Elon Musk l'affirme : la Lune est désormais la priorité de SpaceX, au grand détriment de Mars. Un changement clair de direction de la part de l'entrepreneur, qui est loin d'être anodin.

Souvenez-vous. En 2016, Elon Musk révélait en grande pompe ses plans pour coloniser Mars dès 2024. Depuis, la planète rouge demeure au centre des ambitions de son entreprise spatiale ; il annonçait, l'année dernière, le vol de cinq Starship dès 2026. Une promesse qui ne sera évidemment pas tenue, d'autant que désormais, c'est bel et bien la Lune que SpaceX cible avant tout.
Construire une ville sur la Lune
« SpaceX s'est déjà tournée vers la construction d'une ville autonome sur la Lune, car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars prendrait plus de 20 ans », révèle le milliardaire dans une publication sur X.com.
« Il n'est possible de se rendre sur Mars que lorsque les planètes s'alignent tous les 26 mois (durée du voyage : six mois), alors que nous pouvons nous rendre sur la Lune tous les 10 jours (durée du voyage : 2 jours). Cela signifie que nous pouvons itérer beaucoup plus rapidement pour construire une ville lunaire qu'une ville martienne », poursuit-il.
Ces propos sont proférés alors que Blue Origin a annoncé la suspension du tourisme spatial au profit de l'exploration lunaire. Il n'y a pas l'ombre d'un doute : SpaceX s'aligne sur les ambitions du gouvernement américain dans sa bataille qui l'oppose à la Chine pour implanter une base sur notre satellite.

S'aligner sur le gouvernement américain
Car, on le rappelle, Starship a été sélectionné en tant qu'alunisseur pour la mission Artemis III, qui doit avoir lieu en 2028 au plus tard. Problème, la mégafusée n'a pas encore réalisé de vol orbital, tandis que de très nombreux éléments techniques inclus dans le programme doivent encore être testés.
D'ailleurs, la NASA n'a pas caché son mécontentement avec la société, et a fait savoir qu'elle pourrait finalement se tourner vers un autre constructeur, notamment Blue Origin. Hors de question pour SpaceX d'être mise de côté, elle qui a signé un contrat de 3 milliards de dollars avec l'agence spatiale américaine pour le développement de son Human Landing System, version de Starship pensée pour atterrir sur la Lune.
Plus que jamais, SpaceX tient sur l'appui du gouvernement pour poursuivre ses activités : la firme a demandé à la Federal Communications Commission (FCC), l'agence régulant la radio, la télévision, le câble, le satellite et les télécommunications, l'autorisation de déployer 1 million de data centers dans l'espace dans le cadre de sa fusion avec xAI. Il est donc préférable d'aller dans son sens.
« SpaceX s'efforcera également de construire une ville sur Mars et commencera à le faire dans environ 5 à 7 ans, mais la priorité absolue est d'assurer l'avenir de la civilisation et la Lune est plus rapide », conclut Musk. Et il n'est pas exclu que cette date soit à nouveau repoussée.