Test Hisense 65U8QF : difficile de trouver mieux à moins de 1 000 € ?

Matthieu Legouge
Spécialiste Hardware
08 octobre 2020 à 12h05
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La coupe d’Europe de football 2020 a beau avoir été reportée, les téléviseurs officiels qui l’accompagnent ont déjà pris place dans beaucoup de salons, comme c’est le cas du 65U8QF que nous testons aujourd’hui.

Hisense s’est justement fait un nom dans nos contrées en devenant partenaire d’un grand nombre d’évènements sportifs. Ces opérations marketing couplées à des tarifs bien inférieurs à la concurrence participent à étendre l’influence du fabricant chinois, qui s’est déjà taillé une belle part sur le marché européen.

Sur le papier, le modèle testé aujourd’hui est très alléchant : il s’agit de l’un des téléviseurs QLED parmi les plus accessibles à ce format (65"), mais il dispose surtout d’un rétroéclairage Full Array Local Dimming sur 180 zones, d’une dalle VA 100 Hz, compatibilité multi-HDR qui englobe Dolby Vision et HDR10+, ou encore d'une barre de son intégrée signée JBL. Autrement dit, une fiche technique impressionnante compte tenu du tarif ; le tout est maintenant de savoir si le 65U8QF s’en sort bien dans la pratique.

Prix et disponibilité

La série U8QF (ou U82QF) se décline en deux tailles d’écrans, 55 et 65, avec deux références lancées en juin 2020. Le modèle à la diagonale la plus généreuse affiche un prix de lancement à 1 299 €, tandis que le 55U8QF est arrivé sur le marché à 999 €.

Actuellement et jusqu’au 31 octobre 2020, ces deux téléviseurs bénéficient d’une ODR allant jusqu’à 300 € ; l’offre en devient donc encore plus attirante pour cette gamme encore jeune.

Toutes les mesures réalisées dans le cadre de ce test ont été enregistrées avec le logiciel CalMAN Ultimate, une sonde X-Rite i1 Display Pro Plus et un boîtier de mesure d'Input Lag Leo Bodnar.

Hisense 65U8QF : sa fiche technique

Le Hisense 65U8QF, c’est :

  • Type d'écran : QLED 4K Ultra HD (3 840 x 2 160 pixels) / 65" (164 cm)
  • Dalle : 8 bits + FRC / 100Hz – Rétroéclairage Full LED sur 180 zones
  • Compatibilité HDR : Dolby Vision / HDR 10 et HDR 10+ / HLG
  • Connectiques : 4x HDMI 2.0 (ARC / CEC), 2x USB 2.0, 2x antenne, tuner satellite DVB-T2/C/S2, Ethernet RJ45, sortie optique Toslink
  • OS : Vidaa U 4.0
  • Connectivité : Bluetooth / Wi-Fi 802.11ac
  • Assistant vocal : Amazon Alexa

Design premium mais massif

Hisense a beau être un fabricant que l’on peut qualifier de « low-cost », il n’en demeure pas moins que l’on attend une certaine qualité d’assemblage, des finitions sans reproches et un design moderne lorsque l’on investit un minimum de 1 000 € dans un téléviseur.

© Matthieu Legouge pour Clubic

Dans l’ensemble, le design de ce 65U8QF est plutôt réussi, mais toutefois sans grande surprise ni prise de risque. La face avant a clairement des airs premium avec son cadre très discret faisant la part belle à l’image, son liseré argenté, mais aussi avec une intégration réussie de la barre de son signée JBL.

Il est possible de désactiver le voyant de veille dans les paramètres du téléviseur © Matthieu Legouge pour Clubic

Le pied central rappelle quant à lui certaines références de chez Samsung. Imposant, il est néanmoins bien pratique avec sa forme en Y, il permet à ce téléviseur d’être installé sur la plupart des meubles TV ce qui vous évitera peut-être de remplacer votre mobilier si celui-ci ne dispose pas d’une longueur suffisante pour accueillir un téléviseur 65 pouces muni de deux pieds excentrés.

