Les meilleurs logiciels gratuits de retouche photo

Marc Mitrani
Expert Smarpthone
17 septembre 2021 à 12h24
10
Retouche photo

Contrairement à une idée répandue, le traitement et la retouche photographique ne sont pas forcément des hobbies onéreux grâce aux logiciels gratuits et libres. Souvent issus du travail d’une communauté de passionnés, ils peuvent rendre de nombreux services et même remplacer complètement les logiciels commerciaux.

Le choix de la rédac'

Photoscape X

Le choix de la rédac'

  • Outils efficaces
  • Filtres et effets créatifs
  • Etendue des fonctions gratuites
Le plus complet

GIMP

Le plus complet

  • Outils proposés
  • Evolutivité (scripts)
  • qualité de traitement
Traitement RAW

Rawtherapee

Traitement RAW

  • Qualité du résultat
  • Traitement par lots

Ces applications sont d’autant plus intéressantes depuis que les éditeurs les plus en vue se convertissent les uns après les autres à la (détestable) mode de l’abonnement. Afin d’y remédier, nous nous sommes penchés sur ces logiciels absents des réseaux commerciaux traditionnels. Car à l’exception d’un seul qui propose une option payante (pas toujours utile vu les fonctionnalisées gratuites qu’il dispense), tous sont disponibles sans débourser un centime.

Ou plus exactement, sans qu’on vous oblige à payer quoi que ce soit. Libre à vous de participer à l’effort de collectif en soutenant financièrement le développement, forcément coûteux, de ces produits pas vraiment comme les autres.

Nous vous présentons dans ce dossier une sélection de huit logiciels que nous jugeons dignes d’intérêt. Et comme toute sélection, celle-ci est arbitraire ! Notre objectif était de parler des poids lourds du secteur, mais aussi d’applications moins connues. Pour cela, nous avons dû effectuer des choix difficiles afin de sélectionner ceux qui nous semblaient les plus représentatifs… quitte à froisser les inconditionnels de logiciels absents ici.

Si vous connaissez une application remarquable que nous n’avons pas mentionnée, n’hésitez pas à la partager dans les commentaires : nous serons heureux de la découvrir et de l’intégrer dans une prochaine édition de ce comparatif !

GIMP 2.10 : le vétéran

GIMP
  • Outils proposés
  • Evolutivité (scripts)
  • qualité de traitement

Le vétéran des logiciels libres de manipulation d’images est remarquable, mais il faudra composer avec une interface parfois rébarbative. Les amateurs passionnés tout comme les professionnels y trouveront vitre leur bonheur.

Le vétéran des logiciels libres de manipulation d’images est remarquable, mais il faudra composer avec une interface parfois rébarbative. Les amateurs passionnés tout comme les professionnels y trouveront vitre leur bonheur.

Disponible depuis 1996, GIMP (acronyme de GNU Image Manipulation Program) fait partie des plus anciens logiciels libres encore disponibles. À l’origine, cet éditeur d’images fut développé pour les OS Unix et Linux avant d’être porté sur de nombreuses plateformes.

Ses développeurs et mainteneurs (la communauté d’utilisateurs le faisant évoluer au fil des changements technologiques) le positionnent comme une application haut de gamme. Il se destine autant au traitement photographique qu’à la création d’images ou d’éléments graphiques d’interfaces.

gimp

Dire que GIMP évolue lentement tient de l’euphémisme. Lors de l’écriture de ce comparatif, la dernière version en date, estampillée 2.10, date de 2018. Son interface fleure bon un classicisme qui pourrait effrayer les nouveaux venus souhaitant l’utiliser.

Cela ne veut pas dire qu’elle est inefficace, loin de là. Et pour tout dire, de nombreux logiciels commerciaux s’en sont inspirés. Les outils de retouches sont ainsi répartis sur le côté gauche de la fenêtre principale tandis que les filtres, gestionnaires de police, de calques et autres outils avancés occupent le côté droit. On retrouve tout cela dans une très classique barre de menus organisée par thèmes.

GIMP se concentre sur la création et la retouche d’images ou de photos. N’y cherchez donc pas la moindre fonction de catalogage ou de développement des fichiers RAW. Pour ces derniers, il faudra passer par un dématriceur externe comme RawTherapee ou Darktable, eux aussi en distribution libre (et testés dans ce comparatif). Une fois installés, ils pourront être appelés depuis GIMP afin de faciliter le flux de travail.

