Test OPPO Enco X : des True wireless proches de la perfection, portés par une sonorité hybride ambitieuse

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
14 décembre 2020 à 18h05
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Bien qu’ils ne soient pas les premiers écouteurs True Wireless pour OPPO, ni même les premiers modèles à réduction de bruit, les Enco X sont clairement les plus haut de gamme. Clones d’AirPods Pro dans une certaine mesure, ces écouteurs vont pourtant beaucoup plus loin qu’on ne pourrait le croire, en particulier sur la partie sonore. Assez pour ringardiser le modèle Apple ?

OPPO Enco X
  • Sonorité très technique
  • Compact
  • Confortable
  • ANC très efficace
  • Isolation passive moyenne
  • Application un peu trop simple
  • Autonomie passable

Caractéristiques

  • Type : écouteurs Bluetooth True Wireless à réduction de bruit active
  • Embout Semi-intra
  • Poids (écouteur seul) : 4,8 g
  • Poids (boite + écouteurs) : 52,5 g
  • Bluetooth 5.2
  • Codecs supportés : SBC, AAC, LHDC
  • Autonomie annoncée : 4 h avec ANC, 5 h 30 sans, 20-25 h avec boitier de charge
  • Architecture audio : 2 voies hybride ; 1 transducteur dynamique de 11 mm, 1 transducteur à armature équilibrée de 6 mm
  • Coloris : Noir, Blanc
  • Prix officiel : 180 €

Comme un air de déjà vu !

On ne va pas jouer la surprise, beaucoup de points esthétiques des Enco X sont proches du copier/coller. Très proches des AirPods Pro, les écouteurs reprennent les grandes lignes du design, avec tout de même
quelques points de différenciation. Les écouteurs, disponibles en blanc et en noir, s’appuient sur structure en deux parties. D’un côté une chambre
acoustique (incluant également une partie de l’électronique), de l’autre une tige, avec une partie des microphones, la connectique de recharge, ainsi qu’une zone tactile.

La différence principale vient de l’utilisation d’une canule pour soutenir les embouts en silicone, là où Apple s'en passe.

À défaut d'être luxueux, les écouteurs sont aussi bien finis que les modèles dont ils s’inspirent. Du plastique, pas forcément ultra-rigide, mais bien assemblé. Étonnamment, les Enco X sont même un peu plus denses que les AirPods Pro. Certifiés IP54, les écouteurs font jeu égal avec les Apple sur ce terrain. Suffisamment bien armés pour un usage sportif.

Oppo Enco X

Le constat est le même pour la boite de charge, de volume similaire mais plus arrondi. Celle-ci est l’exemple même d’un produit facile à glisser dans une poche, sans que cela ne dérange. La charnière n’est absolument
incassable, mais suffisamment robuste. Seul le capot fait vraiment plastique léger. Cette boite peut se recharger en USB-C, mais également par induction, ce qui commence à vraiment être la norme autour des 180 euros.

 Un confort clonesque… voire mieux

Clairement plus proches de semi-intra que de véritables intra-auriculaires, cela à cause de très courtes canules, les OPPO Enco X sont parmi les écouteurs les plus confortables du genre. Absolument aucune intrusion
dans l’oreille, une simplicité de mise en place, façon AirPods Pro, et une
tenue excellente une fois la bonne taille d’embout trouvée. Cette opération
peut se faire au jugé, sachant que pour une même personne deux tailles (sur les trois) peuvent convenir, ou grâce à l’application HeyMelody, utilisant un petit analyseur.

Nous pourrions presque comparer le confort à son concurrent, mais les Enco X sont un peu plus adaptés aux petites oreilles, l’écouteur en lui-même étant un poil plus petit. À l'inverse, les grandes oreilles (creux de l'oreille) pourront trouver la tenue un peu lâche. Aucune fatigue n'est produite, mis à part quelques pressions, du fait du système de réduction de bruit.

Oppo Enco X

Utilisé dans le cadre sportif, le produit n’est sans doute pas parfait, surtout de par son côté tactile, mais n’a pas de défaut rébarbatif.

Contrôles pratique, en théorie

Plus ambitieux qu’Apple, OPPO propose de passer par une bande tactile à l’arrière de la tige. Sur le papier, cela permet d’envisager bon nombre de réglages, d’être complet même. En pratique, cela reste un peu plus compliqué. Si les réglages sont partiellement paramétrables dans
l’application (nous y revenons), la disposition n’est pas parfaite, et leurs
possibilités incomplètes. Lecture/pause avec une double tape, appel à
l’assistant avec trois, réglage sonore en glissant le doigt sur la tige,
changement de mode de réduction de bruit après une pression de 1s, etc.

