conclu un accord avec la défense américaine. Cerise sur le gâteau : il aurait obtenu les conditions qu'Anthropic n'a pas réussi à décrocher.
Mais cette affaire a aussi eu un impact sur la popularité des chatbots grand public des deux sociétés impliquées : ChatGPT et Claude. Car ce samedi 28 février et ce dimanche 1er mars, Claude n'a cessé de grimper au classement des téléchargements outre-Atlantique, et a même chipé la place de sa grande rivale.
Face au tollé suscité par l'annonce d'OpenAI, son patron a organisé une session de questions-réponses sur X.com. Il y a notamment expliqué que son deal avec l'armée était « clairement précipité », reconnaissant que cela affublait son entreprise d'une « mauvaise apparence ».

- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique
Des doutes subsistent
Mais d'autres facteurs entrent en jeu dans cette tendance. Depuis plusieurs semaines, un mouvement « boycott ChatGPT » prenait déjà de l'ampleur aux États-Unis. En cause, la complaisance de Sam Altman avec les agissements du gouvernement, ainsi que la donation de 25 millions de dollars de Greg Brockman, le président d'OpenAI, à une structure de financement politique pro-Trump.
À noter également que des doutes subsistent sur le contrat passé entre l'entreprise et l'administration Trump. Le texte prévoit, en effet, que la collecte de données devra se conformer à un décret qui permet à la NSA de surveiller des citoyens américains via des infrastructures situées hors des États-Unis. De quoi ouvrir la voie à de potentielles pratiques de surveillance domestique.
Sources : Axios, TechCrunch