C'est fait. La fusée SLS trône désormais sur son pas de tir au Kennedy Space Center, avant un lancement historique prévu dans quelques jours seulement. Direction la Lune.

Ce samedi 17 janvier, la NASA a littéralement entamé la dernière ligne droite de la mission Artemis II. La fusée SLS, un monstre de 98 mètres de hauteur pesant 2 600 tonnes, a quitté le Vehicle Assembly Building (VAB) pour rejoindre sa rampe de lancement à 6 kilomètres de là. Un moment unique pour pour les spectateurs, qui ont pu admirer ses deux boosters à poudre solide, ainsi que la capsule Orion logée tout en haut du lanceur.
Encore un test critique
Le compte à rebours est lancé. Une première fenêtre de tir s'ouvrira dès le 6 février pour les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen. Mais avant cela, l'agence spatiale américaine va procéder à une répétition générale du lancement avec plein de carburant. Une étape critique, qui avait retardé la mission Artemis I d'un an en raison de fuites d'hydrogène cryogénique.
« Si nécessaire, la NASA pourrait ramener le SLS et Orion au bâtiment d'assemblage pour effectuer des travaux supplémentaires avant le lancement, après la répétition générale », prévient-elle. Heureusement, Artemis II dispose de trois fenêtres de lancement jusqu'en avril, soigneusement calculées en fonction de la mécanique orbitale.
C'est la première fois qu'une fusée qui va acheminer des astronautes jusqu'à la Lune gît sur son pas de tir en 53 ans.

En quoi consistera la mission exactement ?
L'objectif d'Artemis II est simple : valider le SLS et la capsule Orion avec des astronautes à bord afin de prouver que les systèmes sont sûrs pour la suite du programme Artemis. Car cette fois, l'ambition est non seulement de reposer le pied sur la Lune, mais surtout d'y implanter une base permanente en vue de voyages encore plus lointains, vers Mars notamment.
Tout d'abord, le SLS placera Orion en orbite terrestre, où l'équipage effectuera des vérifications avant une mise à feu d'injection translunaire qui les mettra sur une trajectoire vers la Lune. Cette mise à feu sera effectuée par l'étage de propulsion cryogénique provisoire du SLS, dont Orion et son module de service se détacheront pour effectuer des tests de manœuvres de proximité pendant leur voyage vers notre satellite.
La mission suivra ensuite une « trajectoire de retour libre », c'est-à-dire une boucle autour de la Lune avant de repartir vers la Terre. Celle-ci garantit le retour en toute sécurité de l'équipage en cas d'anomalie. L'idée est de préparer au mieux Artemis III, mission habitée prévue en 2028 qui inclura un atterrissage à la surface lunaire.