Baladeurs audiophiles : notre comparatif des meilleurs modèles à moins de 500€

Guillaume Fourcadier Contributeur
23 novembre 2019 à 17h46
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Le top du top
Le choix de la rédac
Le rapport qualité/ prix
Fiio M11
+ Fabrication et design irréprochables
+ Connectique complète
+ Véritable (ou presque) expérience Android
+ Son digne d'une config sédentaire
Fiio M6
+Modèle connecté
+ Navigation simple mais très au point
+ Compact
Shanling M0
+ Bonne fabrication, finitions colorées
+ Son neutre et détaillé
+ Bonne puissance de sortie
+ La molette

Objet vieillissant voire dépassé à l'heure des smartphones, le baladeur a pourtant su s'adapter pour se trouver une cible restreinte, mais fidèle grâce à l'apparition de modèles dits "audiophiles". Si le terme n'a rien de vraiment précis, il fait généralement référence à une approche plus sérieuse de ses composants, plus proches de ce que peuvent intégrer les systèmes de salon.
Marché véritablement lancé en 2010 avec le Hifiman HM801, le baladeur audiophile n'a depuis pas cessé d'évoluer, à son rythme parfois bien lent, pour se poser entre autres comme un concurrent indirect du Smartphone, reprenant à son avantage le marché abandonné du filaire. Les différences ? Des convertisseurs issus de l'univers hifi, idem pour l'amplification. Plus énergivores que de simples baladeurs ou smartphones, mais incomparables sur la qualité sonore, le baladeur audiophile s'adresse à une cible particulière, prête à certaines concessions ergonomiques et prête à dépenser des sommes parfois déraisonnables pour profiter du meilleur son possible. Pour cela, tous les tarifs existent, mais nous nous limiterons ici à un plafond déjà élevé de 500 euros.

1. Shanling M0 : Le nano baladeur sur fond d'Apple Watch

Shanling M0.jpg


Les plus
+ Bonne fabrication, finitions colorées
+ Son neutre et détaillé
+ Bonne puissance de sortie
+ La molette
Les moins
- Écran d'ancienne génération
- Navigation tactile encore perfectible


Difficile de parler de parler le Shanling M0 sans évoquer le Fiio M5 (comparatif Clubic). Même prix, même format, même petit écran et même système de navigation tactile. L'utilisation de convertisseurs de bonne qualité et peu énergivores, une absence de mémoire interne, mais un port micro-sd. Tout ou presque en fait des jumeaux. Mais puisqu'il faut choisir, le Shanling met avant une puissance de sortie plus importante, une meilleure autonomie ainsi qu'un système de petite molette multifonction vraiment agréable à l'usage.

Un design pas sans inspiration

Pour les plus nostalgiques, Le M0 peut faire penser au vieil iPod Nano de 6ème génération, au design proche d'une montre. Les plus pragmatiques y verront quelque chose d'encore plus simple, son "léger emprunt" à l'Apple Watch. Il n'est pas aussi raffiné que cette dernière, mais sa carcasse est elle aussi toute de métal et de verre, quant à sa molette crantée sur le côté... Nous dépassons le stade de la simple inspiration.

La fabrication est parfaitement à la hauteur, sans réel défaut. Si son concurrent Fiio M5 parait plus fin (sans toutefois l'être) grâce ses tranches légèrement concaves et convexes, le Shanling se concentre sur la façade, arrondissant les coins et dessinant de légers chanfreins.

Il ne lui manque que la connexion

Simple baladeur, le M0 ne propose pas de fonctions connectées. Pas possible donc de le lier à son compte Qobuz, Tidal, Spotify, etc.

Pour le reste, le produit est extrêmement complet. Pour commencer, en plus d'une fonction sortie casque, la prise jack 3,5mm peut également servir de sortie ligne (pour brancher sur un ampli externe).

Son module Bluetooth permet de fonctionner en émission, pour un envoi vers un casque, mais également en réception. Cette option permet par exemple de recevoir le flux d'un smartphone, afin d'utiliser le traitement sonore du baladeur.