Les outils fournis par GIMP sont forts complets et répondent aux besoins des débutants, amateurs ou professionnels de l’image. Il faudra juste accepter de se plier à la rigueur de son interface. Une fois cette concession faite, GIMP devient un outil puissant et (presque) agréable à utiliser. Il n’a strictement rien à envier à ses concurrents payants… bien au contraire. On apprécie avant tout son impressionnante richesse fonctionnelle, une gestion des calques autorisant la création de documents complexes ainsi que la précision de ses outils d’édition.

gimp

Près de 150 filtres et effets — les scripts dans le jargon GIMP — sont proposés par défaut. Au besoin, on pourra en télécharger de nouveaux ou en créer selon ses besoins, des langages comme Python et Perl étant supportés.

Autre possibilité, l’ajout de greffons (ou plug-ins) afin d’étendre les capacités de GIMP. Gratuits dans leur grande majorité, ils sont téléchargeables depuis des répertoires maintenus par la communauté d’utilisateurs. On pourra par exemple ajouter à GIMP une fonction de traitement d’images par lots, un éditeur de textures ou même un outil d’animation image par image.

GIMP est sans conteste l’un des meilleurs logiciels libres de manipulation d’images. Pour l’adopter, il faudra accepter de s’initier à une interface que certains jugeront rébarbative. Les photographes pourront l’enrichir de fonctions spécifiques à leurs besoins en y associant des programmes externes (notamment pour l’édition de fichiers RAW). Il faudra aussi faire une croix sur les fonctions liées à l’IA, absentes jusqu’ici. Peut-être dans une future mise à jour ?

PhotoScape X : l'original

Si vous avez déjà utilisé un logiciel de retouche d’images conventionnel, vous risquez d’être un peu dépaysé par l’interface de PhotoScape X.

Photoscape X
  • Outils efficaces
  • Filtres et effets créatifs
  • Etendue des fonctions gratuites

PhotoScape X est simple à prendre en main malgré une interface un peu déroutante au premier contact. Elle fait partie des applications indispensables pour les créatifs débutants.

PhotoScape X est simple à prendre en main malgré une interface un peu déroutante au premier contact. Elle fait partie des applications indispensables pour les créatifs débutants.

Plutôt que de garder une organisation traditionnelle à base de menus et d’icônes, ses concepteurs ont décidé le l’organiser par usages. On dénombre ainsi neuf onglets thématiques : Affichage, Édition, Découper, Traitement par lots, Collage, Combiner, Créer GIF, Imprimer et Outils.

Un dixième onglet, baptisé Store donne quant à lui accès à la boutique en ligne. On pourra y acquérir des packs de stickers ainsi que le déverrouillage de la version Pro afin de bénéficier de l’intégralité des possibilités offertes. Qu’on se rassure : la version gratuite est largement suffisante pour les besoins de base, ce qui rend facultatif l’achat in-app de 44 euros.

Photoscape X

PhotoScape X a le bon goût de posséder une interface intégralement traduite en français, ce qui aide grandement à sa prise en main. Et si l’on rame un peu au début, quelques dizaines de minutes suffisent pour comprendre la philosophie du logiciel. On pourra aussi profiter des tutoriels vidéo qui expliquent en détail les principales fonctions proposées.

L’onglet Affichage fonctionne comme un catalogueur basique. Ici, pas de mots-clés, d’outils de recherche sophistiqués ou de création de catalogues dynamiques. Il faudra se contenter de la navigation au sein de l’arborescence du disque dur, de l’ajout d’un marqueur (accepté ou refusé) et de l’affichage des informations de base de chaque image.

Les utilisateurs de la version macOS pourront toutefois utiliser le logiciel depuis l’application Photos grâce à un plug-in. Cela évitera d’avoir à réorganiser sa photothèque.

Les différents outils de retouche d’image sont regroupés dans l’onglet Édition. On y trouve de quoi gérer finement la colorimétrie, la luminosité ainsi qu’une flopée d’outils de retouche. Tous bénéficient d’un set de paramètres facilement compréhensibles que l’on peut prévisualiser avant de les appliquer définitivement.

