Il est peu probable que la France repasse à 3 opérateurs en 2015

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Stéphane Richard a débuté l'année en appelant de ses vœux un retour à trois opérateurs en France. Son cheval de bataille reste le même qu'en 2014. Mais Orange est mal placé pour constituer un attelage.

À écouter le patron d'Orange, 2015 sera l'année du retour à trois opérateurs en France. Le sujet avait été abordé en 2014, après le rachat de SFR par Numericable. Orange (Free aussi) avait montré son intérêt pour Bouygues Telecom, avant d'abandonner ses ambitions en juillet, buttant sur les conditions de prix. Mais lors de la présentation de ses vœux, mardi 13 janvier, le PDG de l'opérateur historique a réaffirmé sa position.


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Stéphane Richard, PDG d'Orange - crédit : DR.


L'antienne de Stéphane Richard débute toujours par un rappel de la compression des marges, causée par l'entrée de Free Mobile sur le marché en 2012. Elle se poursuit par le rappel qu'en l'état, il n'est pas réaliste pour les opérateurs, sur le plan financier, de suivre la cadence des investissements dans les infrastructures de très haut débit - le rachat de la bande de fréquence des 700 MHz pour la 4G, est estimé 3,5 milliards d'euros.

Stéphane Richard finit donc par appeler à un retour à trois opérateurs, synonyme de moindre pression sur les prix et de marges plus confortables, censées mieux supporter les engagements auprès de l'Etat (comme le Plan France Très Haut Débit). « Pourquoi la France serait-elle le seul pays où la question ne se pose pas, alors que l'Allemagne a estimé un passage de quatre à trois souhaitable, le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Espagne aussi », compare dans La Tribune le patron d'une entreprise « aux marges très en dessous des standards ».

Orange n'est pas le mieux placé pour racheter

Si Stéphane Richard voit une « pression naturelle vers la consolidation », plusieurs obstacles se dressent devant lui. Le principal est structurel : en raison de sa position de leader du marché français, Orange se refuse à être « le fer de lance » de la consolidation. Dans l'hypothèse où Orange rachetait Bouygues Telecom, sa part de marché sur le mobile s'envolerait d'environ 40% aujourd'hui, à 55%. Difficile à défendre devant le régulateur des télécoms (Arcep), dont le nouveau président, Sébastien Soriano, défend, en plus, un marché à quatre.

De la cession de l'opérateur britannique EE, engagée à la fin 2014, Orange devrait retirer près de 6 milliards d'euros. Un afflux de liquidités qui servira avant tout à financer la reprise de l'opérateur espagnol Jazztel, valorisé à 3,4 milliards d'euros. Si on voyait le cash restant abaisser la dette, Stéphane Richard a déclaré qu'il servira « éventuellement d'autres opérations, dont une participation à la consolidation en France ».

À ce jour, le rôle que compte jouer l'opérateur historique dans la consolidation n'est pas clair. Sans doute le précisera-t-il lors de la présentation de son plan stratégique quinquennal, programmé le 17 mars 2015. En attendant, le PDG semble plutôt miser sur ses concurrents et les enjoint, indirectement, à faire quelque chose : « Prié de dire si le nouveau numéro deux français des télécoms SFR-Numericable pourrait être à la manœuvre, le dirigeant a répondu qu'il s'agissait "évidemment" d'un scénario possible », indique Reuters.

Quel rôle pour SFR-Numericable et Free ?

Le groupe de Patrick Drahi avait manifesté son intérêt pour Bouygues Telecom au moins de novembre, mais est-ce réaliste ? Le rapprochement des deux entités donnerait un nouveau leader de la téléphonie mobile en France, avec 45% du marché, écrasant Free Mobile et ses 13%. Cela créerait un duopole avec Orange, qui ne plairait toujours pas à l'Arcep - à moins que Bouygues Telecom ne cède sa bande 4G des 1 800 MHz à Iliad ?

Et Free ? Xavier Niel s'était approché de Bouygues Telecom en juin 2014. Pas assez généreux selon la filiale du groupe de BTP, il avait dû renoncer en septembre. Le milliardaire avait alors tenté sa chance aux Etats-Unis, avec T-Mobile US. Un échec, là aussi. Dans la foulée, Xavier Niel avait achevé les espoirs de Stéphane Richard, dans une interview auprès de BFMTV, affirmant : « On n'est pas acheteur et comme pour des raisons concurrentielles, la consolidation ne peut pas se faire sans nous, on aura durablement quatre acteurs. »

Quant à Bouygues Telecom, cible la plus probable mais pour laquelle personne ne veut mettre le prix exigé, il se serait fait une raison, se préparant pour poursuivre ce difficile ménage à quatre. Un plan social portant sur 1 404 postes a été présenté en septembre. Une réduction du catalogue d'offres mobiles a suivi, avec la fusion des forfaits classiques et de celui sans engagement B&You. Volontairement agressif sur les offres, le troisième opérateur a placé Free dans son viseur. Pour Bouygues Telecom, désormais, « l'équation peut fonctionner ».


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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