Microsoft dépense 35 milliards de dollars pour ses datacenters IA au T1 2026, mais Donald Trump dénonce l'impact sur les factures d'électricité et le cours perd 10% en trois mois.

Satya Nadella a orienté Microsoft vers l'intelligence artificielle depuis des années, et l'équipe y consacre des dizaines de milliards de dollars en capex (dépenses d'investissement en capital à long terme) pour faire tourner Copilot et Azure dans des fermes de serveurs gigantesques. Les marchés se tendent pourtant, car le titre chute de 10 % sur trois mois et annule les gains d'avant. Brad Smith, président de Microsoft, sort alors son plan « Community First » en cinq points, dans lequel l'entreprise promet d'aider les communautés locales. Donald Trump répond sur son réseau Truth Social, en déplorant que les Américains soutiennent les coûts énergétiques des géants technologiques. Il vise Microsoft en premier et annonce des changements rapides, ce qui fait plonger le cours de 4 % juste après. Dans le même temps, les résultats du T1 2026 mon plutôt un capex à 35 milliards, la marge d'Intelligent Cloud à 66 %, OpenAI qui coûte 3 milliards. Google avance avec Gemini et son action monte, tandis que Microsoft s'appuie sur la suite 365 dans les entreprises.
Donald Trump pointe les factures, Brad Smith contre-attaque vite
Donald Trump fait remonter les plaintes des électeurs sur leurs factures d'électricité qui augmentent, puisque les centres de données IA dévorent l'énergie et que les riverains protestent. Il publie sur Truth Social que son administration pousse les géants tech à s'engager, avec Microsoft en tête. « Mon équipe travaille avec eux, ils s'ajustent cette semaine pour protéger les Américains », écrit-il.
Brad Smith a réagi sans délai et détaillé un plan dans lequel il défend le géant de Redmond. Microsoft paie des infrastructures locales, embauche sur place et partage l'énergie en surplus. Pas convaincant. Les réactions en ligne raillent cette démarche, car les dépenses continuent de croître, et les investisseurs doutent que ces centres rapportent avant longtemps.
Il presse les autres entreprises technologiques de contribuer à l'électricité, alors que les midterms (les élections de mi-mandat) approchent et que les tensions locales grondent. Microsoft implante ces installations partout aux États-Unis, et chacun de ces projets déclenche des débats sur l'eau, le courant et le bruit, et les mots du POTUS secouent les cours à chaque fois.

Les 35 milliards de capex pèsent sur les marges et inquiètent Wall Street
Au premier trimestre de cet année, Microsoft aligne 35 milliards de capex sur ses data centers dédiés à l'IA, alors que les analystes tablaient sur 30 milliards. OpenAI consomme ces ressources massives et ronge la marge brute, même si Satya Nadella évoquait un ralentissement qui ne vient pas. Les investisseurs guettent le moment où Copilot et Azure généreront des revenus substantiels, d'autant que le cloud dépasse les attentes et atténue le choc.
Cette pression sur les marges alarme pourtant : le titre perd 5,6 % en une séance, l'indicateur RSI (Indice de Force Relative, mesure de survente sous 30 signalant un possible rebond) plonge en zone de survente, et Wall Street conseille un « Moderate Buy » (achat modéré, entre neutre et fort achat) sans conviction marquée. Satya Nadella, Brad Smith et d'autres dirigeants vendent des dizaines de millions d'actions selon un calendrier standard de la SEC (autorité boursière américaine), mais au plus mauvais moment, en pleine glissade depuis juin. Les fonds spéculatifs anticipent une « bulle IA » qui se dégonfle, NVIDIA dénonce des attitudes pessimistes freinant les capitaux, et Microsoft rappelle sa domination dans les environnements réglementés, au sein desquels Copilot s'intègre parfaitement à 365. Les gouvernements et entreprises l'utilisent pour trier documents et rapports, mais l'adoption grand public patine.
Google accélère côté grand public et Microsoft verrouille les entreprises
Sundar Pichai, PDG de Google, consolide son avance avec Gemini Pro et Nano Banana Pro qui surpassent ChatGPT sur les benchmarks. L'action Alphabet grimpe, car Google contrôle les puces Tensor pour serveurs, Android qui embarque l'IA nativement, et Chrome qui écrase les navigateurs. Même iOS adopte Gemini par défaut, alors que Microsoft peine à imposer Copilot aux consommateurs qui ignorent l'IA dans Windows et Edge.
Le « Microslop » prolifère sur les réseaux pour dénoncer une qualité dégradée des produits phares, et Copilot accumule les dérapages, comme en Angleterre où il a justifié l'exclusion de supporters israéliens lors d'un match de football. Ces incidents médiatisés ternissent l'image de Redmond.
En parallèle, Google déroule un écosystème cohérent grâce à des paris précoces sur matériel et mobile, tandis que Microsoft a sacrifié Windows Phone et ses ambitions unifiées. Mais Satya Nadella réussit ailleurs, son titre reste au top 5 depuis son arrivée et OpenAI apparaît comme un coup de maître stratégique, mais l'entreprise enterre souvent ses projets : Skype s'essouffle, Mixer disparaît, SwiftKey stagne, HoloLens et Band sont au placard. OpenAI attend ses premiers gros retours financiers.
Ce pari du tapis sur IA tient bon, mais pour combien de temps ?
On le voit bien à l’attention portée par les investisseurs à l’évolution du cours de l’action : le coût immédiat semble compter davantage que leur rentabilité différée. Mais les chiffres ne montrent aucun retrait des projets IA ni changement de cap stratégique dans les déclarations ou la répartition des investissements : les dépenses restent ciblées sur le cloud et les capacités de calcul à grande échelle. En croisant ces éléments, on constate que le pari de Microsoft sur l’IA continue d’être soutenu par des engagements financiers sans précédent. Dans ce cadre, il n’y a pas d’indication directe que tout s'écroule, malgré les sommes colossales injectées dans l'IA.
Source : Windows Central