La prise USB-C du Shanling M0 est tout comme son module Bluetooth, bidirectionnelle. Cela signifie qu'en plus de la recharge, elle permet au baladeur de jouer le rôle de carte son USB, mais également d'être raccordée à une carte son externe, ne servant alors que d'interface de lecture.

Enfin, le M0 n'a aucun problème pour décoder des flux PCM en haute définition ou du DSD128 en natif. Son seul vrai défaut reste l'absence de mémoire interne, ce type de modèle se nourrissant alors de carte micro-SD via un simple port sur le côté.

Petit écran, concessions sur l'interface

Écran de 1,54" pour 240 x 240 pixels, ce qui est très limité, mais suffisamment large pour la lecture. À ce petit jeu, l'écran de son concurrent Fiio M5 est de bien meilleure qualité, bien plus contrastée et très légèrement plus réactive.

L'interface est agréable, tout en icônes depuis la racine. Mais même si bien optimisée, la navigation reste perfectible, le tactile n'étant pas forcément simple sur de si petits écrans. En l'état le Shanling M0 (dans ses firmwares récents) s'en tire suffisamment bien pour ne pas devenir frustrant. Le Fiio M5 est un peu plus réactif, mais n'échappe à pas certains bugs, quand le Shanling, légèrement moins rapide, se rattrape grâce à son système de molette beaucoup plus intuitif (volume et pause).

Puissance et autonomie contre modernité

Première évidence, le baladeur sonne mieux qu'un Smartphone classique. L'utilisation d'un convertisseur Sabre moderne et vraiment dédié à l'écoute n'y est pas pour rien. Il est intéressant de voir que Shanling et Fiio ne prennent pas la même route sur ce point précis.

Le Shanling est simple, parfaitement neutre et carré, une sorte de copie modèle, sans folie, mais sans vrai défaut. Pour ceux qui n'accrocheraient pas à cette sonorité, le Fiio M5 propose un rendu plus technique, mais se permet une étrange signature en V, mettant légèrement en avant les basses et les aigus dans ce qui ressemble un peu plus à de l'esbroufe. Dans un cas comme dans l'autre, des égaliseurs, certes basiques, sont là pour tempérer ou accentuer les signatures sonores.

Loin de pouvoir faire griller un transducteur de casque, le Shanling possède une certaine réserve de puissance que n'a pas son concurrent. Cela lui permet d'être assez souple, même sur des casques de salon. Pas de miracle avec les hautes impédances ceci dit, la tension max n'est pas assez importante pour s'y frotter.

Dernier point mais de taille, le Shanling dispose d'une autonomie légèrement supérieure au M5, autour des 12-13h contre 10 h / 10 h30 pour le Fiio.

Notre Avis sur le Shanling M0

Pas foncièrement meilleur que le Fiio M5, le Shanling M0 possède pourtant quelques avantages. Si son écran n'est pas vraiment à la hauteur, le baladeur se rattrape par une autonomie correcte, une bonne puissance de sortie, une sonorité neutre, mais technique, mais surtout un système de molette très agréable à l'usage.

2. Hidizs AP80 : l'alternative surprise

Hidizs AP80.jpg



Les plus
+ Qualité de fabrication
+ Son excellent pour le prix
+ Écran plutôt réussi
Les moins
- Hiby OS encore buggé
- Pas de fonctions connectées

Peu connue en France, la marque Hidizs a pourtant quelques admirateurs. Un peu à l'image de Fiio, Hidizs navigue entre prix abordables et plus élevés, toujours dans une certaine optique de rapport qualité-prix. Le AP80 est l'un des plus accessibles, mais aussi l'un des plus intéressants bien qu'il ne soit pas sans défaut. Premièrement, il n'est pas connecté.

Au début il y avait kickstarter.