Un cache vient recouvrir le support fixé à l'arrière © Matthieu Legouge pour Clubic

La fixation est simple et s’effectue en quelques secondes, à l’aide de quelques vis seulement. L’ergonomie globale de ce support est toutefois un peu entachée par la profondeur qu’il nécessite, mais aussi par une stabilité qui aurait pu être meilleure. Le téléviseur tient parfaitement sur son support, mais il tangue un peu trop à notre goût lorsque l’on vient le manipuler pour y brancher un connecteur ou effectuer un peu d’entretien. Rien de grave, mais cela doit tout de même être énoncé.

© Matthieu Legouge pour Clubic

Esthétiquement, le pied contraste cependant bien avec le reste, il surélève la dalle plus que ce que l’on peut voir ailleurs, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Néanmoins, pas de place pour une barre de son ici, le rendu de la barre JBL a donc tout intérêt à nous séduire.

La barre de son JBL est limitée en puissance (2 x 10W) mais offre une projection sonore vers l’avant qui fait la différence par rapport à des haut-parleurs classiques. Les basses y sont bien sûr limitées, voire même absentes, mais les médiums et les aigus sont bien gérés. Le contenu Dolby Atmos permet d’élargir un peu la scène sonore, rien d’impressionnant cependant. Pour résumer, cette section audio se montre plus efficace qu’un système standard et est à ce titre parfaite pour regarder la télévision. Les amateurs de cinéma ou de jeu vidéo ne devraient toutefois pas être conquis.

© Matthieu Legouge pour Clubic

La face arrière est déjà moins séduisante. On s’aperçoit rapidement que les matériaux utilisés sont moins costauds que la concurrence, idem au niveau de l’esthétique avec une finition en damier pas très élégante. Soit, encore une fois rien d’important car on s’attardera peu sur la face arrière lors d’un usage quotidien. C’est plutôt le volume massif du châssis qui pourra éventuellement ternir le tableau, surtout dans le cas d’une fixation murale. Certes, nous n’avons pas affaire à la finesse de l’OLED et l’élégance d’un LG 65GX, mais cette conception massive ne sera pas des plus gracieuses au mur.

Vidaa U : une interface simple, encore limitée

Alors que Hisense a récemment intégré Android TV et Roku TV à certains de ces téléviseurs commercialisés à l’étranger, c’est bien Vidaa U 4.0 auquel nous avons affaire ici. Le système développé par Hisense a l’avantage d’être simple et fonctionnel, notamment grâce à l’assistant vocal Alexa et à la fonction Chromecast intégrée. Pour accéder à l’ensemble de ces fonctionnalités connectées, il est toutefois nécessaire de créer un compte Vidaa.

© Matthieu Legouge pour Clubic

C’est lors de la découverte de la bibliothèque d’applications que ça se gâte. Sans compter les applications préinstallées, comme Netflix, YouTube, Prime Video, ou RMC Sport, le store ne compte que 80 apps. Le choix est donc très limité comparé à webOS ou TizenOS, et est encore loin d’arriver à la cheville d’un Android TV. C’est toutefois l’absence d’applications très populaire qui est regrettable ici, parmi elles on peut citer Disney+, OCS, ou myCanal.

© Matthieu Legouge pour Clubic

On y trouve cependant quelques applications bienvenues, comme ici avec Deviant Art qui propose d’afficher des œuvres d’art sur votre téléviseur.

© Matthieu Legouge pour Clubic

La télécommande est assez peu ergonomique, les touches sont petites et leur position légèrement inclinée ne change pas grand-chose. Elle est toutefois solide et ne devrait pas trop craindre les chutes puisqu’elle profite d’un revêtement métallique. Notons que le téléviseur peut également être contrôlé via smartphone avec l’application RemoteNow. Celle-ci est très chargée visuellement, mais elle permet de se passer de la télécommande et de diffuser du contenu plus facilement depuis nos smartphones.

