La fusée Vulcan Centaur, censée devenir un fleuron du spatial américain, subit une nouvelle anomalie majeure lors de son quatrième lancement. Que s'est-il passé ?

La fusée Vulcan Centaur en train d'être déplacée. ©United Launch Alliance
La fusée Vulcan Centaur en train d'être déplacée. ©United Launch Alliance

C'est une semaine sacrément chargée pour le spatial. Alors qu'Ariane 64 a réussi avec brio sa mission pour le compte d'Amazon, la fusée lourde Vulcan Centaur de la United Launch Alliance (ULA), vouée à remplacer Atlas V et Delta IV, opérait un lancement pour le compte de l'US Space Force. Et elle était clairement attendue au tournant.

Un booster déraille

Car depuis son vol inaugural en janvier 2024, Vulcan n'a décollé que quatre fois. Dès sa seconde mission, le lanceur a rencontré un sérieux incident technique : peu après le décollage, la tuyère d'un de ses quatre boosters s'est abîmée, réduisant sa puissance. Si la fusée a tout de même réussi à acheminer sa charge utile en orbite, cet événement a semé le trouble.

Vulcan a réalisé sa troisième mission, sans accrocs, en août 2025, puis le quatrième ce 12 février. Et rebelote. Moins d'une minute après le décollage, une anomalie est apparue sur l'un des boosters à poudre, qui a émis d'importantes étincelles, entraînant un impressionnant mouvement de roulis du lanceur. Il a toutefois repris le contrôle grâce à ses moteurs BE-4 signés Blue Origin, et a accompli sa mission. Sous sa coiffe, se trouvaient notamment deux satellites militaires GSSAP, destinés à surveiller et inspecter les engins évoluant en orbite géostationnaire.

« L'équipe examine actuellement les données techniques et les images disponibles, et met en place une équipe de récupération chargée de collecter les débris. Nous mènerons une enquête approfondie, identifierons la cause profonde et mettrons en œuvre toutes les mesures correctives nécessaires avant la prochaine mission Vulcan », a indiqué Gary Wentz, vice-président des programmes Atlas et Vulcan chez ULA.

Vulcan lors de son second lancement. ©United Launch Alliance
Vulcan lors de son second lancement. ©United Launch Alliance

L'avenir proche de Vulcan incertain

Ce nouvel incident pose de sérieuses questions, car il est très similaire à l'anomalie survenue en 2024, qui avait été causée par un défaut de fabrication sur un isolant thermique interne, incapable de protéger correctement la tuyère contre la chaleur extrême des gaz d'éjection. Un problème censé être résolu par ULA.

Deux options sont désormais plausibles : soit le même défaut n'a pas été totalement corrigé malgré les inspections, soit une autre défaillance affecte les boosters fournis par Northrop Grumman. Dans les deux cas, les autorités militaires américaines risquent de remettre en question leur partenariat avec l'opérateur. Du moins, pour le moment, puisqu'ils exigent évidemment une fiabilité irréprochable pour leurs missions de sécurité nationale.

Le prochain lancement de Vulcan, qui doit transporter un satellite GPS, est prévu pour le mois de mars. Mais il est clairement remis en cause. La fusée doit aussi effectuer plusieurs missions pour Amazon Leo

Source : Ars Technica