C'est une mode pour de nombreuses marques, faire une précommande déguisée par un projet participatif. Audeze s'est essayé à l'exercice avec son casque Gaming Mobius, Hidizs s'est lui aussi permis de tenter l'expérience avec le AP80 en 2018. Bon petit succès, le modèle est depuis lancé dans le circuit traditionnel. Pour les utilisateurs patients, Hidizs a récemment annoncé le AP80 Pro une évolution en double DAC (un convertisseur par canal) de son AP80, mais aucune date de lancement n'a pour le moment été communiquée.

Le paquet sur l'enveloppe

Très petit, le AP80 est une sorte de version XXL des Shanling M0 et Fiio M5. Mais loin de vouloir ressembler à une grosse montre, le baladeur va plutôt singer les modèles haut de gamme. La construction en aluminium, la tranche droite débordante et facettée, les boutons de navigation et la molette sur le côté, tout fait penser à ce qui existe chez Astell & Kern ou sur le Fiio M11. À noter : il existe des éditions avec châssis en acier. L'écran de 2,45" fourni par Samsung est suffisamment bon pour être agréable à l'œil, et suffisamment grand pour permettre une bonne navigation.

S'il ne possède pas de module Wifi (non connecté), il conserve une approche Bluetooth et un port USB-C bidirectionnel. Le tout est propulsé par un SOC Ingenic X1000, la même puce ou presque que le Fiio M5 (X1000E) et sans doute le Shanling, une référence peu énergivore. Son autonomie est autour des 11-12h (même si annoncée à 15), soit un score un peu léger, mais acceptable.

Une navigation agréable, avec un peu de chance

Son interface se base sur Hiby OS , un OS dérivé d'un noyau Linux et bricolé par la marque de baladeurs Hiby, bien que le développement des OS soit une de ses activités antérieures.

Assez proche d'une expérience Android, Hiby OS a quelque chose de familier et de plutôt intuitif. Mais cet OS n'est malheureusement pas avare en bugs, des bugs d'à peu près toutes sortes, assez aléatoires, rarement sérieux. Les mises à jour récentes permettent de réduire largement ces problèmes, rendant le modèle plutôt recommandable sur les firmwares récents.

Un son de tous les réglages

Même puce que le Shanling M0, le AP80 devrait donc sonner de la même façon ou presque. Pourtant l'amplification parait plus travaillée, à défaut d'être vraiment plus puissante. Très neutre, le son est assez ample et très détaillé, allant plus loin que les deux micro-modèles au format montre. L'un des gros plus de ce AP80 est son égaliseur MSEB (Mage Sound 8-Ball Tuning), un système particulièrement précis, ne s'arrêtant à la simple correction fréquence par fréquence, mais agissant sur une tendance générale du son.

Notre Avis sur le Hidizs AP80

Abordable, bien construit et assez sérieux, le Hidizs AP80 est un des meilleurs modèles pour qui n'a pas besoin de fonctions connectées.

3. Fiio M6 : complet, compact, connecté

Fiio M6.jpg



Les plus
+ Modèle connecté
+ Navigation basique, mais très au point
+ Compact
Les moins
- Moins à l'aise avec les casques de salon
- Limitations de l'OS

Cette sélection risque de vous paraitre très orientée Fiio. Mais la marque s'est historiquement axée sur des tarifs accessibles, et fut même LA marque ayant permis de démocratiser le baladeur audiophile avec son X3 (2013) à moins de 300 euros, cela dans une période où les prix tapaient plutôt les 700-800. Pour ne rien gâcher, Fiio est toujours l'une des rares marques, distribuées en France (la précision est de taille), proposant toujours des modèles très abordables. À ce petit jeu, le Fiio M6 est sans doute le plus intéressant des baladeurs connectés, voire le plus intéressant des baladeurs à moins de 150 euros.

Tout, mais en simple

Taille réduite et poids de seulement 83g, le Fiio M6 n'est pas aussi poussé que le Hidizs sur la fabrication, mais l'assemblage est sérieux. Son petit écran de 3.2" est tout à fait correct même si limité à un 480 X 800 pixels.