Un filtre antireflet efficace

Le 65U8QF est un assez bon téléviseur lorsqu’il s’agit de visionner des contenus en plein jour. Le risque d’être gêné par une fenêtre mal orientée n’est pas exclu, mais dans l’ensemble le filtre antireflet se montre efficace. Couplé au rétroéclairage Full LED, il suffira finalement d’augmenter la luminosité jusqu’à ce que les reflets s’estompent.

© Matthieu Legouge pour Clubic

Tout l’intérêt de Dolby Vision

Avec un pic lumineux qui dépasse les 1 000 nits, le 65U8QF montre un bel intérêt pour les contenus HDR. On retrouve la compatibilité Dolby Vision, mais il faut cependant tirer une croix sur le Dolby Vision IQ, tout comme sur le Filmmaker Mode soit dit en passant.

Hisense propose deux modes (lumineux et sombre) pour tirer profit au mieux du Dolby Vision selon les conditions de visionnage. La différence est assez flagrante comme nous pouvons l’observer ci-dessous.

À gauche le mode "Dolby Vision Lumineux", à droite "Dolby Vision Sombre"

Si l’expérience avec des sources de telle qualité vaut le détour, c’est moins le cas lorsqu’il s’agit de visionner des contenus mis à l’échelle. Les images manquent de détails et de netteté, on s’en contente pour le Full HD mais c’est en revanche assez décevant lorsqu’il s’agit de source SD. On peut faire la même remarque concernant le moteur de compensation de mouvement, pas très efficace et que nous avons préféré désactiver.

Un rétroéclairage à dompter

Le rétroéclairage avec local dimming sur 180 zones fait clairement la différence en comparaison de modèles Edge LED et permet d’en gommer la plupart des défauts et nous n’avons pas constaté de clouding ou de banding. Il montre toutefois ses limites lorsqu’il s’agit de diffuser des scènes sombres et très contrastées en HDR, on constate alors des effets de blooming assez fréquent. La solution pour les réduire consiste simplement à paramétrer le local dimming sur faible au lieu de moyen ou élevé.

Le contraste adaptatif est un autre détail qui demande une intervention. Nous avons constaté une tendance du rétroéclairage à s’éteindre sur certaines zones dans des scènes trop sombres. C’est dommage, car les détails dans les scènes sombres sont bien visibles avec de bons niveaux de noirs et ce malgré la luminosité élevée dont l’U8QF peut atteindre avec les contenus HDR. Pour pallier ce problème, nous avons donc le choix d’augmenter la luminosité, en dépit de la profondeur des noirs, et de paramétrer le contraste adaptatif sur élevé. Hélas, ces réglages ne semblent pas affecter le blooming.

Toutes les mesures qui suivent ont été réalisées avec le mode "cinéma nuit", sans aucune modification de paramètres au préalable.

SDR : nos mesures

Le 65U8QF n’est pas le téléviseur le mieux calibré auquel nous ayons eu affaire. Out of the box, nous mesurons un delta E de 4.12 avec pas mal de dérives sur le vert et les couleurs peau. L’effet coupe d’Europe de Football peut-être ? Quoi qu’il en soit, c’est dommage de ne pas profiter d’une image mieux calibrée alors que nous avons choisi le mode "ciné nuit", censé être le plus fidèle.

Mesurée à 2.359, la valeur moyenne de la courbe gamma est très bonne. On constate néanmoins des irrégularités avec les gris très clairs et très foncés.

La température de couleur est mesurée à 6 781 K. Cela est certes proche de la référence de 6 500 K mais dans les faits l’image est un peu froide.

HDR : nos mesures

Ce U8QF fait preuve de bien plus de précision en HDR. On y a mesuré un Delta E de 2.21, sans aucune dérive notable. Le pic lumineux atteint une valeur maximale de 1081 nits, une très bonne performance sur cette gamme de prix. La courbe EOTF montre quelques exagérations jusqu’à 30 % de luminosité, pour ensuite suivre correctement la courbe de référence.

