Critique | Choose or Die : Netflix se lance dans la drague des fans d'horreur et de jeu vidéo

16 avril 2022 à 16h36
6
Choose or Die © © Netflix
© Netflix

Netflix nous propose un retour dans les jeux vidéo des années 80 avec Choose or Die, un film d'horreur britannique qui met en scène Asa Butterfield, le héros de la très populaire série Sex Education.

Choose or Die
  • Vous aimez le retrogaming
  • Vous souhaitez un petit film d'horreur pour votre prochaine soirée TV
  • Un Jumanji gore vous botte
  • Vous aimez les oeuvres logiques
  • Vous appréciez les scénarios fournis et complexes
  • Vous souhaitez voir de bons acteurs, même dans un téléfilm

Fiche technique Choose or Die

Informations

Titre original
Choose or Die
Date de sortie
15 avril 2022
Durée du film
1H24
Réalisateur
Toby Meakins
Société(s) de production
Anton et Stigma Films
Genre cinématographique
Fantastique, Thriller, Horreur
Plateforme de streaming
Netflix
Classification
Interdit aux moins de 12 ans

Ready to die, Player One

Kayla découvre dans les affaires de son ami Isaac un vieux jeu vidéo, Curs>r, dont le prix de 125 000 $ n'a jamais été réclamé. Malheureusement, le jeu va se révèle être possédé et les choix réalisés à chaque niveau auront des conséquences réelles et violentes dans la réalité.

À la lecture du pitch, comme après la première bande-annonce diffusée par le service de streaming il y a quelques semaines, il était clair que ce film était une sorte de croisement entre les deux suites de Jumanji, celles avec The Rock, pour le concept de base du jeu vidéo maléfique, et de Saw, pour la partie horrifique, avec une touche de Black Mirror : Bandersnatch, l'interactivité en moins.

Dès la première séquence, le film nous donne exactement ce que l'on est venu chercher. Le réalisateur, Toby Meakins, qui signe ici son premier long-métrage, sait clairement poser une ambiance et doser ses effets pour faire monter la tension, utilisant toujours efficacement quelques éléments de lumière ou de sound design.

Choose or Die © © Netflix
© Netflix

Choose or Die semble être une production à petit budget, ne disposant que quelques décors seulement et de peu de comédiens, pourtant le metteur en scène parvient à faire de ces contraintes une force. Il utilise chaque centimètre carré de ses environnements et mise sur l'imagination de ses spectateurs pour faire naître les étincelles d'angoisse et de malaise au fil des scènes.

L'une d'elle en particulier, montrant un rat visiblement dopé aux hormones (et que nous ne verrons d'ailleurs jamais) dans un appartement, nous est apparue comme la séquence horrifique la plus réussie du film, alors que la caméra se contente de filmer un écran monochrome et un vieux jeu 8 bits.

Choose or Die © © Netflix
© Netflix

Attention, si vous êtes un spectateur averti et que vous avez vu plus de dix classiques de l'horreur dans votre vie, vous ne serez pas surpris par les séquences angoissantes de Choose or Die. Le film ne se présente pas comme une révolution du genre mais se veut plutôt un ride très court (1 heure 20 seulement), rapidement consommable et, en ce sens, pensé à la perfection pour une plateforme de streaming.

On apprécie également que, malgré les apparences, Choose or Die ne soit pas une énième oeuvre nostalgique des années 80. Bien au contraire, si le film distille quelques rares références à cette décennie que les plus attentifs pourront repérer, il ne cherche jamais à glorifier cette époque ni à jouer la complicité avec le spectateur.

Casual gaming

Choose or Die est un film britannique et cela se voit immédiatement à l'image. Toby Meakins, pour donner un peu de substance a son récit très balisé, n'hésite pas à faire le grand écart entre l'horreur contemporaine à l'américaine et un certain cinéma social typique de nos amis d'Outre-Manche.

Choose or Die © © Netflix
© Netflix

Dans le fond, on retrouve ainsi Kayla, qui rêve de travailler dans le développement informatique, ne réussit pas à quitter sa banlieue pauvre à cause de sa mère, accroc au crack ; elle est également marquée par la perte de son frère, mort noyé quelques années auparavant. Son ami Isaac semble en apparence plus épanoui puisqu'il se concentre sur la création de personnages fantastiques pour des jeux vidéo, mais son appartement, qui ressemble davantage à une cave insalubre, nous fait comprendre que ses fins de mois sont difficiles.

« Pas beaucoup plus long qu'un épisode d'une série Netflix, Choose or Die plaira aux amateurs du genre. »

Il serait donc assez simple pour beaucoup de s'identifier à ces deux jeunes gens… si la prestation des deux acteurs principaux n'était pas aussi inconsistante. Asa Butterfield rejoue tout simplement son rôle d'Otis de la série Sex Education et ne fait pas de grands efforts pour varier sa prestation un peu gauche. Iola Evans, qui interprète Kayla, s'enferme quant à elle dans le rôle de la jeune adulte taciturne, fronce des sourcils la majeure partie du temps et ses tentatives d'exprimer d'autres émotions sont souvent embarrassantes pour les spectateurs.