Oppo Enco X

La disposition n’est déjà pas forcément parfaite de base, mais c’est surtout l’application qui nous déçoit.

HeyMelody, développé pour les modèles OPPO ou OnePlus, deux sociétés sœurs, manque clairement son but. Très simple mais surtout très épurée,
cette application permet de mettre à jour le firmware, d’indiquer la charge des écouteurs et du boîtier, mais également de modifier les commandes. Sur le papier, très bonne idée, sauf que les choix sont trop limités.

Oppo Enco X

Ici, chaque action peut être associée à une fonction. En procédant à une double tape, il est possible de définir lecture/pause, ou un passage de piste, ce qui est un début. Avec une triple tape, nous pouvons choisir de faire appel à l’assistant vocal du téléphone, ou… rien du tout. Autre
étrangeté, la possibilité, pour un appui long, de basculer entre deux modes ANC, alors que quatre sont disponibles. Impossible de basculer entre ANC max, ANC off, et transparence par exemple, il faut en choisir deux. Les appuis peuvent donc vaguement se régler, chaque type de tape ayant déjà une fonction imposée (ou presque) par le constructeur.

Le tour de l’application est déjà effectué, puisqu’à part un analyseur de taille d’embout, aucune fonction annexe n’est de la partie, absence d’égaliseur en tête. Nous sommes très loin des applications Sony ou Jabra.

Oppo Enco X

Pour les utilisateurs de smartphones OPPO (ce qui n'a pas été le cas lors du test), quelques avantages sont de la partie, comme un système d'appairage rapide, permettant d'éviter de passer par le profil d'appairage standard.

Connectivité next-gen ?

Se servant d’une puce Bluetooth 5.2, OPPO risque d’ajouter un peu de confusion au flou ambiant autour du Bluetooth. Rappelons simplement que le Bluetooth 5.2 ne change pas la stabilité du signal ou le débit pour la
partie audio, mais intègre quelques optimisations, du moins théoriques, sur la consommation de la partie Low Energy (pont de connexion, échange avec l’application) de la puce. En l’état, le 5.2 reste surtout un argument marketing. Le Bluetooth 5.2 intègre surtout les bases pour l’intégration du futur. Sur la connectivité, la marque fait dans le classique. La connexion est plutôt stable, avec tout de même un ou deux bons décrochages lors de notre test. La portée est correcte pour des True Wireless, et les écouteurs peuvent s’utiliser l’un ou l’autre en mode mono. Malheureusement, le multipoint n’est pas de la partie. OPPO intègre tout de même, en appuyant trois secondes sur la tige d’un des écouteurs, un basculement automatique sur le dernier modèle connecté, en se déconnectant du modèle en cours. Une béquille fonctionnant de manière correcte, même si un peu pénible à l’usage.

Oppo Enco X

Sans surprise, les Enco X intègrent seulement les codecs SBC et AAC, faisant l’impasse sur l’AptX (en grande partie pour l’autonomie). Comme
souvent sur les marques chinoises, le LHDC (concurrent du LDAC) est implémenté, en qualité 400 kbs (jusqu'en 24 bits/48 kHz). Celui est présent sur tous les smartphones Oppo prenant en charge Color OS 11. Pour les autres modèles, et tous les autres produits Android (iOS ne le prenant pas en charge), cela est au cas par cas. Le LHDC est pris en charge depuis Android 10, mais encore faut-il que la marque l'implémente dans son code.

Autonomie dans la moyenne basse

Les Enco X annoncent une autonomie de 4 h avec ANC au max, et 5 h 30. OPPO est presque timide, puisque nous sommes arrivés, avec ANC, autour des 5 h, principalement dans une balade dans la rue (parfois assez calme, parfois en travaux). Cela s’explique par la notion de réduction adaptative. Même réglée sur Max, celle-ci ne va pas trop pousser la puissance de calcul lorsque cela n’est pas nécessaire. Ainsi, 4 h semble être un minimum, que l'on peut remarquer dans les situations très bruyantes et complexes. Le boîtier de recharge permet d’assurer autour de 3-4 cycles supplémentaires. Au final, en partie à cause de leur petite taille, les OPPO Enco X sont tout de même peu autonomes, dans la moyenne basse du genre, au côté des AirPods Pro.

