Avec OVNI(s) et ses bonnes ondes, on a envie de croire en 2021

23 janvier 2021 à 15h15
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J'y allais avec une curiosité polie, j'en suis ressorti avec un réel engouement, et même une envie renouvelée de croire en la création française. OVNI(s) est l'une des meilleures séries venues, non pas d'ailleurs, mais bien de chez nous, l'une des meilleures créations originales Canal+ et, déjà, l'une des meilleures séries de l'année.

Le veilleur d'écran[s] S05E08 📺 : OVNI(s)

Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :

OVNI(s) danse avec les stars

Il semblerait que la production française de séries ait décidé de démarrer 2021 sur les chapeaux de roues. Après la sympathique Lupin, c'est au tour d'une série Canal+, OVNI(s), de venir bousculer mes habitudes, selon lesquelles je préfère savourer lentement les épisodes d'une série plutôt que de les « binge watcher ». Succombant à la pratique, il ne m'aura cette fois fallu que quelques jours pour en dévorer les 12 épisodes de 30 minutes.

Dans le Veilleur d'écran[s] de la semaine dernière, je déclarais que la série Netflix mettant en scène Omar Sy ne figurerait probablement pas dans mon classement des meilleures nouveautés de 2021 à la fin de l'année - notamment à cause de quelques faiblesses d'écriture. Avec OVNI(s), c'est tout l'inverse : il ne fait aucun doute que la série de Clémence Dargent et Martin Douaire figurera dans mon top de l'année ! Le show m'a même aidé à encaisser, si ce n'est compenser, les récents arrêts des formidables créations originales Canal+ que sont Engrenages et Baron Noir.

Dans OVNI(s), nous retournons, si vous le voulez bien, en 1978 (et si vous ne le voulez pas, eh bien c'est dommage pour vous, restez donc en 2021).

L'intrigue suit principalement Didier Mathure (incarné par l'excellent Melvil Poupaud), un brillant ingénieur spatial employé du CNES. Après un incident impliquant une fusée et une explosion, il va se retrouver propulsé malgré lui à la tête du GEPAN, un bureau dévalué du Centre National d'Etudes Spatiales, spécialisé dans les enquêtes sur les OVNI.

Ce petit département, qui existe réellement, aujourd'hui sous l'acronyme GEIPAN (Groupe d'Etudes et d'Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), est, dans la série, la risée du monde scientifique français. Sans surprise, notre cartésien de héros vit donc cette mutation comme une punition ; cependant que sa vie de famille plus ou moins séparée n'est déjà pas aisée à vivre, d'autant que son ex-femme (l'impeccable Géraldine Pailhas) est aussi une collègue scientifique très présente dans son quotidien.

Je sers la science et c'est ma foi

Pour l'épauler dans sa mission, qui consiste majoritairement à expliquer, par des faits scientifiques, les alertes aux OVNI lancées par la population, Didier pourra compter sur le trio d'employés déjà présents au GEPAN. Mais s'ils veulent tous très bien faire, Rémy (Quentin Dolmaire et ses élégantes rouflaquettes), Véra (la lumineuse Daphné Patakia) et Marcel (Michel Vuillermoz, de la Comédie Française) sont quelque peu perdus, chacun à leur manière.

Ces personnages, tout sauf secondaires, sont délicieusement naïfs, attachants, souvent la tête dans leurs mondes. Servis par un excellent jeu d'acteurs et une écriture touchante, ils viennent apporter douceur et rêverie à l'ensemble (quand Didier lui n'est malheureusement pas toujours facile à supporter et à excuser tant il a des attitudes limites, bien qu'ancrées dans la comédie).

Un peu à la manière de la série Project Blue Book (qui reprend pour sa part des enquêtes sur les OVNI réalisées par l'US Air Force en 1950), OVNI(s) s'inspire de faits réels. Elle brouille avec un certain talent la frontière entre événements réels, concrets et prouvés, imagination ou malhonnêteté des individus et autres complotistes, et éléments aussi mystérieux qu'inexplicables.