On trouve aussi différents filtres créatifs, des simulations de films argentiques et des outils de correction de défauts. Bref, tout ce qu’il faut afin de préparer ses images au partage sur les réseaux sociaux ou à l’impression.

On apprécie la présence d’une fonction de traitement par lots afin d’appliquer plusieurs modifications à un ensemble d’images. Cela fonctionne correctement, même si la version gratuite n’autorise pas l’enregistrement de macros afin de sauvegarder ses traitements.

Photoscape X

La création de GIFs n’est pas très sophistiquée, mais elle a au moins le mérite d’exister. Bon point pour les fonctions apportées par l’onglet Combiner qui facilite grandement la mise en page de plusieurs images, ainsi que pour les possibilités offertes par l’onglet Collage. Grâce à lui, il devient possible de créer rapidement de belles compositions de ses images et de laisser sa créativité s’exprimer.

Précisons enfin que les fichiers RAW sont pris en charge nativement par l’application et que la puce graphique de l’ordinateur peut être mise à contribution afin d’accélérer les traitements lourds. Il suffit pour cela d’activer l’option correspondante dans les paramètres.

À n’en pas douter PhotoScape X est un logiciel séduisant dont les multiples fonctions devraient intéresser les amateurs de photographie. Simple à prendre en main malgré une interface un peu déroutante au premier contact, elle fait à notre avis partie des applications indispensables pour les créatifs débutants.

Darktable : proche de Lightroom

Darktable
  • Fonctions proposées
  • Qualité du traitement

Darktable a toute sa place dans le flux de travail d’un utilisateur professionnel et n’a pas grand-chose à envier à ses concurrentes payantes. Si son interface n'est pas toujours très intuitive, le temps d’apprentissage nécessaire est vite rentabilisé.

Darktable a toute sa place dans le flux de travail d’un utilisateur professionnel et n’a pas grand-chose à envier à ses concurrentes payantes. Si son interface n'est pas toujours très intuitive, le temps d’apprentissage nécessaire est vite rentabilisé.

À moins de vouloir jouer les provocateurs, ne dites jamais à un inconditionnel de Darktable qu’il utilise un logiciel gratuit. Il vous répliquerait immédiatement, un brin énervé, qu’il s’agit d’un logiciel libre.

Et de fait, la nuance est de taille. Contrairement à un logiciel gratuit, il est librement diffusable, modifiable et surtout librement utilisable.

Darktable est développé bénévolement par une communauté de scientifiques, photographes et de codeurs passionnés, dont une part non négligeable utilisait Photoshop Lightroom. Il est donc normal de trouver des similarités entre le catalogueur/développeur d’Adobe et Darktable. À commencer par l’organisation générale de l’interface, organisée en onglets reprenant les étapes du flot de travail d’un photographe.

darktable

La Table Lumineuse est l’endroit où l’on gère les photos. On peut les copier dans la base de données de Darktable ou juste les référencer. Une fois importées, elles sont organisées en collections. Chacune peut être associée à un label de couleur, une note exprimée en étoiles ainsi qu’un ou plusieurs mots-clés. Tout cela permet de les trier et retrouver rapidement, même dans une collection comportant plusieurs milliers d’images.

Le mécanisme de mots-clés peut a priori sembler déroutant… et il l’est un peu à notre avis. Afin de le maîtriser, il faudra effectuer une plongée en règle dans les innombrables tutoriels vidéo que l’on trouve sur le Net. Autre possibilité, lire le manuel (écrit en français) disponible en téléchargement.

Si l’on a déjà utilisé Lightroom, on appréciera la possibilité d’importer sa propre liste de mots-clés — le thesaurus — afin de conserver ses habitudes de catalogage. Les débutants pourront trouver sur le Net des listes de mots-clés thématiques. Elles sont le plus souvent gratuites et rien ne vous empêche d’en importer plusieurs.

C’est dans la Chambre Noire que s’effectue l’essentiel du traitement des fichiers RAW. Pour cela, on utilise les outils d’édition ici baptisés « modules ». Ils forment une liste assez conséquente (il y en a 61 au moment de ce test) et sont visibles dans la colonne de droite de la fenêtre principale.

Afin de s’y retrouver, on pourra afficher seulement ceux dont on a besoin selon le type de traitement que l’on souhaite appliquer aux images. Plusieurs listes prédéfinies sont proposées, mais on pourra créer les siennes.