ANC à la hauteur du pari, microphones oscillants

Faisant le pari d’une approche semi-intra, bouchant peu le conduit auditif, les Enco X se confrontent forcément à une limite, celle de l’isolation passive, s’exprimant particulièrement à partir des aigus (1 kHz). Cela ne loupe pas, puisque le résultat n’est pas meilleur qu’avec les Airpods Pro. L’isolation est là, mais plutôt faible, suffisante pour des environnements
calmes voire semi-bruyants, mais pas plus.

Oppo Enco X

L’isolation active, quant à elle, est beaucoup plus impressionnante. Nous ne sommes pas totalement au niveau des AirPods Pro, mais pas très loin. Les OPPO sont extrêmement efficaces sur les basses fréquences et les bas-médiums. Il est ainsi dommage de ne pas avoir un peu insisté un peu sur l’isolation passive, puisque cela crée un pic de « non-atténuation » autour de 1 kHz, le temps que le relais des embouts soit là, se caractérisant par une isolation moyenne des voix et quelques bruits assez classiques. Ce constat était déjà présent avec Apple, il est même accentué ici. Notons tout de même que, par ce biais, l’isolation a quelque chose d'assez régulier, très linéaire en fréquence. Nous n’avons pas d’un côté des basses moyennement atténuées et de l’autre des aigus totalement annihilés, le rendu est assez naturel. Mais pour qui veut vraiment se couper du monde, le résultat n’est pas parfait.

Même ANC au max, il y a une notion d’adaptabilité de la réduction de bruit. Cela permet d’isoler suffisamment quelle que soit la situation, en théorie. En pratique, quelques bugs demeurent, et cette isolation s’est parfois coupée en pleine rue, ou s’est déclenchée davantage sur une
oreille que sur l’autre.

Oppo Enco X
En rouge, la mesure d'un bruit de référence. En orange, la réponse avec ANC activé. En vert, la réponse en mode Transparence

Le mode transparence est un peu du même acabit. Très efficace et naturel, même si un peu en dessous des Apple sur ce point (les aigus n’allant pas aussi loin), il est également de type adaptatif, ce qui n’est pas forcément une excellente idée. Si un son trop fort et soudain arrive, il peut choisir de couper le retour, ce qui n’est pas idiot en théorie. Mais, là-aussi la pratique met en avant des choix pas forcément judicieux, ainsi que des bugs. Cela nous est arrivé, par exemple, après un son métallique côté
droit. L’écouteur droit se met alors à atténuer les sons, pendant plusieurs
secondes, alors que l’écouteur gauche continue de les reproduire, créant un certain déséquilibre.

Efficaces, les deux modes pêchent donc par excès de zèle ou, pour faire plus simple, par excès d’automatisation, sans être totalement au point.

Nous serons un peu plus sévères avec la qualité des microphones en mode main-libre, franchement moyenne, vraiment peu naturelle sur les voix. L’atténuation des sons extérieurs est assez efficace, mais cela
change finalement assez peu le constat.

Un son techniquement meilleur qu'une pomme

Bien que vraiment pas un novice en matière de son, OPPO s’est allié ici avec Dynaudio, un spécialiste danois de la Hifi. Difficile toutefois de connaître l’importance de ce partenariat, pouvant aller d'algorithme de traitement jusqu’au réglage acoustique le plus poussé. Nous disons que OPPO n'est pas un novice, car est dans le milieu audio depuis pas mal de temps, ayant par exemple sorti un casque Hifi assez encensé, le PM1.

OPPO nous a donc concocté un produit très ambitieux. Alors que l’essentiel de la concurrence repose sur un simple transducteur dynamique, les Enco X partent sur une approche hybride et deux voies.

  • Un haut-parleur électrodynamique classique est utilisé pour reproduire les basses/médiums
  • Un transducteur un peu mystérieux, pour la gestion des aigus

Haut-parleur un peu mystérieux, puisqu'unique dans sa disposition. Présenté comme un modèle à armature équilibrée (ce qu'il est en pratique), il se place dans le même axe que le premier (un peu en avant), tout en étant également circulaire. Contrairement à un transducteur à armature
équilibré classique, comme ce que l'on retrouve dans pas mal d'écouteurs un peu haut de gamme, celui-ci n'est donc pas parallélépipédique avec une chambre acoustique et un tube de sortie, mais prend la forme d'un haut-parleur électrodynamique classique. Son architecture générale reste malgré tout la même qu'un modèle à armature. Voilà pour la partie explicative.

