Anthropic commence à s'attirer les foudres de l'administration Trump. La start-up, considérée comme l'un des leaders de l'intelligence artificielle (IA), refuse certains usages militaires de son IA, et risque gros.

Anthropic s'attire les foudres de l'administration Trump. ©Tigarto / Shutterstock
Anthropic s'attire les foudres de l'administration Trump. ©Tigarto / Shutterstock

Contrairement à ses rivaux qui se sont surtout centrés sur le grand public, Anthropic se distingue par une stratégie tournée vers les entreprises et les institutions publiques. Une approche qui lui a permis de bâtir une réputation solide dans les environnements sensibles, jusqu'à devenir la première société d'IA générative à voir ses modèles autorisés sur des réseaux classifiés du Département de la Défense américain.

OpenAI, Google et xAI ont depuis accéléré leurs efforts et désormais, le Pentagone affiche une priorité claire : pouvoir déployer l'ensemble de ces modèles pour tous les usages jugés légaux, afin de ne pas dépendre d'un seul fournisseur.

Anthropic refuse certains usages militaires

Selon une enquête du Wall Street Journal, Anthropic refuse catégoriquement que sa technologie soit exploitée pour la surveillance domestique ou des systèmes létaux autonomes. Car l'entreprise a aussi forgé sa réputation sur la sûreté de l'IA, cette décision s'aligne donc parfaitement avec la politique qu'elle défend. Ses concurrentes, elles, ont donné leur accord pour ces usages, indique le média.

Dans ce contexte, l'utilisation de Claude pour la capture de Nicolás Maduro début janvier a suscité des interrogations en interne chez Anthropic, qui interdit de telles pratiques. Et cette résistance passe très mal à Washington D.C. Certains responsables du Pentagone envisageraient de considérer Anthropic comme un « un risque pour la chaîne d’approvisionnement », une qualification rare pour une entreprise américaine.

Les modèles d'Anthropic comptent parmi les meilleurs du marché. ©miss.cabul / Shuttertstock
Les modèles d'Anthropic comptent parmi les meilleurs du marché. ©miss.cabul / Shuttertstock

Des prises de position claires

Les prises de position politiques des dirigeants de la société n'arrangent pas la situation. Avant l'élection présidentielle américaine, son P.-D.G, Dario Amodei, a comparé Donald Trump à un « seigneur féodal ». Il a aussi critiqué, plus récemment, les décisions sur les exportations de semi-conducteurs. Sa sœur Daniela Amodei, présidente de l'entreprise, s'est également exprimée publiquement sur des sujets sensibles liés à l'actualité politique.

De même, Anthropic a recruté plusieurs anciens responsables de l'administration Biden, dont l'ex-conseiller IA Ben Buchanan ou encore Tarun Chhabra, ancien membre du Conseil de sécurité nationale chargé des questions technologiques. Ces profils, très expérimentés sur les enjeux de sécurité et de régulation, sont perçus par certains alliés de Donald Trump comme une orientation politique assumée.

Si le Pentagone va effectivement au bout de ses idées, la start-up risque de perdre des alliés stratégiques de haut rang. Et ce serait un sérieux revers, alors qu'elle vise une entrée en Bourse historique.

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