Autre moyen de s’y retrouver, utiliser la zone de recherche afin retrouver facilement un module en fonction de son nom. L’édition des images s’effectue de façon non destructive : à aucun moment vos fichiers ne sont altérés, les modifications étant enregistrées dans un fichier secondaire.

On ne s’étendra pas ici sur les possibilités de traitement offertes par Darktable. On se contentera de relever qu’elles sont impressionnantes et qu’elles satisferont autant les amateurs chevronnés que les pros.

Bien sûr, tout n’est pas parfait et l’on pourra parfois regretter l’utilisation d’un vocabulaire très (trop ?) technique. Là aussi, une lecture du manuel ou l’exploration des forums d’utilisateurs permettra de s’en sortir relativement aisément.

darktable

En plus de la Table Lumineuse et de la Chambre Noire, Darktable propose trois sections supplémentaires que certains pourront trouver secondaires. C’est peut-être pour cela qu’elles ont été regroupées sous l’onglet « autres » de l’interface.

Capture permet de piloter un appareil photo connecté à l’ordinateur, ce qui s’avère appréciable pour une utilisation en studio. Carte exploite les données de géolocalisation des images lorsqu’elles sont présentes afin de les afficher sur une mappemonde.

Diaporama prend en charge l’affichage de collections d’images sous forme — ô surprise — de diaporamas. Enfin, on vous laisse deviner la finalité de la section Impression… mais on précisera tout de même que de nombreux paramètres de mise en page et de colorimétrie autorisent une préparation minutieuse des images.

Sans aucun doute possible, Darktable est une application qui a toute sa place dans le flux de travail d’un utilisateur professionnel. Et pour tout dire, elle n’a pas grand-chose à envier à ses concurrentes payantes. Développée par une communauté dont chacun peut faire partie, Darktable ne dispose pas toujours d’une interface très intuitive, mais le temps d’apprentissage est vite rentabilisé.

RawTherapee : le RAW à l’état pur

Rawtherapee
  • Qualité du résultat
  • Traitement par lots

RawTherapee serait-il le logiciel de dématricage parfait ? Oui, si l’on accepte de plonger dans les méandres des paramètres de retouche proposés. Il faut aussi disposer d’une machine puissante, l’application étant très gourmande en ressources de calcul.

RawTherapee serait-il le logiciel de dématricage parfait ? Oui, si l’on accepte de plonger dans les méandres des paramètres de retouche proposés. Il faut aussi disposer d’une machine puissante, l’application étant très gourmande en ressources de calcul.

Décidément, les photographes amateurs et pros sont particulièrement bien servis en matière de logiciels libres. Contrairement à Darktable, RawTherapee n’est pas un logiciel multifonctions.

On ne s’étonnera donc pas de l’absence de catalogueur, de module de partage ou de création de diaporama. RawTherapee ne s’intéresse qu’au développement des fichiers RAW — les pros parlent de dématricage — afin de produire des images au format Jpeg, TIFF, BMP ou PNG.

L’interface de RawTherapee n’est pas très complexe à maîtriser. Trois sections, regroupées en autant d’onglets sur la gauche de la fenêtre principale, permettent de mener à bien le traitement des fichiers.

rawtherapee

L’explorateur de fichiers, comme son nom l’indique, est là afin de sélectionner les images à traiter. On les travaille dans la section Éditeur, où sont regroupés tous les outils. Enfin, on utilise l’onglet File d’Attente afin d’effectuer en lots le traitement des images précédemment modifiées.

La navigation s’effectue au travers des dossiers et sous-dossiers présents sur le support de stockage. S’il n’est pas possible d’affecter des mots-clés à chaque image, on peut tout de même faciliter un tantinet leur gestion grâce à une notation par étoiles ainsi qu’un mécanisme de labels colorés. Certes, ce mécanisme est fruste, mais il a au moins le mérite d’exister.

Il est complété par un moteur de recherche permettant de repérer les fichiers en fonction de leur dénomination. Si vous êtes du genre à tout entasser dans un répertoire sans rien renommer, vous risquez d’être vite à la peine pour retrouver rapidement des images.

Autre possibilité, la sélection à l’aide des métadonnées. Il est par exemple possible d’afficher en quelques clics les images réalisées dans des conditions précises (longueur focale, sensibilité, boîtier, etc).

