Décidément, la NASA n'en a pas fini avec les problèmes du Space Launch System (SLS). Un nouveau test pose de sérieuses questions sur la fusée ultra lourde, alors que le retour vers la Lune est prévu pour le mois de mars.

Le Space Launch System (SLS) sur son pas de tir, le 11 février dernier. ©NASA/Aubrey Gemignani
Le Space Launch System (SLS) sur son pas de tir, le 11 février dernier. ©NASA/Aubrey Gemignani

Le 3 février dernier, la répétition générale, qui consiste à remplir entièrement la fusée de ses ergols cryogéniques, simuler toutes les étapes du compte à rebours jusqu'aux dernières secondes avant le décollage, puis interrompre la séquence sans allumage des moteurs afin de vérifier le comportement des systèmes, a été interrompue prématurément. En cause, une fuite d'hydrogène détectée au niveau des connexions de ravitaillement.

Concrètement, la concentration de gaz a dépassé les limites de sécurité, forçant les équipes à interrompre la répétition avant la fin. De quoi fortement rappeler les difficultés déjà rencontrées avant Artemis I en 2022. Un nouveau test réalisé ce 12 février, après avoir remplacé les joints, vient enfoncer le clou…

Un air d'Artemis I…

Si les fuites ont effectivement semblé moins importantes, un autre souci est apparu : un débit de carburant réduit, probablement lié à un filtre défectueux. Résultat, le test a une fois de plus été écourté. L'agence spatiale, elle, affirme avoir récolté assez de données pour préparer une nouvelle répétition complète.

Cette nouvelle déconvenue met en lumière les limites structurelles du SLS et la difficulté persistante à fiabiliser ses opérations de ravitaillement, malgré plusieurs années de correctifs depuis Artemis I. Plutôt que d'éliminer totalement les fuites, la NASA a surtout ajusté ses règles de sécurité depuis la première mission : au lieu d'empêcher les fuites de survenir, l'agence a relevé le seuil toléré de concentration d'hydrogène autour de la fusée. Une approche pragmatique, mais qui souligne aussi l'incapacité, pour l'instant, à résoudre définitivement ce problème technique.

« Compte tenu des problèmes observés pendant la préparation d'Artemis I et du long intervalle entre les missions, nous ne devrions pas être surpris qu'il y ait des difficultés dans le cadre de la campagne Artemis II. Cela n'excuse pas la situation, mais nous la comprenons », explique Jared Isaacman, administrateur de la NASA, dans une publication sur X.com. Avant d'être nommé, l'entrepreneur s'est fermement opposé au programme SLS, jugé bien trop coûteux.

La fusée SLS en train d'être déplacée vers son pas de tir. ©NASA/Sam Lott
La fusée SLS en train d'être déplacée vers son pas de tir. ©NASA/Sam Lott

Un coût colossal

Car chaque SLS coûte plus de 2 milliards de dollars, tandis que les infrastructures au sol engloutissent des centaines de millions supplémentaires. Comme il n'existe pas de prototype complet pour tester le système, chaque répétition ratée mobilise une fusée unique, extrêmement chère et difficile à remplacer. Ainsi, le moindre retard ou ajustement technique fait exploser la facture.

Jared Isaacman promet que les choses changeront pour Artemis III : « Je peux affirmer de manière quasi certaine que pour Artemis III, nous procéderons à un test de cryogénie du véhicule avant son arrivée sur la rampe de lancement, et que les interfaces de chargement du propergol que nous sommes en train de dépanner seront repensées ».

Si la NASA loupe la fenêtre de lancement du mois de mars, elle aura encore l'opportunité de lancer Artemis II en avril, puis en mai.