Si le produit possède enfin un module Wifi, il faut compter avec quelques limitations, limitations également présentes sur ses modèles M7 et M9. Utilisant une puce Exynos 7270 de Samsung dédiée aux objets connectés, le M6 utilise une version très simplifiée d'Android (aucune idée de la version de base).

Difficile de reconnaître le fameux OS car seules ces fonctionnalités demeurent, l'interface se présente uniquement par un système d'icônes en ligne et colonnes. Si quelques applications comme Tidal sont installées en natif, les Spotify, Deezer ou autre Qobuz doivent être installés via des .apk. La solution est un peu laborieuse, mais n'a pas besoin d'être répétée souvent. Une fois installées, les applications fonctionnent... mais il faut un temps pour s'adapter à un si petit écran.

Vous l'avez sans doute compris, le Wifi ne sert "presque" qu'aux applications de streaming. À noter toutefois, le produit est compatible avec les protocoles DLNA et Airplay.

Cette utilisation du Wifi s'exprime également à travers l'application/protocole Fiio link, permettant de prendre le contrôle du baladeur depuis un smartphone.

En plus du Wifi, le Fiio M6 intègre une puce Bluetooth, fonctionnant en émission et en réception. Sans surprise, la prise USB permet au M6 de fonctionner en DAC externe, et la prise Jack fait également office de sortie ligne.

Assez puissant, mais plutôt pour les intras

Un peu plus puissant que le M5, le M6 se retrouve pourtant entre deux univers, un peu comme le Shanling M0. Son amplification est puissante pour un produit de cette taille, mais pas suffisamment pour tirer le meilleur de casques très énergivores. Le produit étant avant tout nomade, ce léger manque de puissance est un semi-problème. Même si plus puissant que la moyenne, un petit baladeur doit rester dans les clous pour ne pas trop réduire son autonomie. Ici, le Fiio m6 tient 12-13 h, il ne s'est donc pas risqué à une amplification risquant de sabrer l'autonomie.

Notre avis sur le Fiio M6

Difficile de penser à un autre modèle pour une introduction au baladeur connecté. Passées les quelques concessions de son OS simplifié, le Fiio M6 fait tout ce que l'on est en droit de demander d'un bon baladeur tout en restant compact et suffisamment puissant pour la majorité des écouteurs et casques.

4. Sony NW-A55 : la simplicité a un prix

Sony NW-A55.jpg



Les plus
+ Design caractéristique de la gamme Walkman
+ Interface simple, mais parfaitement au point
+ Son d'une propreté absolue
Les moins
- Manque de puissance
- Non connecté

Sony a toujours cultivé la différence sur ses baladeurs audiophiles. La marque ne communique jamais sur les composants type DAC (convertisseurs numérique/analogique) ou les amplis OP utilisés, mais davantage sur les particularités de son électronique : de nouveaux types de condensateurs, la séparation des circuits analogiques et numériques, etc. Ainsi, même en étant bien plus grand public la marque est déjà atypique. Le NW-A55 fait ainsi partie de cette catégorie de baladeurs bien plus simples que les autres, moins impressionnants, plus avares en petites fonctions, mais totalement au point.

Du simple du carré, du Sony

La patte Sony se trouve avant tout dans son design sobre, mais assez caractéristique, à l'image de ses anciens baladeurs. Pas minuscule, mais pas immense, il présente une enveloppe métallique aux bords arrondis et une façade en verre, une rangée de boutons de navigation plantés sur le côté droit. Le produit est étonnamment agréable à prendre en main malgré l'impression de tenir un vieux modèle de la marque.
Inutile de lui demande d'en faire trop par contre, Sony voit ses baladeurs comme des baladeurs. Pas de sortie ligne ou coaxiale, ni d'USB bidirectionnel. Le NW-A55 assure la fonction de DAC USB (carte son externe), et peut fonctionner en Bluetooth avec le codec AptX.