Les rôles secondaires ne relèvent d'ailleurs pas le niveau : les acteurs et actrices forcent le trait en permanence, et heureusement pour nous, leur temps d'écran est limité. Pour finir, la présence au casting de Robert Englund, connu de tous pour son mythique personnage de Freddy Krueger, est quant à elle un peu mensongère puisque le comédien, qui joue son propre rôle, n'est présent que via une boîte vocale.

Un problème de cinématiques

Choose or Die, malgré sa courte durée, a surtout un vrai problème de rythme, et les scènes qui encadrent les différents moments d'horreur, sont d'une platitude désespérante. Même la révélation finale, qui vient clarifier l'origine de ce jeu maudit manque d'impact pour vraiment marquer les esprits.

Dernier défaut et pas des moindres, la musique du film, composée par Liam Howlett du groupe Prodigy est l'exemple même d'une fausse bonne idée. La composition électro ne colle jamais aux images et fait souffrir nos tympans délicats, déjà bien malmenés par un mixage sonore aux fraises qui poussent les potards au maximum dans les scènes d'angoisse. Fatigant…

Choose or Die © © Netflix
© Netflix

Choose or Die n'a ainsi pas d'autre ambition que de vous faire passer un bon moment avec un concept, certes un peu usé, mais suffisamment bien emballé pour faire illusion.

Pas beaucoup plus long qu'un épisode d'une série Netflix, un peu corseté par des moyens techniques et financiers que l'on devine très modestes, le film n'est ni médiocre ni honteux et plaira aux amateurs du genre ainsi qu'à tous ceux qui souhaitent se faire (un peu) peur entre deux programmes à succès de la plateforme.

5

Choose or Die ne se prend jamais pour plus intelligent qu'il n'est, mais livre un petit moment d'horreur sympathique, malgré ses faibles moyens, avec quelques scènes efficaces. Dommage que le reste du film soit lui aussi faible et que les acteurs soient à côté de la plaque une bonne partie du métrage.

Cette œuvre est pour vous si

  • Vous aimez le retrogaming
  • Vous souhaitez un petit film d'horreur pour votre prochaine soirée TV
  • Un Jumanji gore vous botte

Cette œuvre n'est pas pour vous si

  • Vous aimez les oeuvres logiques
  • Vous appréciez les scénarios fournis et complexes
  • Vous souhaitez voir de bons acteurs, même dans un téléfilm

Choose or Die est disponible sur Netflix depuis le vendredi 15 avril 2022.

Cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie qu'une commission peut être reversée à Clubic. Les prix mentionnés sont susceptibles d'évoluer. 
Lire la charte de confiance
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
6
7
zZz
« de la très populaire série Sex Education »<br /> Comment dire …
Bondamanmanw
Ah l’Amérique, ils sont trop fort, dans le vidéo-ludique ils sortent vraiment des thèmes qui leurs ressemblent, même leur plus célèbre moteur de recherche à un nom qui leur ressemble assez bien, Gogol.
spip74
6/10 ce qui correspond en effet au niveau de production Netflix ces temps ci.
Z-aon
Tu es américain aussi ???
Laurent_SFN
J’ai vu hier soir. Idées sympathiques, quelques bonnes séquences, mais on sent le manque de moyens et d’ambition. 6/10 pour ma part.
KarLKoX_1_1
Regardé ce weekend, assez d’accord sur la note : 5/10 pour moi aussi.<br /> Etant moi même développeur, ça pique niveau cohérence technique … cela dit, vu ce qui s’y passe, c’est anecdotique
Voir tous les messages sur le forum

Lectures liées

She-Hulk : Disney+ vous donne rendez-vous en août pour cette avocate Marvel pas comme les autres
Sandman, Cyberpunk, Umbrella Academy... Netflix annonce sa Geeked Week à grand renfort de trailers
Chez Netflix, si vous n’aimez pas le contenu, vous pouvez démissionner
The Boys, saison 3 : en juin, ça va cogner sur Prime Video
For All Mankind : direction Mars dans le premier trailer de la saison 3
Netflix n'en a pas terminé avec Black Mirror
Prenant le contrepied de Netflix, Apple TV+ s'apprête à dégainer un nouveau film d'animation
Festival de Cannes : TikTok s'invite sur la croisette
Pour Dune Part. II, Denis Villeneuve a trouvé son empereur Padishah
Netflix dévoile un premier aperçu de sa prochaine série Resident Evil avant sa sortie estivale
Haut de page