DCI-P3
REC.2020

L'U8QF affiche également un large panel de couleurs, sans doute grâce à la technologie QLED. Sa couverture colorimétrique pour l’espace DCI-P3 est de 95.11 %, tandis que l’espace Rec. 2020 est couvert à 68.97 %. Ces deux valeurs se situent dans la moyenne haute, mais la technologie OLED reste avantagée sur ce point. Notons que l’espace DCI-P3 est le plus répandu dans la production de contenus UHD.

Jeux-vidéo : une expérience en demi-teinte

L’U8QF dispose d’un mode jeu, activable peu importe le préréglage d’image choisi, une bonne idée puisque l’on peut donc profiter de nos jeux tout en conservant les réglages effectués sur le mode "cinéma nuit" ou tout autre.

Le mode jeu fait tomber l’input lag à 14.1 ms, une valeur idéale qui est très proche des meilleures du marché. Cependant, l’absence d’HDMI 2.1 demande de faire une croix sur les fonctions dédiées au jeu vidéo, comme le VRR et l’ALLM, ou encore la 4K à 120 Hz.

L’inconvénient est cependant à voir du côté du flou de mouvement. Beaucoup de jeux utilisent le Motion Blur pour sembler plus réalistes, c’est le cas de Death Stranding par exemple. Avec l'U8QF, le Motion Blur est accentué à un point ou cela en devient désagréable. Testés sur plusieurs jeux avec l’option graphique Motion Blur désactivée, nous constatons toujours du flou de mouvements. Hélas, le moteur de compensation ne peut rien y faire puisqu’il est n’est pas activable en mode jeu, justement afin de ne pas faire grimper l’input lag.

Consommation électrique

La consommation électrique de l'U8QF est assez basse, nous avons mesuré seulement 60W/m² en suivant notre protocole. En veille, la consommation moyenne du téléviseur ne dépasse pas un watt.

Hisense 65U8QF : l’avis de Clubic

Le 65U8QF n’est pas le téléviseur LED le plus abouti du marché, mais les prestations qu’il propose sont impressionnantes vu le prix qui en est demandé, bien inférieur à la concurrence.

Le calibrage d’usine laisse à désirer sur certains points, le rétroéclairage montre quelques limites et un comportement parfois étrange, alors que les capacités de traitements vidéo ne se révèlent pas des plus efficaces. Une fois ces quelques obstacles surmontés, l’U8QF s’apprivoise assez facilement notamment grâce à une très belle image avec des sources de qualité.

Hisense 65U8QF

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Hisense fait preuve de maitrise avec ce 65U8QF qui offre de belles performances en HDR grâce à son local dimming de 180 zones et son pic lumineux élevé. Malgré quelques faiblesses (surmontables), il délivre une image riche et dynamique qui conviendra à la plupart des contenus et des situations.

Pour résumer, Hisense offre une alternative convaincante à des téléviseurs bien plus onéreux, en réalisant quelques concessions oui, mais sans pour autant être à côté de la plaque. Difficile de trouver mieux à moins de 1 000 € !

Les plus

  • Pic de luminosité et performances HDR
  • Rétroéclairage Full LED et local dimming sur 180 zones
  • Compatibilité multi-HDR
  • Filtre antireflet efficace
  • Section audio
  • Input lag faible

Les moins

  • Nécessite quelques réglages pour une meilleure fidélité en SDR
  • Rétroéclairage à dompter pour éviter au mieux le blooming
  • Motion Blur accentué en mode jeu
  • Interface Smart TV à améliorer
  • Angles de vision étroits

Design et ergonomie 7

Qualité d'image 8

Jeux vidéo 7

Audio 8

Système d'exploitation 6

Modifié le 17/10/2020 à 20h38
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