La lecture musicale est une chose qu'il fait parfaitement bien : PCM jusqu'en 32 bits / 384 kHz, DSD 256 en natif et même l'assez controversé format MQA.

Fait ce qu'on lui demande... longtemps.

Même sans dévoiler les composants de son NW-A55, Sony reste ultra-sérieux dans sa conception, là où la plupart des marques misent simplement sur une puce et sur des caractéristiques invérifiables. Comme pour ses anciens baladeurs ou même ses casques Bluetooth, Sony met en avant ses technologies propriétaires. Ici, nous n'avons pas un duo DAC + ampli comme cela est le cas la grande majorité du temps, mais son système S-Master HX. Ce dernier fonctionne sur le principe d'un Ampli tout numérique, ou FDA. Sans rentrer dans les détails, un ampli type FDA va directement amplifier le signal numérique avant de le convertir, au dernier moment, en signal analogique. Les avantages sont potentiellement nombreux : taux de distorsion harmonique plus faible, meilleur rendement, moins de dégagement de chaleur etc... mais c'est une technologie qu'il faut savoir maîtriser.
Le rendu sonore est à l'image du reste : sérieux. Pas de génie ou de tentative de déborder un peu, le Sony NW-A55 sonne juste, parfaitement neutre, détaillé comme il faut et comme peut l'être un amplificateur numérique. Nous pourrions presque lui reprocher de manquer de personnalité tant il est là où on l'attend. A ce prix là il y aura plus musical, plus percutant ou plus détaillé, mais difficilement aussi propre et aussi strict. Seul véritable reproche, sa puissance très limitée (dans les eaux du Fiio M5). Un baladeur, juste un baladeur, pas fait pour les modèles de salon. Cette limitation fait qu'il atteint sans problème les 35 à 45 h d'autonomie.

Notre avis sur le Sony NW-A55

Difficile de classer l'inclassable. Ce NW-A55, comme tous les modèles Sony, reste à part. Bien fini, irréprochable sur son écran et son ergonomie, très autonome, il ne brille pas par ses possibilités ou même sa puissance.

5. Cowon Plenue D2 : faire du neuf avec du vieux

Cowon Plenue D2.jpg



Les plus
+ Autonomie assez fabuleuse
+ Son extrêmement détaillé et puissant
+ Format très compact
Les moins
- Écran indigne de sa catégorie de prix
- Interface vieillotte

Le son ? Juste le son dans un minimum de place ? Le Plenue D2 du constructeur Corréen Cowon est peut-être fait pour vous.

2019 ? Vraiment ?

Suite d'un du premier Plenue D sorti il y a maintenant quelques années, le Plenue D2 n'a absolument pas rafraîchi son design, ce qui passe encore, mais n'a même pas fait évoluer son écran ou son interface vieillissante. La navigation est à l'ancienne, parfois crispante même si assez claire, et l'écran particulièrement délavé n'est pas là pour rattraper le coup. Coup de grâce, la nécessité de formater ses cartes sd en FAT 32. Heureusement que la mémoire de 64 Go est un bon début.

Le son, rien que le son

Ces limitations plutôt aberrantes dépassées, le Cowon Plenue D2 combine pratiquement tous les bons points d'un baladeur non connecté. Malgré sa très petite taille, le son est excellent, porté par 2 convertisseurs Cirrus Logic montés en Dual Dac (une puce par canal audio). Difficile de trouver aussi propre et aéré pour un baladeur aussi petit. Tout est à la fois percutant, très détaillé, dans une scène sonore extrêmement profonde. L'électronique est assez simple, mais particulièrement optimisée.

Seconde surprise, il n'a aucun mal à alimenter les casques le plus puissants. Son amplification est divisée en 2 circuits : l'un en asymétrique sortant en jack 3,5mm (classique), l'autre en symétrique sortant en jack 2,5mm. Nous ne reviendrons pas ici sur les différences qualitatives théoriques entre asymétrique et symétrique, mais cette dernière méthode permet entre autres de facilement doubler la tension de sortie (et donc la puissance) par rapport à l'asymétrique, ce qui se traduit notamment par une bien meilleure tenue pour les casques de hautes impédances. Mis à part quelques rares casques planaires ou modèles dynamiques de très hautes impédances, il se comporte parfaitement peu importe le modèle.

