Fargo : au royaume des losers, la violence est reine

26 septembre 2020 à 15h15
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C'est bien simple, quand je pense à Fargo, les adjectifs dithyrambiques qui traversent mon esprit sont si nombreux que seul le mot « divin » semble en mesure de résumer ma pensée.

Le veilleur d'écran[s] S04E04 📺 : Fargo

Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :

Fargo : How (not) to get away with murder

À l'heure où sont rédigées ces lignes, je trépigne d'impatience sur mon fauteuil (et ce n'est pas pratique pour écrire) : attendue depuis plus de trois ans et maintes fois repoussée, la saison 4 de Fargo sera finalement diffusée sur FX ce dimanche 27 septembre - soit presque tout de suite après la publication de cette chronique…

Il ne reste alors plus qu'à espérer qu'à l'instar des précédentes saisons, Netflix la propose rapidement en France. Autant vous dire que c'est l'un des événements série que j'ai le plus attendu cette année.

Il faut dire qu'à mes yeux presque aucune série n'arrive à la cheville de Fargo en termes de qualité globale ; j'irais même jusqu'à avancer qu'elle est un idéal que toutes les autres devraient chercher à atteindre.

Mais avant de vous détailler en quoi je l'estime plus brillante que ses concurrentes, résumons la rapidement, pour les malchanceux d'entre vous qui n'auraient pas encore embarqué dans l'aventure de Noah Hawley (ou chanceux, qui vont pouvoir la découvrir pour la première fois).

Le réalisateur, déjà évoqué dans nos colonnes pour l'excellente série Marvel Legion, propose ici une adaptation assez libre du film Fargo, réalisé par les frères Cohen en 1996. Il reprend bien, en effet, le concept d'intrigues tournant autours de faits divers survenus dans des petites villes perdues aux Etats-Unis, prétextant au passage qu'il s'agit d'histoires vraies (alors que pas du tout) pour immerger et tromper le spectateur. Toutefois, rapidement, Hawley propose sa propre œuvre.

Dans Fargo, chaque saison est indépendante, façon série d'anthologie, lieux, personnages et même dates changeant complètement. Seule la saison 2 fait des liens concrets avec la première, mais demeure tout a fait regardable seule.

La première saison, portée par Martin Freeman, se déroule en 2006 dans le Minnesota. La deuxième revient en 1979 dans le Dakota du Sud avec Kirsten Dunst. La troisième retourne dans le Minnesota, mais en 2010, avec Ewan McGregor dans un double rôles. Enfin, la quatrième devrait prendre du recul et se dérouler en 1950, dans le Missouri, avec Chris Rock en tête d'affiche.

Conflits de connards

Bien entendu, ces saisons ont tout de même des points communs, au-delà de leurs situations géographiques isolées. Il est ainsi question d'y suivre des personnages initialement très ordinaires, et auxquels il est assez aisé de s'identifier, qui vont se retrouver dépassés par les événements lors d'une crise impliquant le plus souvent un acte criminel (généralement un meurtre).

Il faut dire que nos « héros » ne sont pas toujours les couteaux les plus aiguisés du tiroir ; et la présence de for-mi-da-bles méchants dans leur entourage ne les aide pas à prendre les meilleures décisions dans une spirale d'événements toujours plus dramatiques et jouissifs à suivre.

Je me trompe rarement (c'est faux), mais quand je le fais, je le fais bien.

Fargo propose probablement les meilleurs antagonistes que j'aie jamais vu. L'incroyable talent d'écriture des scénaristes de la série, côté dialogues et intrigue - principalement dramatique mais qui n'oublie pas d'ajouter une savante touche d'humour noir bienvenue - n'y est assurément pas pour rien. Mais on peut aussi tirer le chapeau à l'acting.

Qu'il s'agisse de Billy Bob Thornton en saison 1 ou de David Thewlis en saison 3, pour ne pas dévoiler tout le monde, les passages cultes sont légions et Fargo enfile les moments mémorables, angoissants et chargés en malaise, comme sur un beau et sanglant colliers de perles.

Toute série est une oeuvre d'art, mais Fargo colle mieux que nulle autre à cette description

Et le reste de l'incroyable casting n'est pas en reste (il est d'ailleurs difficile de ne pas citer de noms supplémentaires, pour laisser un peu de surprise…). Acteurs et actrices sont au diapason d'une écriture absolument exemplaire, régulièrement jouissive, surprenante et chargée en répliques qui risquent de vous rester en tête.

Vous commencez à avoir l'eau à la bouche ? Attendez, je ne vous ai même pas encore parlé du principal point fort de la série, à mon sens : son ambiance.

Car c'est bien là que Fargo domine véritablement toutes les autres. Avec sa réalisation, sa mise en scène et sa photo incroyables, la série multiplie les passages faisant tomber la mâchoire des spectateurs, béats devant un plan ou une scène comme devant une toile de maître.

J'ai une mémoire véritablement très limitée (oh, un nouveau meuble !), et pourtant je garde parfaitement en tête certains passages de la série. Une poursuite dans une tempête de neige, un massacre hors caméra dans un immeuble, une certaine explosion de violence imprévue… Ces images sont gravées au fer rouge dans mon cerveau, et Fargo se pose là, en véritable leçon de cinéma.

Tel Moralès, il marcha sur une Minnesota

Et quand on parle ambiance, impossible de ne pas souligner le riche travail à la musique : envoûtante, elle est réalisée par Jeff Russo (déjà évoqué plusieurs fois dans cette chronique), et vient sublimer l'image avec une chape musicale mémorable et entêtante, même une fois la télévision éteinte. Si toute série est une œuvre d'art, Fargo colle mieux que nulle autre à cette description.

J'arrive déjà à la fin de cette chronique, et j'ai la très désagréable impression de ne pas avoir réussi à rendre l'hommage que mérite véritablement le chef d'œuvre qu'est Fargo. Il me semble que mes mots ne sont ni assez nombreux ni à la hauteur de la qualité de la série, et je crois que le mieux que vous ayez à faire est encore de la voir pour me croire.

Cette série est pour vous si :
- Vous aimez les séries à ambiance et personnages uniques
- Vous appréciez les (fausses) histoires vraies
- Vous cherchez des shows avec castings 5 étoiles
Cette série n'est pas pour vous si :
- Vous n'aimez pas le format « anthologique »
- Vous êtes allergiques à la violence
- Vous recherchez avant tout une série avec beaucoup d'action

Les 3 (4 ?) saisons de Fargo sont disponibles sur Netflix.

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