L’Éditeur est le cœur de RawTherapee. Le côté droit de la fenêtre regroupe l’intégralité des outils et paramètres disponibles… et ils sont nombreux. Afin de faciliter leur localisation, ils sont regroupés en sous-sections thématiques (exposition, détails, couleur, etc).

Afin de vous faciliter la vie, RawTherapee met à disposition un mécanisme de profils où l’on peut enregistrer des ensembles de paramètres bien précis afin de les appliquer rapidement.

Comme la plupart des logiciels de développement RAW, l’image d’origine n’est en aucun cas modifiée, les changements apportés étant sauvegardés dans un fichier associé à l’original. Ainsi, on peut littéralement naviguer dans les changements apportés à l’aide de l’historique des modifications, affiché à droite de la fenêtre principale.

rawtherapee

Une fois le traitement effectué, il doit être appliqué. Pour cela, il suffit de cliquer sur l’icône de sauvegarde située en bas de la fenêtre principale. Mais si vous avez plusieurs images à préparer, il sera préférable de les inclure dans la File d’Attente en cliquant sur l’icône correspondante. Cela vous permet de préparer toutes les images, puis de lancer leur traitement en une seule fois.

Cette possibilité est appréciable si l’on dispose d’une machine peu puissante ou si l’on traite un grand nombre de fichiers. Les pros apprécieront. Précisons que ce traitement en lots permet aussi de choisir le format de sortie (JPG, PNG, TIFF, etc) ainsi que de définir des modèles de noms de fichiers et l’emplacement de sauvegarde.

À l’usage, RawTherapee s’avère d’une redoutable efficacité et permet avec un peu d’entraînement d’obtenir des résultats spectaculaires. Il faudra bien entendu prendre le temps de fureter dans les nombreux paramètres, certains étant très techniques. Heureusement, un manuel bien fait et des forums d’utilisateurs très actifs permettent de trouver rapidement l’information recherchée.

RawTherapee serait-il le logiciel de dématricage parfait ? Oui, si l’on accepte de plonger dans les méandres des paramètres de retouche proposés. Il faut aussi disposer d’une machine puissante, l’application étant très gourmande en ressources de calcul.

Pour finir, signalons l’existence d’ART (acronyme d’Another RawTherapee). Ce fork — terme désignant un variant développé à partir du code source d’un logiciel libre — a pour ambition de réorganiser les modules de traitement de RawTherapee, d’en ajouter de nouveaux et d’alléger son interface tout en conservant la puissance et la qualité de son grand frère.

ART est lui aussi disponible gratuitement en version Windows, Linux et macOS (cette dernière étant encore à un stade expérimental). On pourra télécharger ART et se renseigner faisant un tour sur le site de la communauté d’utilisateurs francophones .

Lightzone : le magnifique rescapé

Lightzone
  • Interface efficace
  • Possibilités de traitement
  • Outils de création de masques

A l'usage, Lightzone est enthousiasmant même s'il n’est pas exactement un foudre de guerre. C'est à notre avis le principal point faible de ce logiciel bien pensé à l’interface originale.

A l'usage, Lightzone est enthousiasmant même s'il n’est pas exactement un foudre de guerre. C'est à notre avis le principal point faible de ce logiciel bien pensé à l’interface originale.

Drôle d’histoire que celle de Lightzone. Apparu en 2005 en tant que produit commercial, ce logiciel de traitement d’images a dans un premier temps été vendu par la société Lightcrafts. Comme cela arrive trop souvent dans le monde merveilleux des start-up hi-tech, celle-ci a cessé son activité commerciale en septembre 2011.

Il a fallu à peine deux mois pour que deux fans inconditionnels de la défunte application créent Lightzombie.org, un site destiné à apporter une aide au travers de forums communautaires. Un an plus tard, l’un des développeurs à l’origine de Lightzone rejoignait le site avec en poche le code source et l’autorisation de l’exploiter sous licence BSD. The Lightzone Project, version libre de du logiciel initial, était né.

