Après avoir transporté près de 100 passagers depuis 2021, Blue Origin met un coup de frein à ses vols touristiques pendant deux ans. Objectif Lune.

Blue Origin met au repose sa fusée New Shepard pendant deux ans - ©agustin.photo / Shutterstock
Blue Origin met au repose sa fusée New Shepard pendant deux ans - ©agustin.photo / Shutterstock

Quand Blue Origin fait une pause, ça n'est pas juste pour aller boire un café ni se dégourdir les réacteurs. Ce n'est pas moins de deux ans de suspension du programme de tourisme spacial à bord du New Shepard qu'annonce la société de Jeff Bezos.

Mais il ne s'agit pas de chômer ou se dorer la pilule pour autant. Blue Origin redirige ses équipes et ses budgets vers le programme lunaire, engagé sur le développement de l’atterrisseur habité Blue Moon pour la NASA.

Blue Origin prévoit en effet le lancement d’une version cargo de l’atterrisseur Blue Moon dès cette année, à titre de test avant les missions habitées. Cette réaffectation des ressources n'est pas une fantaisie comptable. Blue Origin cherche à devancer SpaceX dans le cadre du programme Artemis, avec un atterrissage lunaire prévu pour 2029, alors que la NASA et d’autres, comme la Chine, n'en perdent pas une miette.

New Shepard : le tourisme spatial mis en pause

New Shepard a déjà effectué 38 vols suborbitaux et transporté plus de 90 passagers, dont Jeff Bezos. La fusée a également lancé plus de 200 charges utiles scientifiques et de recherche, pour des universités, des organismes de recherche et la NASA.

New Shepard est une fusée suborbitale, ce qui signifie qu’elle ne peut pas atteindre l’orbite terrestre. Sa conception lui permet tout de même de revenir atterrir verticalement sur le site de lancement, technique utilisée plus tard pour New Glenn.

Le programme touristique a été interrompu après une panne de moteur sur un vol inhabité en septembre 2022, ce qui a suspendu les lancements pendant plus d’un an. Les vols avaient permis à plusieurs célébrités et passagers payants de vivre quelques minutes d’apesanteur. On est donc bien loin du tourisme spatial tel qu'on l'entendrait, soit voyager dans l'espace, en orbite et non aller toucher la ligne Karman, faire un selfie et redescendre sur le plancher des vaches.

Désormais, Blue Origin vise la lune.

Pour développer l’atterrisseur Blue Moon, Blue Origin a signé un contrat de 3,4 milliards de dollars avec la NASA - ©Thomas Kelley / Shutterstock
Pour développer l’atterrisseur Blue Moon, Blue Origin a signé un contrat de 3,4 milliards de dollars avec la NASA - ©Thomas Kelley / Shutterstock

L’atterrisseur lunaire Blue Moon, le nouveau cap de Blue Origin

Blue Origin prévoit le lancement d’une version cargo de Blue Moon dès cette année pour tester les systèmes avant les missions habitées. Elle doit transporter des astronautes entre l’orbite lunaire et la surface de la Lune, avec des systèmes conçus pour garantir sécurité et fiabilité.

Pour tenir ce calendrier, l'entreprise spatiale a réorganisé ses équipes et concentré ses budgets sur le programme lunaire. New Shepard sera donc en pause prolongée pendant cette période.

Elle accélère aussi le pas pour devancer SpaceX et pouvoir réaliser un atterrissage habité pour la NASA avant le lancement officiel d’Artemis-3, prévu pour 2029.

Selon Dave Limp, le PDG de l’entreprise, le test cargo de Blue Moon doit durer plusieurs jours et permettra de simuler entièrement l’atterrissage sur la surface lunaire, avant même que des astronautes ne soient embarqués.

Bien sûr, cette opération a un coût et pas des moindres. Pour développer l’atterrisseur Blue Moon, Blue Origin a signé un contrat de 3,4 milliards de dollars avec la NASA.

En parallèle, l’entreprise a annoncé la construction d’un réseau de communication par satellite, baptisé TeraWave, qui devrait fournir de la connectivité aux centres de données, aux gouvernements et aux entreprises.

Et à ce sujet Blue Origin a récemment recruté Tory Bruno, l’ancien dirigeant de United Launch Alliance, pour renforcer son expertise dans les applications spatiales liées à la défense.