Enfin, son autonomie est bien au-dessus de la moyenne. Le produit dépasse facilement les 30 heures en utilisant des intra en lecture de fichiers FLAC 16 bits, et peut même dépasser les 45 heures sur des formats à perte type MP3 (ce qui n'est pas vraiment l'idée d'un baladeur de ce type).

Notre avis sur le Cowon Plenue D2

Petit, très autonome et envoyant un excellent son, le Cowon ne peut pas vraiment se battre sur d'autres secteurs. Même sa prise micro-USB est là pour nous rappeler à quel point Cowon doit vite prendre un virage technologique.

6. Fiio M11 : Il fait tout et le fait bien

Fiio M11.jpg



Les plus
+ Fabrication et design irréprochables
+ Connectique complète
+ Véritable (ou presque) expérience Android
+ Son digne d'une config sédentaire
Les moins
- Prix d'un très bon smartphone

Fer de lance d'une nouvelle génération de baladeurs connectés, le Fiio M11 fait partie des produits arrivés à maturité, dotés d'un écran déjà très correct et réactif, mais surtout d'une partie technique à peu près digne d'un vrai Smartphone. Nous aurions aimé pouvoir le confronter au tout nouveau iBasso DX160 visiblement aussi réussi, mais à l'heure où cette sélection est publiée, les modèles de test ne sont pas passés entre nos mains.

Un bon gros Smartphone, qui n'en est pas un

Assez loin des modèles précédemment cités, le M11 ressemble déjà plus à un smartphone, en moins gracieux. Le baladeur est un bon gros bébé (15,5mm d'épaisseur) tout en métal doté d'un écran 5,15" de 720 x 1440. Bien qu'entièrement tactile, le produit conserve des touches de navigation sur la tranche gauche, ainsi que la molette de réglage de volume caractéristique des baladeurs audiophiles moyen et haut de gamme.

À la base du produit, une puce Exynos 7872, référence de bon smartphone d'entrée de gamme ce qui est déjà miraculeux pour un baladeur audiophile. Cela n'est pas forcément évident, mais même des produits à plus de 800 se traînent encore des puces totalement obsolètes. Cette référence Exynos permet de mettre en avant une version légèrement modifiée de l'édition open source d'Android 7.0. 32 Go de mémoire interne seulement sont disponibles, mais la présence de deux ports micro-sd permet de ne pas trop s'inquiéter.
Bluetooth bidirectionnel, USB bidirectionnel, sortie ligne et coaxiale, le M11 reprend tout ce qui existe déjà sur ses baladeurs entrée de gamme. Le modèle ne s'arrête pas là puisqu'il propose trois sorties jack différentes, une en asymétrique (3,5 mm), deux en symétrique (2,5 mm et 4,4 mm), la technologie symétrique étant actuellement dans une sorte de bataille de standards.

Son OS permet une utilisation égale à celle d'un smartphone (exceptée le module téléphone). Différence de taille : pas d'accès au Google Playstore. Le produit dispose de son Store maison Fiio Market, permettant de télécharger à peu près tout ce qui existe en matière d'application de streaming. Pour les autres, le modèle intègre 3 stores tiers d'applications dont l'assez connu APKPure.

Inutile de le préciser, la navigation reste fluide en toutes circonstances, même en utilisant le modèle sur des applications de streaming vidéo. L'expérience est exactement la même qu'un Android (à l'interface vieillissante), mais moins pollué par une utilisation de type smartphone et ses taches plus nombreuses. Pour les adeptes de la lecture locale, Fiio met avant la fonction Pure Music. Celle-ci permet alors de basculer dans le logiciel de lecture local de la marque, tout en désactivant toutes les autres applications Android.