La version libre reprend le concept de l’application d’origine : Lightzone est une chambre de développement numérique plutôt qu’un traditionnel éditeur photo. Son interface a manifestement fait l’objet de nombreuses attentions afin de rester intuitive : sûrement un héritage de son passé commercial.

lightzone

L’application s’organise en deux sections : Naviguer et Editer. La première autorise sans surprise la recherche et la sélection des dossiers contenant les fichiers sur lesquels on souhaite travailler. Mieux vaut être bien organisé puisqu’il est impossible d’ajouter des étiquettes ou d’effectuer des recherches. Seul luxe autorisé, la notation par un système d’étoiles afin d’effectuer un tri sommaire. Certes, ce n’est pas folichon, mais cela suffit dans la plupart des cas.

Les outils de la section Editer sont répartis de part et d’autre de la zone de travail. Sur la gauche on trouve les styles, que l’on peut voir comme un ensemble de filtres créatifs. Ils sont organisés par thématique et appliqués sur la totalité de l’image ou sur une partie définie à l’aide d’un masque.

Ceux-ci sont créés à l’aide d’outils vectoriels dont on apprécie la souplesse d’utilisation. Lorsqu’on sélectionne un style, une fenêtre repliable apparaît dans la colonne de droite. On pourra y ajouter les paramètres en fonction de ces désirs.

Les outils de transformation prennent la forme d’une barre d’icônes logées dans la partie droite de l’interface. Comme les styles, ils sont applicables à la totalité de l’image ou à une zone spécifique. Là aussi, une fenêtre repliable donne accès aux paramètres de l’outil.

Ce mécanisme de fenêtre, déroutant de prime abord, s’avère redoutablement efficace. On peut ainsi créer autant de modifications que l’on souhaite sur des zones spécifiques de l’image.

Cela crée une sorte de pile dont on peut activer ou désactiver les effets afin de tester différentes options. Bien entendu, le fichier d’origine reste intact et les modifications sont sauvegardées dans un fichier annexe.

Si le concept est futé, il nécessite un temps d’adaptation afin de manipuler avec efficacité les différents outils. Ceux-ci couvrent l’essentiel des besoins d’un photographe. Ils vont des réglages habituels (netteté, couleur, saturation, balance de couleurs, etc) aux fonctions plus sophistiquées comme le rééclairage d’une scène, le mapping de zone ou l’anti-poussière.

lightzone

À l’usage, Lightzone est tout simplement enthousiasmant. D’après nos tests, il s’avère plus stable sous Windows que sous macOS, où les plantages et ralentissements sont légion.

Dans tous les cas, il faudra privilégier une configuration (très) musclée : Lightzone n’est pas exactement un foudre de guerre. On constate tout de même des lenteurs sur un Core i9 équipé de 32 Go de RAM et d’une carte graphique dédiée. Ce manque de réactivité est à notre avis le principal point faible de ce logiciel bien pensé à l’interface originale.

Paint.net : le successeur

Paint.net
  • Interface classique mais efficace
  • Gestion de calques efficace
  • Possibilités d'extensions par plugins

La rusticité de Paint.net n’est qu’apparente, les plugins pouvant potentiellement en faire en faisant un outil très puissant.

La rusticité de Paint.net n’est qu’apparente, les plugins pouvant potentiellement en faire en faisant un outil très puissant.

Paint.net n’est pas exactement un perdreau de l’année puisqu’il a vu le jour en 2004 à l’université d’état de Washington. À l’origine, il s’agissait d’un simple projet mené par des étudiants et sponsorisé par Microsoft.

Ils souhaitaient développer un logiciel de retouche d’images alternatif à Paint, l’utilitaire basique de dessin fourni avec Windows. Ses concepteurs on volontairement créé un programme léger. Basé sur l’architecture .NET de Microsoft, il n’est pas disponible sur macOS ou Linux, même si des tentatives de portage ont été tentées.

Si vous avez déjà utilisé une application de retouche d’image classique, vous ne serez pas dépaysés par l’interface de Paint.net. Les outils sont regroupés dans des palettes flottantes autorisant une organisation personnalisée de l’espace de travail. L’ensemble s’avère intuitif et simple à prendre en main : c’est à notre avis la principale force de l’application.

paint.net

Malgré son nom, Paint.net n’est pas vraiment un logiciel de création graphique et on ne pourra pas sérieusement l’utiliser pour réaliser des œuvres peintes.

