En quelques jours, les actions de plusieurs entreprises spatiales se sont envolées. Cette euphorie n’est pas un hasard, mais le fruit d’une convergence de facteurs qui transforme l’industrie spatiale en eldorado pour les investisseurs.

La valorisation des fleurons spatiaux explose. ©Alones / Shutterstock
La valorisation des fleurons spatiaux explose. ©Alones / Shutterstock

Le mois prochain, SpaceX réalisera une introduction en Bourse s’annonçant déjà historique. La valorisation attendue du mastodonte dépasse 1 750 milliards de dollars, pour une levée de fonds qui pourrait franchir la barre des 75 milliards, soit plus du double du record mondial détenu par Saudi Aramco depuis 2019. Une opération à ce niveau agit bien entendu comme un aimant sur l’ensemble du secteur, note CNBC.

La mission Artemis II a galvanisé la filière

La semaine dernière, Firefly Aerospace a vu le cours de son action grimper de 20 %. L’entreprise, qui a récemment atteint l’orbite avec sa fusée Alpha, se prépare à déployer un lanceur plus puissant. Elle prévoit également de poser un atterrisseur sur la face cachée de la Lune dans le cadre du programme Artemis.

La cote d’Intuitive Machines a subi une hausse similaire, elle qui a récemment opéré une nouvelle levée de fonds et bouclé un juteux contrat avec la NASA pour retourner sur la Lune. Pour rappel, ses deux missions précédentes ont connu des succès en demi-teinte. Nous avons ensuite Redwire, dont le cours a augmenté de 19 %, et Voyager Technologies, qui a pour sa part observé une hausse de 14 %.

Outre SpaceX qui se prépare à envahir Wall Street, deux autres facteurs alimentent cet engouement. Tout d’abord, et sans surprise, on retrouve le programme Artemis de la NASA, avec le premier vol habité autour de la Lune depuis un demi-siècle. Désormais, l’heure est à l’implantation d’une base sur notre satellite et c’est l’ensemble de la filière qui en bénéficie.

Ensuite, il y a le projet Golden Dome de Donald Trump, ce bouclier antimissile orbital qui doit s'appuyer massivement sur des constellations de satellites militaires. Car le contrat est potentiellement colossal pour les entreprises capables de répondre à cette demande.

La coiffe de Neutron, future fusée de Rocket Lab. ©Rocket Lab
La coiffe de Neutron, future fusée de Rocket Lab. ©Rocket Lab

La montée en puissance de Rocket Lab

Mais l’entreprise qui illustre parfaitement cette tendance s’appelle Rocket Lab. Son action a bondi de 34 % en une seule séance la semaine dernière, sa meilleure performance boursière de tous les temps. En cause, des résultats trimestriels qui ont largement dépassé les attentes, la société ayant généré 136,7 millions de dollars de revenus pour son activité systèmes spatiaux, et 63,7 millions pour son segment lancement.

Son carnet de commandes a plus que doublé en un an, pour atteindre 2,2 milliards de dollars. Et pour le deuxième trimestre, la direction anticipe entre 225 et 240 millions de revenus, là encore au-dessus du consensus de Wall Street. Car Rocket Lab vient de signer le plus grand accord commercial de son histoire avec un client confidentiel, incluant ses fusées Neutron, qui doit voler pour la première fois cette année, et Electron.

Récemment, elle décrochait aussi un contrat de 190 millions de dollars pour 20 vols hypersoniques de test avec le département américain de la défense. « Le signal de la demande est clair  », a lancé Peter Beck, son P.-D. G. L’opportunité est en or pour les acteurs du spatial, mais tous ne pourront pas la saisir.