Décidément, la fusée SLS en fait voir de toutes les couleurs aux équipes de la NASA. Alors qu'un test crucial venait d'être réussi, l'agence spatiale décide subitement de rapatrier son lanceur lourd dans son bâtiment d'assemblage. Le calendrier d'Artemis II est à nouveau chamboulé.

La capsule Orion en haut de la fusée SLS. ©NASA/Sam Lott
La capsule Orion en haut de la fusée SLS. ©NASA/Sam Lott

Un vent de bonheur soufflait pourtant aux alentours du pas de tir 39B du centre spatial Kennedy, en Floride. Ce jeudi 19 février, la NASA a complété avec succès la seconde répétition générale du SLS après un échec quelques jours plus tôt. De quoi ouvrir la voie à un lancement dès le 6 mars, les astronautes étaient même entrés en quarantaine. Ils en sont désormais sortis.

Interruption du flux d'hélium

Car dans la soirée du vendredi 20 janvier, alors qu'ils menaient une opération de routine destinée à repressuriser le système, les ingénieurs ont détecté une interruption du flux d'hélium dans l'étage supérieur de la fusée. Ce gaz joue un rôle clé pour purger le moteur et maintenir la pression dans les réservoirs d'ergols : sans lui, impossible de garantir des conditions de vol sûres.

Plusieurs hypothèses sont évoquées, notamment une vanne ou un filtre défectueux, ou un problème de raccordement au sol. « Quelle que soit la défaillance potentielle, l'accès et la résolution de ces problèmes ne peuvent être effectués que dans le bâtiment d'assemblage », a indiqué Jared Isaacman, administrateur de la NASA.

Les équipes ont déjà commencé à préparer la complexe opération, la fusée de 98 mètres devant parcourir près de 6 kilomètres. Elle devrait avoir lieu ce 24 février.

Le SLS sur son véhicule de transport. ©NASA/Sam Lott
Le SLS sur son véhicule de transport. ©NASA/Sam Lott

La NASA « déçue »

Ce nouveau problème n'est pas inédit, puisqu'il était aussi survenu avant la mission Artemis I. « Je comprends que les gens soient déçus par cette évolution. Cette déception est particulièrement ressentie par l'équipe de la NASA, qui a travaillé sans relâche pour préparer cette grande aventure », admet Isaacman.

Cette décision rend impossible un lancement pour le mois de mars. L'agence spatiale vise désormais la fenêtre de tir qui s'ouvrira le 1er avril. Pour rappel, le décollage peut être effectué cinq jours par mois selon la position de la Lune dans son orbite, la trajectoire du vol et les contraintes thermiques et d'éclairage.

Voilà qui ne devrait pas arranger les affaires du SLS, déjà considéré comme un gouffre financier par la NASA. D'autant que des acteurs privés, à l'instar de SpaceX et Blue Origin, arrivent sur le marché avec des fusées lourdes réutilisables, permettant de drastiquement faire chuter les coûts.

Sources : Ars Technica, NASA