Une sonorité digne des config de salon

Le modèle intègre un système Dual DAC (un convertisseur sonore par canal) de puces haut de gamme AKM AK4493EQ, le genre de configuration que l'on retrouve sur des cartes son de salon déjà bien travaillées. Mise à part quelques modèles Astell & Kern, il est difficile de trouver mieux, le reste se fait surtout sur l'amplification.
La taille du modèle et la batterie conséquente aidants, le Fiio M11 permet d'alimenter pratiquement tout ce qui existe en matière de casque sans trop se fatiguer.

Le combo DAC et ampli se traduit par un son ultra-propre et détaillé, mettant très légèrement les médiums en avant. La scène sonore est particulièrement large et profonde, à l'image des vraies cartes son /ampli de salon. En l'état, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Il sonne juste, du plus petit intra jusqu'au gros casque de salon. Pour les amoureux de la prise symétrique, c'est également l'un des rares modèles de ce prix ayant véritablement travaillé sur ce type d'amplification. À moins de taper dans des modèles Astell & Kern bien plus onéreux, difficile de lui trouver un rival à l'heure actuelle.

Notre avis sur le Fiio M11

Bien fini, complet, fluide, proposant un écran à la hauteur de ses prétentions, le Fiio M11 est le premier baladeur connecté (et pas hors de prix) véritablement au point, le genre qui poussera les autres acteurs à revoir leur copie. Si son prix n'en fait pas un modèle pour le tout-venant, difficile de conseiller autre chose pour qui voudrait s'essayer sérieusement et sans limitation au baladeur audiophile.

Comment choisir son baladeur ?

  • Connecté ou non :

    Première question à se poser, voulez-vous utilisez un service de streaming, ou la lecture en local vous suffit ? Une lecture locale reste infiniment simple, mais les offres de streaming s'étant étoffées et devenant de plus en plus intéressantes sur la qualité et l'offre, un modèle Wifi permet de largement étendre les possibilités. Si ce type de baladeur est généralement absent de l'entrée de gamme et rarement au point, des marques comme Fiio et sa gamme M (M6, M7, M9 et M11) ont largement dynamisé l'offre.
  • Les dimensions :

    Le baladeur audiophile oublie parfois que le terme baladeur vient de "balade". Il en faut pour tous les goûts, mais l'idée de vous déplacer avec un parpaing de 400 g (cela existe) dans la poche n'est peut-être pas dans vos plans. Un petit baladeur permet de ne pas s'encombrer, mais amènera forcément des concessions sur la puissance et la qualité sonore
  • Autonomie :

    Les baladeurs audiophiles ont généralement un point commun : leur conception et composants les rapprochent plus de cartes son/ampli de salon que de baladeurs au sens traditionnel. Convertisseurs énergivores, amplification puissante, peu de choses sont là pour ne pas cramer leur batterie pourtant conséquente, dépassant les 6000- 8000 mAh pour les plus grosses. Certaines marques comme Sony ou Cowon choisissent d'optimiser ces points précis, ce qui leur permet de se détacher du lot. L'autonomie moyenne d'un baladeur se situant entre 8 et 16 h, n'oubliez pas de prendre ce point en compte
  • Pour quel usage :

    Ce point peut paraitre évident, mais un baladeur de ce type permet, grâce à ses composants, de ne pas se limiter en puissance comme peut le faire un smartphone ou un baladeur traditionnel, ne pas se limiter à cette simple fonction donc. Si alimenter des écouteurs reste une partie de plaisir à quelques exceptions près, s'attaquer aux casques de salon peut s'avérer compliqué, mais constituer un gros plus. Pourquoi se payer un système sédentaire quand le baladeur peut tout faire lui-même, connectique, puissance et qualité sonore ? Un baladeur comme le Fiio M11 est le genre de produit acquittant parfaitement de ce genre de tâche, certains concepts surpuissants (et d'une autonomie plus que réduite) comme le Astell & Kern Kann Cube poussent le principe dans ses retranchements au risque d'être caricatural.
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