Oppo Enco X
Le haut parleur à armatures, décomposé. On remarque que le modèle emprunte à la fois aux modèles à armatures classiques, et aux transducteurs dynamiques standards

D’un point de vue purement technique, dans une piste simple et aérée, type classique, le transducteur à armature donne ici un résultat assez fabuleux. Les aigus très convaincants, allant potentiellement très loin, le tout avec énormément de naturel. Le niveau de détails, la maitrise de l'espace
sonore, nous sommes là dans le très haut du panier, au-dessus de ce que peuvent atteindre les Airpods Pro et pratiquement tout le reste de la production. Sennheiser est l'un des seuls à faire aussi bien dans le genre, même si dans une approche un peu différente.

La signature sonore est relativement équilibrée sur l’ensemble du spectre, avec tout de même un boost assez marqué au niveau des basses, dans un plateau régulier au-dessus du reste des fréquences (10-15 dB au-dessus du reste), tout ayant quelques pics dans les aigus. Le modèle est donc plus rond que vraiment neutre, comme des Airpods avec bass-boost, avec
plus de corps. Beaucoup préfèreront cette approche, plus joueuse, d’autres moins.

Cela donne une sonorité assez polyvalente, pas naturelle en toutes circonstances, mais sans réel défaut dans la signature. Pas de sifflement, de sibilance, de voile sur les voix, etc. Nous avons déjà entendu plus de détails dans les basses, mais il y a tout de même suffisamment de détail dans cette gamme de fréquences, ainsi qu'une assez bonne sensation d'enveloppement.

Oppo Enco X
Disposition des deux HP, l'un devant l'autre

Les médiums ne sont pas non plus au même niveau de qualité que les AirPods Pro, ou même les Sennheiser Momentum TW2. Mais d’un point de
vue général, les Enco X peuvent techniquement tenir tête aux meilleurs.

Les OPPO ne sont pas aussi impressionnants dans la difficulté, sans pourtant s'effondrer, même sur les genres complexes. Une structure deux
voies a énormément d’avantages théoriques, mais amène également des problèmes, notamment à cause du filtrage deux voies. Dans ces pistes encombrées donc, les écouteurs deviennent moins naturels, un peu moins aérés, les pics d'aigus devenant un peu plus dissonants. Rien de dramatique, mais une légère sous-exploitation des deux haut-parleurs. Une sous-exploitation qui ne les empêchent pas de rester très puissants et percutants au besoin, là-aussi dans le haut du panier. Nous préférons toujours ce que propose Sennheiser et Sony (WF-1000xm3 ) sur ce point, mais le résultat reste bon.

Magiques sur les styles type Jazz, classique, et certains type de hip/hop et électro, livrant une scène sonore très large et profonde, ils arrivent à s'adapter aux enregistrements chargés. Des écouteurs avec leur petit caractère, pas parfaits partout, qui gagneraient proposer encore un peu
plus d'équilibre, mais déjà très impressionnants.

L’avis de Clubic

Excellents sur de nombreux points, les OPPO Enco X ont tout pour devenir les True Wireless parfaits. Une application et une ergonomie plus libres et plus développées, une autonomie en hausse, et une gestion encore supérieure de son architecture hybride, et la marque pourrait rouler sur les autres. En l’état, nous avons tout de même un très bon rapport qualité-prix, et un concurrent de choix pour les Huawei Freebuds Pro .

OPPO Enco X

8

Très maitrisés, les OPPO Enco X ne sont sans doute pas les écouteurs parfaits, mais restent excellents à plus d'un titre. Confortables, portés par une réduction de bruit active convaincante, et par une architecture sonore ambitieuse, ils cochent presque toutes les cases. Quelques points noirs viennent ternir le tableau, mais rien qui ne soit pas améliorable dans une future version.

Les plus

  • Sonorité très technique
  • Compact
  • Confortable
  • ANC très efficace

Les moins

  • Isolation passive moyenne
  • Application un peu trop simple
  • Autonomie passable

Confort 9

Ergonomie 7

Isolation 8

Autonomie 6

Son 9

Modifié le 24/12/2020 à 13h27
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