Mais contrairement à la série de History, qui m'est rapidement tombée des mains d'ennui, le show de Canal+ est resté captivant jusqu'au bout, gagnant en intensité et en enjeux à chaque épisode.

« beaucoup d'éléments m'ont plu dans OVNI(s), et je serais bien en peine de lui trouver de véritables défauts »

Il faut dire que la série a eu la bonne idée d'éviter le piège « un épisode, une affaire », préférant s'attacher à développer ses personnages et son fil rouge en entretenant en permanence le doute, pour ses héros comme pour ses spectateurs. Là où Project Blue Book se prenait très au sérieux, OVNI(s) fait le (bon) choix de jouer la carte de l'humour, presque burlesque.

Très inspiré du monde de la bande-dessiné, selon ses créateurs, le comique, principalement de situation, peut aussi régulièrement rappeler l'excellente série Au Service de la France. Bien évidemment, l'enrobage visuel seventies n'est pas pour rien dans ce parallèle, puisque OVNI(S) ne manque assurément pas de personnalité en termes de décors, d'accessoires et de costumes. Le tout est d'ailleurs servi par une excellente photographie, et l'ensemble est réalisé par un seul homme, Anthony Cordier, gage d'unité et de cohérence.

Si elle plonge dans l'humour, OVNI(s) parvient à éviter d'en faire trop, même quand elle aurait pu se laisser aller à la surenchère. On retrouve également cette justesse du côté des références de l'époque, que les auteurs glissent ça et là. L'amour de l'équipe pour cette période est évident, et l'hommage rendu est bien là, pertinent, délicat, toujours au service de l'histoire à raconter et veillant à ne pas laisser les plus jeunes sur le bord de la route.

Le GEPAN, un département qui soucoupe de tout

Vous l'aurez compris, beaucoup d'éléments m'ont plu dans OVNI(s), et je serais bien en peine de lui trouver de véritables défauts. Toutefois, si je ne devais absolument retenir qu'une seule chose de la série (ce qui serait gâché, certes, mais laissez moi faire ce que je veux), je crois que ce serait l'incroyable bande-son électro signée Thylacine. C'est bien simple, j'ai découvert l'artiste angevin avec OVNI(s), et me suis rué sur le reste de sa discographie depuis.

Celle-ci est au même niveau d'excellence que le travail délicieusement chill et old-school qu'il a produit pour le show. Pour faire les choses très bien, il est même allé jusqu'à composer la bande originale directement dans un musée,
sur des synthétiseurs d'époque ! Je trouve la démarche aussi formidable que pertinente, d'autant plus que la musique (y compris le solide générique d'intro, basé sur un remix d'un morceau de Jean-Michel Jarre) participe indéniablement à l'hommage global fait aux années 70 tout au long de la série.

Plutôt que de terminer sur une conclusion à rallonge qui résumerait tout ce que je viens de vous dire, j'ai juste envie de vous demander de faire comme Didier Mathure : ouvrez-vous et essayez d'y croire. Regardez OVNI(s). Cela faisait longtemps que je n'avais pas connu un tel état de manque quelques jours seulement après avoir terminé une série.

Ah et si vous passez par là, Canal+, merci de lui offrir une saison 2, car il reste malgré tout bien des choses à explorer !

Cette série est pour vous si :
- Vous aimez quand un show mélange (avec brio) les genres
- Vous cherchez une chouette histoire qui n'oublie pas son enrobage
- Vous êtes à la recherche d'une série pas trop longue
Cette série n'est pas pour vous si :
- Le cadre de la France des années 70 ne vous inspire pas
- Vous n'êtes pas réceptif au retro, notamment côté humour
- Vous n'avez pas envie d'y croire

La S01 d'OVNI(s) est en cours de diffusion sur Canal+ (trois épisodes tous les lundis), ou disponible en intégralité sur MyCanal.

Modifié le 27/01/2021 à 09h46
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