Certes, les outils existent bel et bien, mais ils restent très basiques. La retouche d’images reste possible grâce à un gestionnaire de calques plutôt bien pensé, mais donnant accès aux fonctions de base. Ne cherchez pas d’outils de dessin vectoriels : il n’y en a pas.

Comme son illustre ancêtre, Paint.net reste avant tout un outil de manipulation de type bitmap. À ce sujet, seuls les formats de fichiers les plus classiques (JPG, BMP, etc) sont supportés. Précisons aussi que l’application n’est pas capable d’ouvrir ou d’exporter des fichiers Photoshop ou GIMP.

Paint.net peut voir ses capacités améliorées grâce à un mécanisme de plugins. Développés par les utilisateurs, ils sont facilement trouvables sur le Net, ou depuis le forum de discussion officiel. Installer un plugin s’effectue en le téléchargeant puis en le décompressant dans le répertoire/effects du logiciel. Il apparaît alors dans le menu « Effets » et peut être directement utilisé.

paint.net

La liste de plugins disponibles est impressionnante et très variée. Outre les filtres et autres effets graphiques, on trouve de petits bijoux. Citons la réduction par IA du bruit numérique, des générateurs de code-barre ou des outils de manipulation d’objets 3D.

Certains sont plus simples à prendre en main que d’autres, mais a priori tous font le boulot qui leur a été confié. Les plus passionnés pourront utiliser Codelab 6 , disponible librement, et servant à créer ses propres extensions.

On le voit, la rusticité de Paint.net n’est qu’apparente, les plugins pouvant potentiellement en faire en faisant un outil nettement plus perfectionné. S’il est disponible gratuitement depuis le site de ses créateurs, on pourra aussi l’acheter pour 6 euros en passant par le Microsoft Store de Windows.

La version payante n’apporte aucune fonctionnalité supplémentaire (si ce n’est le téléchargement automatique des mises à jour), mais permet de soutenir financièrement l’équipe de développement. On admettra bien volontiers que ce n’est pas cher payé !

Marc Mitrani

Expert Smarpthone

Journaliste, fondu de photographie, de technologie et de chocolat.

Journaliste, fondu de photogra...

Lire d'autres articles
Lire d'autres articles
Modifié le 24/09/2021 à 13h52
Cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie qu'une commission peut être reversée à Clubic. Les prix mentionnés sont susceptibles d'évoluer. 
Lire la charte de confiance
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
10
10
Palou
Photofiltre existe toujours aussi, gratuit et très simple pour beaucoup de novices
Arnaud_MZA
Et sinon Photopea ? (le photoshop en ligne, gratuit et qui fait tout)
Voigt-Kampf
A noter que GIMP peut être associé à GMIC sous forme de plugin (bien que ce dernier existe aussi en standalone), se retrouvant avec une grande quantité de filtres et d’excellente qualité, et parfois spectaculaires, comme enlever un objet gênant sur une photo ou réparer des images avec des compressions JPEG laissant des artéfacts trop importants.
yalefeu
suggestion : Pourquoi ne pas rajouter dans la fiche de chaque produit le (ou les) OS sous lequel (ou lesquels) le produit peut fonctionner ?
Squeak
En gratuit, sans hésiter, GIMP pour ma part, je l’ai suivi depuis les premières versions et il offre une quantité de fonctions malgré quelques manques pour travailler plus efficacement.
Ayetek
«&nbsp;Précisons aussi que l’application n’est pas capable d’ouvrir ou d’exporter des fichiers Photoshop ou GIMP&nbsp;».<br /> Faux pour les fichiers Photoshop er Paint.NET !<br /> Il existe un plugin qui permet d’importer les fichiers PSD et d’exporter en PSD.
nap1805
et une section PC? Clubic.mac. com
Marc.Mitrani
Bonjour,<br /> Je faisais référence au support natif : sans plugin, pas de support des fichiers PSD.
Marc.Mitrani
Bonjour,<br /> Dans ce dossier, nous avons fait le choix de ne traiter que des logiciels gratuits. Nous n’avons pas inclus de services en ligne qui feront partie d’un autre comparatif
Homme_avec_camera
Je trouve qu’il y manque le logiciel gratuit de retouche de portraits Photodiva, il est idéal pour éditer les photos en quelques clics et pour corriger différents défauts de la peau ou des traits du visage.
Voir tous les messages sur le forum
Haut de page