Ce vendredi 27 février, la NASA a fait une annonce tonitruante concernant le programme Artemis, qui est remanié en profondeur. La mission Artemis III, censée marquer le retour de l'être humain sur la Lune, consistera finalement en une démonstration en orbite terrestre basse.

Il faut dire que les retards s'accumulent. Alors que le vol d'Artemis II, qui doit s'approcher au plus près de la Lune depuis plus de 50 ans, a à nouveau été reporté, Jared Isaacman, nouvel administrateur de la NASA, a clairement souhaité prendre le taureau par les cornes. « Nous devons aller plus vite, éliminer les retards et atteindre nos objectifs », a-t-il lancé. Car en parallèle, la Chine, elle, avance.
Jared Isaacman veut s'inspirer d'Apollo
Si la mission Artemis II se tiendra effectivement comme prévu cette année, c'est toute la suite du programme qui évolue. À commencer par Artemis III. Prévue à l'horizon 2027-2028, elle est présentée comme la grande mission vers la Lune. Ce n'est plus le cas.
À la place d'un alunissage historique, la capsule Orion se rendra simplement en orbite terrestre basse pour un rendez-vous avec les atterrisseurs lunaires de SpaceX et de Blue Origin (Starship et Blue Moon), sélectionnés par la NASA pour successivement poser les astronautes sur la Lune durant le programme. Objectif : tester en conditions réelles, mais dans un environnement maîtrisé, toutes les procédures critiques qui conditionneront la réussite d'un futur alunissage. Cela comprend, entre autres, un amarrage avec la capsule Orion et le transfert et le stockage de carburant cryogénique dans l'espace.
« Nous n'avons pas sauté directement à Apollo 11. Nous l'avons fait à travers Mercury, Gemini et de nombreuses missions Apollo, avec un lancement tous les trois mois », souligne Jared Isaacman. Le premier alunissage humain du programme Artemis est donc repoussé à Artemis IV, désormais ciblée pour 2028 avec Starship. Dans la foulée, Artemis V pourrait rééditer l'exploit la même année, cette fois avec Blue Moon.

Gros remaniements concernant le SLS
Mais ce n'est pas tout. Selon Isaacman, le cœur du problème se trouve dans le rythme de lancements du Space Launch System (SLS). Depuis le lancement d'Artemis I fin 2022, il s'est écoulé près de trois ans et demi sans nouveau vol habité. C'est tout bonnement intenable pour mener le programme à bien.
Afin d'y remédier, la NASA abandonne le développement de la version Block 1B du SLS et de son étage supérieur amélioré, l'Exploration Upper Stage, un contrat à plusieurs milliards de dollars dont Boeing était le maître d'œuvre. L'idée est maintenant de standardiser le lanceur dans une configuration unique, plus simple à produire, pour passer d'un lancement tous les trois ans à un lancement tous les dix mois.
Pour les missions Artemis IV et suivantes, la NASA devra se doter d'un nouvel étage supérieur commercial. Le Centaur V, embarqué sur les fusées Vulcan d'ULA, est le candidat le plus probable à ce stade. À noter qu'un immense point d'interrogation concerne la station Lunar Gateway, totalement absente des plans étayés par l'agence spatiale américaine.
Sources : Space.com, Ars Technica