La course à la Lune s'accélère, et Blue Origin entend bien arriver en pôle position. L'entreprise de Jeff Bezos a même repensé son programme avec une approche plus pragmatique. On vous explique tout.

Vue d'artiste de l'atterrisseur lunaire Mark-1, première version de Blue Moon uniquement prévue pour le transfert de marchandises. ©Blue Origin
Vue d'artiste de l'atterrisseur lunaire Mark-1, première version de Blue Moon uniquement prévue pour le transfert de marchandises. ©Blue Origin

Il y a quelques jours, Elon Musk annonçait un pivotement stratégique majeur pour SpaceX : la société privilégie désormais la Lune avant Mars. De quoi faire réagir Jeff Bezos, lui qui ne poste que très rarement sur les réseaux sociaux. Et pour cause, sa firme Blue Origin, elle, vise notre satellite depuis toujours. Alors, qui de la tortue ou du lièvre franchira la ligne d'arrivée en premier ?

Blue Origin fait l'impasse sur le ravitaillement en orbite

Actuellement, les deux géants du spatial possèdent un contrat avec la NASA dans le cadre du programme Artemis. Si SpaceX doit être la première à poser des êtres humains sur la Lune, Blue Origin a simplifié ses plans, révèle le très bien renseigné Ars Technica. Et ça pourrait clairement changer la donne.

Jusqu'alors, sa stratégie pour acheminer des humains sur la Lune reposait sur le Blue Moon MK2, un atterrisseur réutilisable nécessitant un ravitaillement complexe en orbite. Cela imposait de nombreux lancements pour transférer du carburant dans l'espace avant de pouvoir faire route vers notre satellite. Une prouesse technique jamais réalisée à cette échelle.

Blue Origin mise désormais sur une version plus compacte, le Blue Moon MK2-IL. Le concept ? Assembler un véritable train spatial en orbite via trois ou quatre lancements de la fusée New Glenn. Une fois ces modules amarrés automatiquement, l'ensemble fait route vers l'orbite lunaire pour y attendre le vaisseau Orion. C'est là que les astronautes de la NASA effectueront le transfert vers l'atterrisseur de Blue Origin pour entamer la descente finale vers la surface.

Les moteurs du premier étages de New Glenn. ©Blue Origin
Les moteurs du premier étages de New Glenn. ©Blue Origin

Les deux entreprises font face à des défis techniques majeurs

De son côté, SpaceX doit encore prouver l'aptitude de Starship pour le vol orbital, faire atterrir et récupérer le second étage, puis démontrer la capacité de ravitaillement de sa mégafusée en orbite. Ces étapes sont cruciales pour le programme Artemis : si la NASA, pressée par les avancées de la Chine, considère que la société de Musk prend trop de temps, elle n'hésitera pas à se tourner vers un autre acteur. Dans cette optique, Blue Origin sonne comme une évidence, et ce n'est pas pour rien si elle a mis de côté ses activités dans le tourisme spatial.

Prochaine étape : une mission de démonstration attendue dans les prochains mois avec la première version de son atterrisseur, destinée à valider les technologies clés avant toute tentative habitée.

Mais les défis restent malgré tout nombreux. Si Blue Origin s'épargne le casse-tête du transfert de carburant, elle doit encore réussir un sans-faute lors de l'amarrage de ses différents modules en orbite. Surtout, elle devra prouver la fiabilité de sa fusée, encore à ses débuts, et maîtriser la gestion thermique de ses moteurs à hydrogène liquide, qui doivent rester opérationnels dans le froid extrême de l'espace pendant des semaines.

Source : Ars Technica